a - Un nouveau
lycée public polyvalent pour la Seine-Saint-Denis
b - valorisant et
démultipliant les réussites de ces lycées qu’on appelle
« difficiles »
c - travaillant en réseau
avec les lycées existants volontaires
Le
projet présenté dans ce document a été établi par un collectif d’acteurs de
terrain. Il s’agit de :
- proviseurs :
-
Jean-François
Baillon (Lycée Mozart du Blanc-Mesnil - 93),
-
Denise
Chotteau-Adalid (Lycée Jacques Brel de Vénissieux - 69),
-
André-Samuel
Hadjouel (Lycée Adolphe Cherioux de Vitry-sur-Seine - 94),
-
Chris
Laroche (Lycée Robert Doisneau de Vaulx-en-Velin - 69),
-
Patricia
Orsi (Lycée Edmond Rostand de Saint-Ouen l’Aumône - 95),
-
Geneviève
Piniau (Lycée Robert Doisneau de Corbeil-Essonnes - 91),
-
Marie-France
Santoni-Borne (Lycée Maurice Utrillo de Stains - 93),
-
Henri
Theodet (Lycée Auguste Blanqui de Saint-Ouen - 93),
-
Jean
Verges (Lycée Aristide Maillol de Perpignan - 66) ;
- professeurs :
-
Philippe
Destelle (Lycée Jean Renoir de Bondy - 93),
-
Carole
Diamant (Lycée Auguste Blanqui de Saint-Ouen - 93),
-
Régis
Gallerand (Lycée Jacques Feyder d’Epinay-sur-Seine - 93),
-
Paul
Hernandez (Lycée Aristide Maillol de Perpignan - 66) ;
-
acteurs associatifs :
-
Améziane
Abdat (Président de Zyva),
-
Elisabeth
Masse-Bourgain (Responsable
associative et élue à l'Île-Saint-Denis - 93),
-
Tania
de Montaigne (Ecrivain et Responsable bénévole dans une association de soutien
scolaire à Draveil - 91),
-
Hafid
Rahmouni (Directeur
réussite éducative pour le "petit Nanterre", Association Zyva) ;
- professionnels de la formation et de
l’accompagnement des jeunes :
-
Saïd
Chaouri (coordinateur jeunesse de la Ville du Blanc-Mesnil - 93),
-
Didier
Destal (Chef de service hospitalier à Aubervilliers - 93),
-
Marie-Danièle
Pierrelée (Chef
de projet à la Fondation d’Auteuil),
-
Philippe
Valachs (Conseil en management et en recrutement).
1. Une initiative de
terrain.
2. Un projet-cadre de lycée
public, polyvalent, respectant la carte scolaire, rassemblant et unifiant des
bonnes pratiques et développant de nouvelles expérimentations, plaçant la
mutualisation ainsi que la diffusion des innovations pédagogiques au cœur de
son projet.
3. L’ouverture d’un nouvel
établissement en Seine-Saint-Denis à la rentrée 2006.
4. Un projet soumis aux
pouvoirs publics, dont l’élaboration doit être poursuivie.
B. Etre attentif à chacun
tout en inscrivant les élèves dans une démarche collective.
C. Bilan de compétences,
évaluation des élèves, progressivité, orientation : organiser un
cheminement vers l’autonomie des élèves et la responsabilisation des choix.
II - Un emploi du temps et des formats
d’enseignement organisés à partir des besoins des élèves.
C. Proposer un
accompagnement individualisé par un référent-adulte à tous les élèves.
III – Une vie d’établissement que s’approprie l’ensemble des
acteurs du lycée.
IV
– Des locaux adaptés au projet éducatif.
V – Un lycée inséré dans un territoire et ouvert
sur le monde.
B. Réussir l’intégration du lycée dans le
système de formation, des collèges à l’enseignement supérieur.
C. Ouvrir les élèves aux grands enjeux
politiques, économiques et sociaux par des débats et des rencontres.
D. Le détour de l’international comme découverte
de l’altérité et ferment de l’identité.
Annexe : Quelques
exemples de pratiques dans des établissements illustrant les propositions
formulées dans le projet.
1.
Une initiative de terrain.
a)
Des acteurs locaux de l’éducation (professeurs, proviseurs, responsables
associatifs…) ont pris en novembre 2005 l’initiative de former un collectif
pour proposer la création d’un lycée public polyvalent expérimental dans une
ville de banlieue défavorisée. L’objectif : valoriser les réussites des
lycées qui sont installés dans des quartiers populaires, sur des territoires
défavorisés, et qui, grâce à la mise en œuvre de projets d’établissement
innovants et à l’esprit inventif des équipes enseignantes et de direction démontrent
depuis longtemps et au quotidien qu’il est possible de donner de l’ambition
intellectuelle, professionnelle et sociale à tous les lycéens.
Les
membres du collectif ont mené leur réflexion et travaillé pendant deux mois, se
réunissant sous forme de journée de séminaire intensif à quatre reprises, les 7
et 14 décembre 2005, les 3 et 25 janvier 2006.
b) Plusieurs établissements d’enseignement supérieur
soutiennent l’initiative et se sont engagés à participer au projet, en
contribuant à l’information des élèves pour leur orientation (rencontres,
visites, participation à des cours, etc.) et en travaillant avec les équipes
enseignantes sur les contenus des cours et les méthodes pédagogiques : les
Universités Pierre et Marie Curie (Paris 6) et Paris-Sorbonne (Paris 4),
l’Ecole supérieure de physique et chimie industrielles de la Ville de Paris
(ESPCI), l’Ecole Estienne, Sciences Po.
c) Sans prétendre en aucune manière procéder à un
recensement exhaustif de toutes les actions existantes, le collectif a cependant
fondé sa réflexion sur l’expérience de ses membres et sur leurs connaissances
de ce qui « marche » dans d’autres établissements du 2nd
degré que ceux où ils exercent leur mission.
Le projet qu’ils présentent constitue un cadre qui
réunit, concentre et ordonne ces multiples innovations et expérimentations que
les membres du collectif souhaitent faire connaître et partager avec le plus
grand nombre. Il ne s’agit pas d’un « projet d’établissement » comme
doit en élaborer chaque lycée et qui est adopté par le Conseil d’administration
de celui-ci : en effet, les membres du collectif ont exprimé une
conscience aiguë de ce que chaque lycée doit, pour réussir, définir une
démarche collective qui lui est propre.
En même temps, ce projet, s’il est adopté par les
pouvoirs publics, peut constituer la « charte » d’un nouveau lycée à
créer.
2. Un projet-cadre de lycée
public, polyvalent, respectant la carte scolaire, rassemblant et unifiant des
bonnes pratiques et développant de nouvelles expérimentations, plaçant la
mutualisation ainsi que la diffusion des innovations pédagogiques au cœur de
son projet.
a) Le projet-cadre proposé par le collectif est
celui d’un lycée public ; polyvalent ; accueillant les élèves de son
secteur en respectant rigoureusement la carte scolaire ; rassemblant des
professeurs de l’enseignement secondaire public ; préparant les élèves au
BEP et aux Baccalauréats comme à leur entrée réussie dans l’enseignement
supérieur ou dans la vie professionnelle.
Les enseignants et tous les personnels qu’il réunira
seront volontaires pour constituer une équipe soudée par la volonté de
s’approprier le projet, de le préciser et de l’adapter puis de le mettre en
œuvre. Il s’agit d’un lycée qui vise la réussite de tous ses élèves quels que
soient leurs capacités, leurs projets de formation et leurs ambitions
professionnelles : le contraire d’un lycée d’élite qui sélectionnerait ses
élèves dans la perspective de telle ou telle filière de l’enseignement
supérieur.
b)
Partout en France, dans ces lycées dont on ne met trop souvent en relief que
les difficultés, professeurs et proviseurs mènent des actions innovantes aux
résultats remarquables. Ils fourmillent d’idées qui n’attendent que la liberté
d’inventer et d’expérimenter et quelques moyens pour être fédérées. L’objectif
de ce projet est de passer d’actions isolées, parfois mal connues y compris au
sein même du système éducatif et malheureusement éphémères à raison de la
mobilité des personnes qui les ont portées, à des réussites partagées,
reconnues et inscrites dans la durée. Un projet modeste par son ampleur mais
précis et rapide qui répond à l’appel à un pacte républicain lancé par des élus
lors de la crise des banlieues de novembre 2005. Un projet qui vise à
rassembler dans un lycée des pratiques qui ont été imaginées et appliquées dans
d’autres établissements et à mettre en œuvre de nouvelles innovations qui
pourraient être expérimentées et évaluées, pour développer les solutions aux
difficultés des élèves au lycée. Un projet ouvert à tous les acteurs de
l’Education nationale.
c)
Ce document présente les principes fondamentaux d’un projet-cadre
d’établissement. En annexe, figurent des exemples pouvant illustrer les
propositions qu’il contient. Tous les aspects de la vie d’un établissement ne
sont pas traités, le groupe s’étant concentré
sur les domaines où il souhaitait formuler des propositions
particulières.
d) La mutualisation et la diffusion des innovations
pédagogiques sont placées au cœur du projet. Dans cet esprit, le collectif
propose que, si les pouvoirs publics décident la création d’un nouveau lycée
sur le fondement de ce projet-cadre, le nouvel établissement travaille,
immédiatement, en réseau avec les lycées existants qui le souhaitent. Il s’agit
de mettre en valeur les bonnes pratiques des établissements, de faciliter leur
diffusion, de contribuer à la réussite des actions menées dans le plus grand
nombre possible de lycées. En aucun cas, il ne s’agit d’ériger un lycée
« modèle » qui prendrait les meilleurs élèves des collèges, recruterait
les meilleurs professeurs des autres établissements et imposerait une vision
unique. Les concepteurs du projet n’ont ni vanité d’auteur ni prétention à
donner des leçons. Mais ils souhaitent que leur initiative donne lieu à des
échanges et à des débats et seraient heureux que des lycées existants
souhaitent s’approprier tout ou partie du projet. L’objectif est de créer une
dynamique d’échanges et de pratiques entre enseignants, CPE, proviseurs, etc.,
visant à enrichir les expériences de tous.
Le collectif estime que la création d’un lieu
expérimental est indispensable pour lancer l’impulsion et mettre le projet en
réseau dans des établissements existants.
L’ensemble
des membres du collectif s’accorde sur la nécessité d’apporter des réponses
rapides et concrètes : d’où l’idée de commencer la mise en œuvre du projet
dès la rentrée 2006. Le groupe est attaché à l’idée de la création d’un nouveau
lycée pour porter le projet et propose son installation provisoire dans des
locaux transitoires, parallèlement à la construction d’un établissement neuf.
L’idée est de trouver un lieu adapté dont l’aménagement ne demanderait pas
d’importants travaux, pour pouvoir accueillir les premiers élèves de Seconde en
septembre 2006, puis d’ouvrir les Premières générales et technologiques et les
Terminales BEP en 2007, les Terminales générales et technologiques et les
Premières professionnelles en 2008 et les Terminales professionnelles en 2009.
Il
revient bien évidemment aux pouvoirs publics de choisir le site d’implantation
s’ils reprennent à leur compte le projet présenté.
Concernant
le financement du projet, le collectif demande qu’il ne soit lancé qu’à la
condition que d’autres projets programmés ne soient pas remis en cause. Il ne
s’agit en aucun cas de « déshabiller Pierre pour habiller Paul ». Si
le lycée était créé en Seine-Saint-Denis, département dont les caractéristiques
démographiques nécessitent un investissement supplémentaire fort dans
l’éducation, aucun lycée du département ne devrait voir ses moyens diminuer.
4. Un projet soumis aux pouvoirs publics, dont
l’élaboration doit être poursuivie.
Le collectif soumet ce projet au Ministre de
l’Éducation nationale et au Président de la Région Ile-de-France.
Si les autorités publiques décident de lancer sa
mise en œuvre, il devra être discuté par l’équipe de direction et d’enseignants
qui sera nommée, mais aussi avec celles des lycées souhaitant travailler en
réseau avec elle. L’objectif est bien de mettre en œuvre des actions
duplicables. Le projet devra être évalué régulièrement après définition
d’objectifs précis, indicateurs et méthodes.
II.
Un emploi du temps et des formats d’enseignement organisés à partir des besoins
des élèves.
III.
Une vie d’établissement que s’approprie l’ensemble des acteurs du lycée.
IV.
Des locaux adaptés au projet éducatif.
V. Un lycée inséré dans un territoire et ouvert sur le
monde.
I.
L’élève acteur de sa formation.
Le
lycée travaillera pour tous les élèves avec l’objectif de susciter de
l’ambition. La réussite doit être scolaire, mais aussi personnelle (découvrir
l’estime de soi, construire la capacité à se projeter dans l’avenir et à se
déterminer) comme dans tout établissement d’enseignement secondaire. Des
rencontres régulières avec des personnes ou des groupes ayant réussi leur
insertion professionnelle pourront jouer un rôle d’exemple. Il est tout aussi
important que les élèves développent le sens et le goût de l’effort, de
l’apprentissage, de la réussite, du savoir, qu’ils stimulent leurs centres
d’intérêt et leurs passions, qu’ils développent le plaisir d’apprendre. Dès le
début de l’année scolaire, les exigences seront annoncées en toute transparence
et les repères de l’Ecole expliqués. Les classes seront hétérogènes. Toutes les
actions menées devront permettre de valoriser les élèves, leurs familles, leurs
quartiers.
B. Etre attentif à chacun tout en inscrivant les
élèves dans une démarche collective.
L’élève devra être considéré dans sa globalité, en
prenant en compte les bouleversements de la vie adolescente et les mutations
générationnelles, les obstacles à l’apprentissage liés à la vie familiale et aux
questions d’identité. Les difficultés (décrochage, problèmes de comportement,
etc.) devront pouvoir être détectées le plus tôt possible, grâce notamment à un
dispositif de référent-adulte dans le lycée pour chaque élève. La qualité des
conditions de vie et de travail est une des clés de la réussite scolaire. Le
lycée devra donc pouvoir fournir aux élèves un lieu sûr, calme, propice au travail.
Un lieu sans violence, mais aussi capable d’aider l’élève à mûrir son
développement personnel et à développer sa créativité et la conscience de soi
et des autres, par les activités sportives, culturelles ou associatives.
Les élèves seront invités à une démarche
collective : ils travailleront en groupe, avec ou sans l’aide d’un
enseignant ou d’un assistant pédagogique. Les meilleurs élèves seront incités à
aider ceux en difficulté. Les élèves seront conviés à participer à des projets
humanitaires (collecte alimentaire, don du sang…). L’accueil dans le lycée et
les activités qui y sont menées (journées d’intégration, etc.) devront
contribuer à créer un sentiment d’appartenance à l’établissement.
C. Bilan de compétences, évaluation, progressivité,
orientation : organiser un cheminement vers l’autonomie des élèves et la
responsabilisation des choix.
Dès
la seconde, l’autonomie et la responsabilisation des élèves seront des
objectifs prioritaires de la formation,
pour les aider à poursuivre leur scolarité, au lycée puis dans
l’enseignement supérieur, et à accomplir une vie professionnelle au cours de
laquelle ils seront amenés à changer de métiers, à s’approprier de nouvelles
techniques… L’accompagnement des élèves doit leur permettre d’acquérir une
capacité d’adaptation, de devenir autonomes dans l’apprentissage, d’aiguiser
leur curiosité, d’apprendre à apprendre, de pouvoir trouver les connaissances
qui leur manquent (internet, Centre de documentation et d’information…), de
construire leurs savoirs. Les élèves doivent être invités à comprendre le monde
qui les entoure dans toute sa complexité.
Dans
l’objectif d’autonomie, le travail sur toutes les formes d’expression jouera un
rôle très important. L’accent sera mis sur
la présentation écrite et orale, l’écriture et la langue, les langues
étrangères, l’image.
A
travers une approche éducative en orientation, il s’agira de développer chez
l’élève des connaissances spécifiques (sur l’environnement professionnel, le
système de formation et la connaissance de soi) et des compétences transversales
(savoir évaluer une situation, développer un esprit critique, prendre des
initiatives, savoir travailler en équipe…) qui contribuent à l’autonomie du
jeune et à l’élaboration d’un choix éclairé et diversifié.
L’évaluation scolaire participe pleinement de la
construction de l’image de soi à l’adolescence : elle doit permettre de
dégager pour le jeune des axes de développement et non une vision fixe et sans
lendemain.
L’évaluation sera un élément
important du parcours de formation. Il faudra travailler sur ses différentes
formes, et notamment l’auto-évaluation et l’évaluation par un autre enseignant
que le professeur de la classe. Les évaluations seront placées en perspective,
l’accent étant mis sur les progrès accomplis et la valorisation de l’effort qui
a permis d’obtenir le résultat. Il est essentiel que les objectifs de
l’enseignement et les attentes vis-à-vis des élèves soient clairement énoncés
au début de l’année, cours par cours, activité par activité. Il faut arriver à
définir les compétences que doivent développer les élèves, qui parfois peuvent
être transversales. L’évaluation doit valider ces compétences et non
sanctionner un niveau. L’élève doit
être conscient en permanence du parcours qu’il a effectué et de ce qu’il lui
reste à accomplir. Il doit pouvoir s’auto-évaluer et identifier les compétences
qu’il a acquises, celles qu’il n’a pas acquises et celles en cours
d’acquisition. Pour l’aider, pourraient être organisés en début d’année des
auto-évaluations collectives (non-notées) et des bilans de compétences
individualisés, à partir desquels pourrait être défini un projet avec les
parents et le référent-adulte.
La spécialisation dès la fin de la 2nde
est souvent trop précoce pour beaucoup d’élèves. Il est donc proposé
d’organiser un tronc commun jusqu’à la fin de la 1ère dans la filière
générale et technologique, avec des options de spécialisation selon la filière
choisie. Les passerelles entre filières seront organisées, avec des cours
communs à des élèves de différentes filières, la participation à des cours des
autres filières, l’ouverture des cours magistraux à l’ensemble des élèves.
Toutes les filières seront
valorisées. L’orientation devra être pensée de façon très ouverte. Le passage
d’une filière à une autre sera possible (du BEP vers un bac général ou
technologique, du bac pro vers une Terminale générale ou technologique, de la
Seconde générale vers un BEP en parcours individualisé, de la Première générale
ou technique vers une Terminale pro…). Il sera mis en œuvre grâce à un
« contrat » passé avec l’élève et sa famille, notamment sur les
questions de présence, de discipline, d’effort, avec l’appui d’un
accompagnement personnalisé par un ou des professeurs et un aménagement
particulier de l’emploi du temps. Le CFA sera également intégré à
l’établissement, avec des passerelles vers les autres filières pour permettre
des passages d’une formation en alternance à un bac professionnel.
La réflexion sur l’entrée dans la vie
professionnelle sera un processus continu et préparé : il s’agit de permettre au
jeune d’appréhender la diversité des secteurs d’activités, des métiers et des
fonctions dans l’entreprise, ainsi que la complexité du monde du travail pour
mieux en percevoir la richesse ; il s’agit d’aider le jeune à construire
un parcours qui prenne en compte toutes les réalités environnantes, qui intègre
l’éducation tout au long de la vie, et qui s’inscrive dans une dynamique
personnelle.
Un
bureau de la vie professionnelle permettra, grâce à un secrétariat permanent,
de mettre à la disposition des élèves informations, offres de stage, etc.
Les élèves devront pouvoir rencontrer des personnes leur permettant de se
projeter dans leur avenir professionnel, non seulement dans un métier, mais
aussi dans un secteur (un élève souhaitant devenir technicien de station
d’épuration doit pouvoir rencontrer un ingénieur agronome, un militant d’une
association pour l’environnement ; un futur preneur de son doit pouvoir rencontrer
un journaliste…). Les ressources du territoire devront être valorisées :
un « catalogue des métiers » en développement dans le bassin d’emploi
où se trouvera inséré le lycée pourrait être établi.
II. Un emploi du temps et des formats d’enseignement
organisés à partir des besoins des élèves.
1. Organiser une modularité dans le temps.
Une réflexion particulière a
été menée sur l’organisation du cursus et l’emploi du temps, qui devra être
centré sur les élèves.
L’emploi du temps, qui devra
à la fois permettre les activités personnelles et le travail scolaire, sera
souple. Pourront être envisagées une partie fixe et une partie modulable. Une
progression par blocs de ½ journées sur des périodes d’environ 6 semaines
pourrait également être mise en oeuvre.
Le parcours de formation
sera élaboré avec l’élève, la famille et le
référent-adulte, sur la base d’un bilan de compétences établi au début
de la scolarité. L’élève pourra ainsi plus facilement s’approprier la
formation, faire des choix, se projeter dans l’avenir. Les élèves auront une
part de liberté dans la construction de leur parcours et l’organisation de leur
emploi du temps, ils auront du temps à gérer eux-même et des choix à effectuer
dans l’offre de formation, à partir d’une information claire sur les objectifs
à atteindre.
b) Ouvrir le lycée en dehors des heures de
cours.
L’établissement sera ouvert le soir, le week-end et
pendant les congés scolaires, dans l’esprit du dispositif « Ecole
ouverte ». Chaque élève doit pouvoir être accompagné et bénéficier d’un
« internat de jour » lui permettant de travailler dans de bonnes conditions
tout au long de la journée.
En lien avec les acteurs locaux, les élèves qui le
souhaitent bénéficieront d’un accompagnement en dehors des heures de classe,
notamment pendant les 4 mois de vacances annuelles.
La pluridisciplinarité permet de valoriser
l’ensemble des disciplines, de dégager des compétences nouvelles, de mettre en
évidence des questions centrales (progrès scientifique et social, éthique,
etc.) et peut être un levier de motivation très fort pour les élèves. Elle
génère une prise de distance vis à vis des contenus de connaissance, l’objectif
visé étant d’encourager les élèves à une meilleure compréhension de la
complexité du réel.
Dès la 2nde, les
élèves devront mener des travaux de type TPE (travaux personnels encadrés),
effectuer un travail de revue de presse avec soutenance, s’engager sur des
projets au long terme.
Des enseignements seront organisés autour de
plusieurs disciplines. Un cours sur l’environnement avec un professeur de
sciences naturelles et un professeur de sciences économiques et sociales ou un
cours sur les sciences avec un professeur de physique et un professeur de
philosophie par exemple sont particulièrement intéressants, notamment pour
faire percevoir les différent aspects du statut de la « vérité ».
La méthode expérimentale, qui invite à la modestie
et implique un travail en groupe, peut être utilisée dans cette logique en
rassemblant les différentes disciplines autour de la démarche scientifique.
Des ouvertures vers les
arts, la culture, le sport seront proposées, en lien toujours avec le projet
pédagogique. Des détours par l’art permettront de travailler sur les
disciplines comme l’histoire ou le français. Dans de nombreux lycées, la
réalisation par une classe d’une pièce de théâtre, présentée en fin d’année,
permet de faire connaître aux élèves un texte de théâtre, les techniques du
théâtre, les métiers du théâtre, une époque à partir d’un art, et de susciter
leur autonomie.
La pluridisciplinarité proposée aux élèves sera
préparée par le travail en équipe des professeurs.
C. Proposer un accompagnement individualisé par un référent-adulte à tous les élèves.
Chaque
élève aura un référent-adulte (professeur, membre de l’établissement ou
professionnel d’entreprise, d’administration publique ou d’association) qui
l’accompagnera, à travers les différents aspects de sa scolarité (repérage dans
l’offre de formation, orientation, apprentissage, comportement…). Pour aider
efficacement les élèves, les référents-adultes seront formés et connaîtront les
offres de formation et les besoins des lycéens pour réussir les épreuves des
diplômes recherchés. Ils travailleront en lien étroit avec les enseignants. Il
s’agit d’accompagner l’élève, dans une logique d’autonomie, et non pas d’un
« soutien » scolaire. D’autres formes de tutorat pourront s’ajouter,
assurés par des élèves de classes supérieures, des étudiants de l’enseignement
supérieur… Les temps de tutorat (obligatoires, au moins pour les premiers mois)
seront intégrés dans l’emploi du temps.
III. Une vie d’établissement que s’approprie l’ensemble des
acteurs du lycée.
Le lycée travaillera pour tous les élèves et devra
constituer une communauté attentive et exigeante, capable de donner des repères
aux élèves. L’ensemble des acteurs du lycée seront mobilisés. Tout le personnel
participera collectivement au projet éducatif (vie scolaire, techniciens,
infirmière et médecin scolaire, assistante sociale, conseiller d’orientation
psychologue…) et se verra proposer des formations spécifiques (qu’est-ce qu’un
adolescent ? les relations interculturelles, etc.). Les professeurs
travailleront en équipe, qu’il s’agisse de préparer le projet d’établissement,
d’échanger sur leurs programmes et leurs pratiques, ou encore d’enseigner
ensemble, au sein des filières ou entre filières différentes.
Le recrutement du proviseur, des enseignants et de
tout le personnel sera réalisé après publication du projet. Il pourra s’agir,
pour les enseignants, de personnels expérimentés aussi bien que de jeunes
professeurs achevant leur formation et sortant de l’IUFM. Ils devront
s’approprier la démarche, la décliner en un projet d’établissement qui sera mis
en en œuvre collectivement. Pour leur donner encore plus de force, les
engagements des enseignants dans le projet pédagogique seront formalisés.
B. Responsabiliser les
élèves dans le fonctionnement de l’établissement.
Les élèves seront associés au fonctionnement du
lycée et à l’élaboration de son projet. Par la compréhension de la nécessaire
continuité entre leur identité individuelle et l’identité collective, les
élèves seront amenés à prendre conscience de leur appartenance à une société
dépassant largement celle du lycée lui-même. Un travail sur les valeurs
républicaines sera mené. Les élèves auront des espaces de liberté. Ils doivent
avoir les moyens de s’engager dans la vie du lycée, aussi bien dans les
dimensions sportives et culturelles que citoyennes. Ils doivent pouvoir prendre
des initiatives et nourrir la vie collective de l’établissement, avec l’aide
d’un responsable du lycée, en utilisant tous les outils de la démocratie dans
les établissements et en particulier le Conseil de la vie lycéenne. Les
élèves-délégués devront bénéficier d’une formation (fonctionnement du lycée,
prise de parole en public…). Ils seront réunis régulièrement et toujours en cas
d’incident.
Il est important
d’autonomiser et de responsabiliser les élèves, mais aussi de travailler avec
les familles qui ont un rôle d’accompagnement des jeunes entre le collège et le
lycée, rôle qui tend ensuite à s’estomper avec la prise d’autonomie des élèves.
Les familles seront conviées dans l’établissement dès le début de la 2nde,
à l’invitation de leurs enfants. Elles doivent pouvoir participer à des
activités organisées dans l’établissement par des acteurs extérieurs tout au
long de l’année. Dans l’esprit d’échange de savoirs, elles pourraient apporter
à la vie du lycée des compétences et participer à des manifestations organisées
pour les professeurs et les parents (conférences-débats…). L’élaboration du
Règlement intérieur sera menée avec les élèves et les familles. Le lien entre
les élèves, les parents, l’équipe enseignante et le chef d’établissement sera
contractualisé et précisera notamment les obligations de présence. Le lycée
travaillera naturellement en partenariat avec les associations de parents
d’élèves. Un lieu sera à leur disposition. En lien avec elles, l’établissement
offrira des possibilités complémentaires pour mieux faire connaître
l’institution aux délégués de parents. Globalement, il s’agit de sortir du risque
d’une ignorance mutuelle entre parents et lycée, d’éviter une opposition entre
les deux et, dans certains cas, de restaurer aux yeux des enfants l’autorité,
des parents.
IV.
Des locaux adaptés au projet éducatif.
L’organisation matérielle du lycée est un enjeu essentiel
pour permettre la mise en œuvre du projet éducatif dans les meilleures
conditions possibles.
Associer au projet
architectural tous ceux qui ont contribué à l’élaboration du projet
d’établissement sera un gage de réussite. Les choix devront être cohérents avec
le projet, sans aller au-delà des moyens financiers habituellement réunis par
la Région pour cette catégorie d’équipement public. Une attention particulière
sera portée sur les éléments jugés fondamentaux : un amphithéâtre, un
espace polyvalent ouvert sur l’extérieur, un lieu pouvant accueillir l’ensemble
de la communauté qui constitue un lycée, un lieu où les enseignants puissent
travailler et recevoir élèves et familles, la proximité des espaces des
professeurs, de l’équipe de direction et de l’équipe vie scolaire, des salles
de classe modulables, par l’intermédiaire de cloisons coulissantes par exemple,
permettant des travaux en groupe ou le regroupement de plusieurs classes, un
bureau des stages, un local pour les associations de parents d’élèves, un
internat de jour et des chambres (nécessaire pour accueillir des élèves dont
l’environnement familial rend difficile l’investissement dans l’école), le CDI,
les salles de travail et de lecture
Le projet intègre le souci de scolariser tous les
élèves et doit prévoir une accessibilité handicapés.
Certains espaces pourront être utilisés par des
personnes extérieures (parents à la cantine…) et être éventuellement partagés
avec d’autres institutions pour des spectacles dans l’amphithéâtre par exemple
ou encore des réunions associatives dans l’espace polyvalent ouvert sur
l’extérieur.
V.
Un lycée inséré dans un territoire et ouvert sur le monde.
Le
lycée s’ancrera dans un territoire avec son histoire. L’action du lycée sera
menée bien évidemment en lien avec tous ses partenaires : le monde du
travail, les familles, le milieu associatif et culturel, les collèges du
secteur, les formations supérieures, les autres lycées du territoire, les
partenaires éducatifs (CIO, CMP, médecine scolaire, infirmière,
inspecteurs pédagogiques régionaux, etc.), les personnes et structures extérieures
participant à l’accompagnement scolaire (étudiants, associations,
professionnels, etc.), l’IUFM et ses stagiaires, les services sociaux.
Des
liens seront établis avec les entreprises du bassin, afin qu’elles proposent
des stages, participent aux examens oraux dans les filières professionnelles,
présentent leurs métiers aux élèves. L’objectif est de mettre en évidence le
lien entre investissement dans les études et emploi.
Le
lycée devra contribuer à la dynamique urbaine du territoire, dans une zone
active rassemblant des commerces, des bureaux, des logements.
Des
partenariats peuvent également être noués avec des établissements de toute la
France, de métropole comme d’outre-mer.
Un
membre de l’équipe de direction sera chargé, sous l’autorité du chef
d’établissement, de développer les relations avec les partenaires.
B. Réussir l’intégration du lycée dans le système de
formation, des collèges à l’enseignement supérieur.
Un travail approfondi sera
mené avec les collèges du secteur. Une concertation entre professeurs de 3ème
et de 2nde sera proposée. Pourraient notamment être envisagés :
- des rencontres dans les
collèges entre les élèves de 3ème et les anciens élèves du collège
en 2nde, dès le mois de décembre ;
- des mini-stages d’une journée permettant aux élèves de 3ème
de découvrir le lycée, ses locaux, ses enseignants, mais aussi ses méthodes
pédagogiques, par exemple en assistant à un cours, à une activité
pluridisciplinaire.
Des actions seront menées avec des établissements
d’enseignement supérieur, permettant notamment aux élèves de découvrir les
formations par des visites, la participation à des cours, des rencontres avec
des étudiants, etc. Pourrait être organisée, sur un bloc d’enseignement, la
participation à la vie d’un laboratoire (en sciences, arts, sciences
humaines…), expérience qui serait ensuite présentée aux autres élèves.
L’implication d’étudiants dans le lycée contribuerait à un rapprochement avec
le monde de l’enseignement supérieur.
Les établissements d’enseignement
supérieur qui soutiennent le projet contribueront aux actions d’orientation. Des contacts ont été pris
avec l'Université Paris 13, qui joue depuis de nombreuses années un rôle moteur
dans le territoire en matière d'ascension sociale. Il s'agit d'une part de
valoriser ses formations comme débouchés possibles pour les élèves du futur
lycée, et d'autre part de tirer parti de son expérience et de son savoir-faire
en matière d'aide à la réussite.
Le lycée sera un cadre
d’accueil pour des stagiaires de l’IUFM.
C. Ouvrir les élèves aux grands enjeux politiques,
économiques et sociaux par des débats et des rencontres.
Les
élèves seront invités à se rendre compte de la pluralité et de la complexité de
notre société par la participation régulière à des rencontres-débats sur des
questions éthiques, politiques, économiques, scientifiques, etc., avec des
acteurs, des chercheurs. Les rencontres organisées dans ce sens par de nombreux
lycées partenaires de Sciences Po ont rencontré un succès important. Les élèves
seront initiés aux questions épistémologiques.
D. Le détour de l’international comme découverte de
l’altérité et ferment de l’identité.
Des jumelages avec des
lycées étrangers seront développés, apportant dynamisme et ouverture,
permettant de travailler sur le respect et la tolérance, mobilisant des
compétences de plusieurs disciplines, et rassemblant des élèves de différentes
classes. Des séjours linguistiques à l’étranger pendant les vacances seront
proposés aux élèves.
Il s’agit d’intégrer la
problématique de l’Europe et de l’international dans la pratique quotidienne.
Annexe
Quelques exemples de
pratiques dans des établissements illustrant les propositions formulées dans le
projet
Concevoir un emploi du temps fondé sur l’intérêt des élèves
et portant les choix pédagogiques
La
souplesse dans l’emploi du temps peut être organisée en faisant travailler au
cours de la semaine les élèves en groupes de tutorat, d’apprentissages ou de
projet, avec des groupes – classes à géométrie variable.
La scolarité peut être
structurée par enseignements à raison de 4 séquences de 3 heures par semaine.
Ces séquences se déroulent sur 5 à 6 semaines et comportent donc 15 à 18 heures
au total. Les élèves choisissent eux-mêmes leurs séquences, en fonction de leur
niveau scolaire, de leur intérêt, de la proximité de l’examen, des conseils de
leur tuteur…
L’emploi du temps peut
prévoir une journée flexibilité par semaine. Les élèves gèrent cette journée,
amplitude comprise entre 6h et 8h de cours, en respectant un volume mensuel
imposé. Les élèves travaillent en ateliers décloisonnés sous la houlette de
deux professeurs. Ils choisissent les activités en fonction des lacunes,
difficultés éventuelles ou retard dans le programme. Cette flexibilité vise la
responsabilisation des élèves tant dans leurs acquis que dans la gestion du
temps et contribue à leur assiduité et leur motivation.
Une politique de contrat
offre à chaque élève la possibilité d’être un acteur de sa scolarité et de se
responsabiliser. Des contrats individualisés permettent à certains élèves de
suivre une scolarité selon des modalités qui peuvent être différentes en
fonction de leur projet et de leur histoire personnelle.
Le
dispositif « Ecole ouverte » a été mis en place dans plusieurs
établissements pilotes. Le lycée est ainsi ouvert pendant les vacances de
Toussaint, en février et en avril. Des études sont également organisées le
soir. Un assistant pédagogique ou un élève de première assure un tutorat le
mercredi après-midi.
Un dispositif « coup de pouce » mis
en place par un service jeunesse municipal permet d’assurer un soutien scolaire
pendant les congés scolaires.
Un forum des TPE,
demi-journée banalisée au cours de laquelle tous les élèves ayant préparé un
TPE en première le présentent à leurs camarades, aux enseignants du lycée et à
des personnalités extérieures, favorise l’autonomie et le travail de groupe,
ainsi que l’expression orale. Les élèves doivent défendre leur travail de
recherche devant des personnalités de la société civile. C’est un profond
stimulant et une bonne manière de prendre confiance en soi. Le regard extérieur
et l’intérêt porté sur leur travail valorisent les élèves. L’organisation du
forum des élèves de 1ère par les élèves de BTS (affichage,
invitations, accueil, logistique…) s’inscrit dans une dynamique collective du
lycée.
L’option Initiation aux
Sciences humaines en seconde organisée en commun par trois professeurs, de
Sciences économiques et sociales, Histoire et Lettres, fait connaître la
presse, le paysage médiatique et politique français aux élèves. Il vise à la
connaissance des méthodes de recherche documentaire et à la maîtrise de l’analyse de l’article de
presse, et des techniques de l’exposé.
Un travail épistémologique peut-être organisé en
classe de terminale alliant toutes les disciplines. Par exemple en associant le
professeur de philosophie et l’un des professeurs des disciplines scientifiques
(mathématiques ou sciences expérimentales), pour réfléchir en commun sur la
notion de vérité en sciences ; ce travail peut aussi bien être mené par des
professeurs de philosophie et d’histoire (réflexion sur le livre « L’histoire de l’Autre », décrivant
la constitution d’Israël, élaboré sur deux colonnes par deux équipes d’historiens,
l’une palestinienne, l’autre israélienne - document préfacé par Pierre
Vidal-Naquet).
Un travail pluridisciplinaire peut être organisé à
partir de la participation de lycéens à des prix littéraires (prix du lycéen).
Chaque année, des élèves de seconde participent à l’écriture d’un recueil de
poésie sur un thème donné. Le livre est édité. Il a ainsi pu être préfacé par
Pierre-Gilles de Gennes (Matière Molle, 2003). Le ciné-club permet
d’aborder de multiples sujets de société.
Autres
exemples : un atelier d’écriture et un concours de nouvelles sur une
période historique donnée, ou encore la visite du Louvre par tous les élèves du
lycée.
Proposer un accompagnement
individualisé par un référent-adulte à tous les élèves.
Un
tutorat est proposé à tous les élèves volontaires de seconde. Des anciens
élèves de l’Ecole Polytechnique viennent une fois par semaine motiver et aider
une quinzaine d’élèves de terminales scientifiques pour les pousser vers des
études ambitieuses.
Un
travail en cours « singulier » (seul à seul) permet de faire une
analyse critique totalement personnalisée sur les travaux écrits. La pratique
se révèle très efficace pour la compréhension et la rectification des erreurs
que chaque élève répète le plus souvent à l’infini si l’on néglige de les lui
expliquer personnellement.
Deux étudiants polytechniciens en stage proposent
des aides individualisées en mathématiques aux élèves en difficulté ; ils
animent des clubs de mathématiques et d’informatique le mercredi après-midi et
préparent quelques candidats aux concours (olympiades de mathématiques,
concours Kangourou, concours général). Le lycée propose également aux élèves de
condition modeste désireux de réussir des études supérieures ambitieuses un
tutorat, de la seconde à la terminale, dans le cadre d’un partenariat avec des
écoles d’ingénieurs et de commerce. Les élèves bénéficient, tous les mercredis
après-midi, de sorties culturelles, d’ateliers de méthodologie ou de théâtre,
de visites d’entreprise…
Pensé par Michel Serres, Michel Authier et
Pierre Lévy au début des années 1990, le système des arbres de connaissances a
été finalisé par Michel Authier et a été utilisé essentiellement pour la
gestion des ressources humaines dans des grandes entreprises. Des praticiens de
l'action pédagogique ou de l'action sociale s'en sont aussi emparés pour
travailler avec d'autres publics dans un souci de valorisation des personnes et
de mutualisation des richesses dans un groupe.
Un collège a choisi
les arbres de connaissances comme système d'évaluation et de communication avec
les familles (logiciel See-K). Chaque élève apparaît dans l'arbre qui
"pousse" sur l'écran avec les savoirs dont il est porteur. Son image
est donc toujours positive. Mais il se voit aussi toujours dans le collectif et
son image n'est qu'une partie des savoirs de la communauté dans laquelle il se
trouve. On évite ainsi l'écueil de la dévalorisation et celui de la
toute-puissance. Quand un enseignant engage une nouvelle séquence, il annonce
les objectifs qu'il fixe sous forme de brevets. Les élèves peuvent acquérir
pendant la séquence tout ou partie des brevets prévus. Ils peuvent aussi en
acquérir d'autres, transdisciplinaires par exemple. A la fin de la séquence,
avec le tuteur, les nouveaux brevets sont inscrits dans l'arbre sur le profil
de l'élève. Les profils sont donc en permanente évolution. Les enseignants
peuvent faire apparaître des brevets indispensables à acquérir pour une
orientation donnée. Un élève peut acquérir un brevet de type "synthèse à
partir de plusieurs documents" aussi bien avec le professeur d'Histoire,
celui de Français ou celui de Sciences… Il peut choisir tout élève porteur d'un
savoir qu'il cherche à acquérir comme personne ressource. Les brevets peuvent
être acquis et validés de différentes façons, définies à l'avance.
Grâce à l’atelier PPP
(projet personnel et professionnel), les élèves, accompagnés de deux
professeurs par classes, découvrent en groupe leurs valeurs personnelles, leurs
intérêts, puis recherchent, à travers une interview d’un professionnel, les
caractéristiques d’un métier, ce qu’ils aiment ou n’aiment pas, ce qui les
intéresse, etc., et les communiquent par affichage à leurs camarades de classe
puis au lycée lors d’une exposition.
Les associations d’anciens élèves permettent
notamment de personnaliser directement la réussite pour motiver les élèves et
faciliter leur orientation.
Un
travail avec des associations en lien direct avec le monde
professionnel facilite l’entrée dans la vie professionnelle. L’association
Ecole - Entreprise 95 propose une bourse de stages en ligne accessible aux
élèves et aux entreprises ; l’association CAPIMMEC, qui regroupe des professionnels
à la retraite, prépare les élèves de Bac professionnel à leur insertion
professionnelle (rédaction de C.V., lettre de motivation, entretien
téléphonique, entretien d’embauche).
Par ailleurs, des rencontres ou conférences-débat avec des chefs d’entreprises
donnent une ouverture aux élèves.
Le Journal « Enjeux/Les Echos » accueille
en stage, chaque mois, pendant une semaine, deux élèves de première économique
et sociale qui découvrent concrètement l’ensemble des métiers. Les candidatures
sont croissantes. Et la valorisation du stage réussie.
Un
partenariat soutenu a été établi avec les élus locaux, les chefs d’entreprises
qui interviennent auprès des élèves et les invitent à des colloques, les
associations (FCPE, Zyva) qui interviennent auprès des élèves surtout dans les
domaines de l’orientation et de la préparation du cursus universitaire, les
administrations (Protection judiciaire de la jeunesse, qui participe aux actions
de prévention montées par le Conseil de la vie lycéenne, mais aussi à la
formation des élèves dans le cadre de la préparation au concours de Sciences
Po), des journalistes (qui participent aux jurys d’admissibilité de la
procédure d’admission à Sciences Po)…
Une
Ville et des établissements scolaires du secondaire ont noué un partenariat
très structuré. Les établissements identifient mieux et donc utilisent
davantage les différentes ressources de la ville (culturelles, sportives…). Des
moyens sont mutualisés sur des projets communs. Les savoir-faire de personnels
d’animation de la Ville ont été mobilisés. Dans chaque établissement, un
référent est l’interlocuteur de la Ville. Le service jeunesse municipal aide à
l’élaboration de projets des élèves (débats, manifestations sportives en vue de
récolter des fonds pour la lutte contre le SIDA ou le Téléthon, manifestations
culturelles…). Les collèges et un lycée professionnel ont participé à un rallye
santé dans la ville (découverte des structures de soin, rencontre avec des
professionnels de la santé sur la toxicomanie, le tabac, la sexualité, etc.,
débats, réalisations en arts plastiques).
Les élèves participent à l’installation d’une maison d’édition dans la
ville. C’est l’occasion d’une découverte des métiers, d’un soutien à la
diffusion des livres et à la mise en place d’ateliers graphiques.
Les
élèves participent à la mise en place d’un mémorial dans un ancien camp
d’internement.
Le port d’une « tenue professionnelle »
pour des élèves de filières professionnelles habitue les élèves aux codes
sociaux qui seront demandés dans l’entreprise.
Une
journée d’intégration favorise le sentiment d’appartenance au lycée. Les
élèves, les enseignants et les CPE effectuent une sortie dans Paris. Un peu
plus tard, un petit-déjeuner en commun est organisé. Une journée « tournoi
de volley » vise également à une intégration rapide au lycée. Y sont
associés enseignants et personnels.
Un
théâtre forum présente à tous les élèves de seconde des saynètes puis les fait
participer sur différents thèmes : vie amoureuse, prévention du Sida,
prévention des drogues. Après leurs passages, des spécialistes (éducateurs,
médecins, etc.) viennent en classe débattre et informer.
Dans
l’option Initiation aux sciences humaines et sociales, les élèves travaillent
dans la bibliothèque du lycée puis dans la bibliothèque de la commune (où ils
sont inscrits gratuitement quel que soit leur lieu de résidence) et découvrent
enfin une bibliothèque universitaire. Ils analysent des Unes, des articles, des
dépêches et rédigent des synthèses et, en fin d’année, un article de presse
qu’ils présentent à l’oral. L’atelier des Sciences politiques invite à
l’analyse des problèmes du monde contemporain à travers la presse et propose
une formation à la prise de parole en public.
Un BEP « turbo ». En dix semaines les
élèves issus d’une seconde générale rattrapent le programme de seconde
professionnelle qu’ils n’ont pas suivi et peuvent ainsi aborder directement
l’année de terminale BEP, en effectuant pendant les vacances de Toussaint et de
Noël les stages en entreprises normalement réalisées en seconde
professionnelle.
Une formation assurée par
des professeurs et des parents d’élèves permet aux délégués d’élèves de mieux
comprendre leur fonction, de construire des outils techniques et pratiques pour
préparer et animer des rencontres avec leurs camarades et de jouer un rôle réel
dans la médiation entre les élèves et les adultes de l’établissement.
Des conférences en fin de
journée, autour de la psychologie de l’adolescent, du rapport au savoir des
jeunes, de la violence en milieu scolaire, etc., rassemblent entre 50 et 60 personnes :
enseignants, acteurs sociaux de la ville, mais aussi élèves et parents
d’élèves.
Le « contrat de
réussite » associe parents, élèves, professeur principal, CPE et
proviseur.
Travailler avec
les collèges du secteur
Une journée
porte ouverte pour les élèves de troisième des collèges du bassin de
recrutement permet de présenter toutes les options et les filières.
Ouvrir les élèves aux grands enjeux
politiques, économiques et sociaux par des débats et des rencontres
Un partenariat avec l’association Atlas facilite les relations avec le
monde scientifique, celui avec l’association « Ni pute, ni soumise »
sensibilise au respect de la femme.
Un
partenariat avec l’Association pour le Management (association du Medef) fait
participer certains élèves à des colloques où ils peuvent débattre avec des
chefs d’entreprise.
Le détour de l’international comme découverte de l’altérité
et ferment de l’identité
Un
jumelage avec des Ecoles de couture de l’arc méditerranéen (Espagne,
Italie, Tunisie et Maroc) permet de mener des projets structurants pour les
élèves des sections mode des établissements qui travaillent chaque année sur un
thème commun de création artistique et culturelle. Ces créations sont
présentées dans les pays respectifs au cours d’échanges bilatéraux entre
classes, sous forme d’un défilé de mode. Les enseignants effectuent des séjours
dans les établissements partenaires pour échanger leurs pratiques, leurs
savoir-faire et leurs méthodes d’enseignement. Ces projets permettent un
enrichissement culturel, artistique et technique considérable pour les élèves
et les enseignants impliqués. Un travail sur les origines latines et
méditerranéennes a débouché sur des créations de mode communes, des
dessins, des reproductions, des créations d’objets, etc., présentés au Forum
« Racines et Identité » de Perpignan. Ce thème, qui a permis de
travailler sur le respect, la reconnaissance, la tolérance et l’acceptation des
différences culturelles, a été présent tout au long de l’année, à travers des
conférences-débats mensuelles.
La participation à des projets européens type
SOCRATES/COMENIUS autour de la notion d’identité européenne mobilise des
compétences des élèves dans plusieurs disciplines et à plusieurs niveaux. La
mise en relation du travail de différents groupes valorise le travail accompli
par chaque groupe et lui donne un sens en le plaçant dans la perspective d’une
recherche collective et permet une mobilisation des savoirs et savoir-faire
plus efficace car replacée dans cette même perspective. Ce type de projet met
également en valeur les compétences linguistiques et motive les élèves par la confrontation avec des acteurs
extérieurs. Il permet enfin de travailler les capacités à l’oral dans les mises
en commun publiques.
Autre exemple : un jumelage avec un lycée
israélien de Jérusalem et un collège palestinien de Bethléem.