AVANT
PROPOS
Cette Rencontre nationale organisée par l’Association R.E.V.E.I.L. a
réuni 27 personnes pendant 4 jours dans le cadre agréable du Lycée
Professionnel Agricole de St Gervais d’Auvergne, grâce à Nicole ROUAIRE,
Conseillère régionale d’Auvergne, adhérente de R.E.V.E.I.L., qui nous avait mis
en relation avec Madame Paule DUPIN, Proviseure de cet Etablissement.
Nous remercions très chaleureusement Madame DUPIN
qui nous a réservé le meilleur accueil, et qui, avec Monsieur Olivier MOREL,
Intendant, nous a assuré des conditions de vie et de travail particulièrement
agréables.
Je crois me faire l’interprète de l’ensemble des
participants à cette rencontre en remerciant très vivement Nathalie FLECHET,
Trésorière adjointe de R.E.V.E.I.L., qui a géré les questions matérielles avec
courtoisie et efficacité. Mes plus vifs remerciements aussi à Henri
CHARPENTIER, notre fidèle ami, qui a bien voulu prendre à sa charge la
duplication et la reliure de ce compte-rendu.
Faire un compte-rendu aussi fidèle que possible
d’une telle rencontre est une tâche particulièrement complexe : s’il a été
relativement aisé de réunir les textes des principales interventions qui ont
ponctué ces journées, il est quasiment impossible de refléter la richesse et la
diversité des échanges qui en ont résulté, malgré les notes prises que
plusieurs participantes m’ont remises. De toutes façons, les conditions
matérielles étant réunies pour assurer une « unité de lieu », les
échanges se poursuivaient durant les pauses et les repas pris sur place, en
commun.
Après maintes hésitations, j’ai choisi de ne pas
faire suivre chaque intervention par les échanges qu’elle avait suscité – ce
qui aurait allongé démesurément ces Actes – mais de tenter une synthèse de ces
échanges jointe au bilan final qui suivra la présentation de l’ensemble des
interventions.
Il m’a paru intéressant de présenter également le
projet éducatif de l’établissement qui nous accueillait : le lecteur verra
que nous étions là en terrain ami.
Enfin, deux personnes, Hubert Montagner et Jacques
George, qui ne pouvaient participer à cette rencontre, nous avaient proposé,
par écrit, des thèmes de
réflexion. Ces contributions ont
naturellement leur place dans ces « Actes » : si le programme chargé
de ces quatre jours n’a pas permis de traiter spécifiquement chacun de ces
divers points, il nous a semblé qu’ils étaient en arrière-plan tout au long de
nos échanges et que des éléments de réponses ont été suggérés.
Cette rencontre a été organisée par R.E.V.E.I.L. A
ce titre, elle prolonge les deux rencontres organisées à Perrier en juillet
1999 puis en juillet 2002, mais
également celles organisées par le collectif à l’origine de la Fédération
« Ensemble, Changeons l’Ecole » (Paris et l’Ile Saint Denis, 2000 et
2001), par la Fondation pour le Progrès en Education (Paris, janvier 2003 et
Bordeaux, juillet 2003) et par le Réseau Attitudes Educatives (Meschers,
juillet 2004). Les « acteurs » du Collège Pionnier de la Maronne, à St Martin Valmeroux (Cantal)
ont prévu une nouvelle rencontre à l’occasion du 5e anniversaire de
leur établissement, durant le week-end de l’Ascension 2006.
Toutes ces rencontres sont l’occasion d’établir et
de resserrer des liens amicaux entre des personnes qui militent pour « une
autre école » mais aussi « pour une autre société », plus juste,
plus humaine. Elles forment des temps forts dans la vie de ces personnes et des
groupes, mais elles valent surtout par le travail qui est effectué au
quotidien, dans les nombreux groupes et réseaux qui militent dans et hors du domaine
de l’éducation, groupes et réseaux auxquels les participants à ces rencontres
sont intégrés.
Ces groupes et réseaux se multiplient aujourd’hui de
façon quasi exponentielle, chacun s’attelant à un problème particulier d’un
domaine lui aussi particulier. Il est devenu aussi impossible de se tenir au
courant de tout ce qui se dit, s’écrit, se construit, « s’agit » dans
les divers domaines (éducation, santé, écologie, économie, politique, etc.) que
de prétendre à une connaissance encyclopédique des savoirs humains. Mais deux
choses me paraissent essentielles
·
la
conscience que tous ces domaines concernent l’homme dans ses diverses
composantes (individu, personne, société, espèce…) et que, par conséquent, tous
ces « contre-courants à la pensée dominante » [1]
(et pas seulement à la pensée) doivent se rencontrer sur une conception commune
de « l’humanité », ce terme étant pris dans toutes ses acceptions.
·
La
conscience des inter-rétro-actions qui relient tous ces domaines. Si toute
action ne peut concerner qu’un problème précis et donc être locale et bien
délimitée, la durabilité de ses effets dépend de l’ensemble des autres actions
engagées dans tous les autres domaines. Ce qui oblige à penser chaque problème
particulier dans ses relations avec l’ensemble des autres problèmes dans une
démarche systémique.
Ces prises de conscience doivent évidemment inspirer
les éducateurs dans leur façon d’envisager les finalités de leurs actions comme
ces actions elles-mêmes : concrètement, cela signifie qu’il ne devrait plus
être possible pour un enseignant de se limiter à enseigner une discipline
particulière sans la relier à l’ensemble des autres domaines de la connaissance
humaine. Entre un encyclopédisme impossible et une spécialisation étroite, il
devrait y avoir place pour une certaine dose de polyvalence complétée par un
travail en équipe à tous les niveaux de l’Ecole.
Une autre conséquence de ces prises de conscience
est qu’elle peuvent constituer le « dénominateur commun » qui
permettra aux multiples réseaux de construire une unité de pensée dans la
diversité de leurs préoccupations et de démultiplier leur efficacité.
Celles et ceux qui font profession d’éduquer sont
sans doute les mieux placés pour développer ces prises de conscience dans les
divers groupes et réseaux avec lesquels ils sont en relation quotidiennement ou
occasionnellement. Conduire à ces prises de conscience exige d’y avoir accédé
soi-même : la présence parmi nous de Bruno MASUREL, permanent d’ATD QUART
MONDE et le témoignage de Marguerite DEVRUYNE, autodidacte issue de ce quart
monde, ont été particulièrement importants pour la mise en perspective de nos
réflexions pédagogiques. Il faut espérer que des occasions de rencontres entre
éducateurs et personnes militant hors du champ strict de l’Ecole se multiplieront
dans les années à venir.
Georges HERVE, janvier 2006.
[1] Selon l’expression employée par Edgar MORIN dans son ouvrage, les sept savoirs nécessaires à l’Education du Futur.