LA LETTRE DE R

LA LETTRE DE R.E.V.E.I.L.        N°2   FEVRIER 2001

 

Sommaire

 

·         Changer l'École ? Refonder l'École… pour lancer un débat.

·         Enseigner les mathématiques ?

·         Et si on parlait un peu du travail manuel ?

·         L'association "Générations Médiateurs" : rapide présentation.

·         Pour un homme libre et solidaire : un ouvrage de Louis Legrand.

·         Une rencontre en Auvergne est-elle programmable ?

·         Sur le site Internet de R.E.V.E.I.L.

·         MERCI pour vos apports.

 

Bonjour,

Les réponses reçues de votre part lors de la constitution de ma "liste de diffusion", montraient que la plupart d'entre vous se sentaient concernés par la redéfinition des objectifs de notre École.  Je souhaiterais donc introduire une réflexion – et si possible un débat – autour des idées de finalités et d'objectifs. Selon le temps et les moyens dont vous disposez, vous êtes les mieux placés pour choisir votre façon de réagir et de contribuer à enrichir ce débat. L'essentiel étant de faire avancer les idées… "Si deux personnes ont chacune une idée et qu'elles les échange, elles seront plus riches : chacune aura alors deux idées."

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CHANGER L'ÉCOLE ?  REFONDER L'ÉCOLE…

CHANGER L'ÉCOLE

Ce fut déjà l'objectif de ceux qui, au début du 20ième siècle, s'appuyant sur les connaissances toutes neuves du fonctionnement psychologique des enfants1, voulaient instaurer une école qui prenne ces réalités en compte. "Transformons l'École ! " s'écriait FERRIERE. L'éducation devait être "fonctionnelle" (Claparède) c'est à dire répondre aux besoins des jeunes. A une École conçue rationnellement à partir des savoirs et savoir-faire à inculquer d'autorité à des élèves abstraits, supposés dociles et réceptifs, il fallait substituer une École centrée sur des enfants-sujets réels, concrets, divers, qu'elle devait aider à "s'élever" progressivement, à s'approprier savoirs et savoir-faire.

Changer l'École, c'était essentiellement une affaire de pédagogie.

La perspective n'avait guère changé en juin 1968, lorsque, dans sa double page intérieure, le Monde titrait un article de Girod de l'Ain, "1968, An 1 de la pédagogie !".

 

Tout au long du siècle, des milliers d'enseignantes et d'enseignants s'ingénièrent, dans leurs classes, à sortir de la "tradition", à donner corps à une "éducation nouvelle" sans cependant jamais entraîner l'ensemble du système dans ces transformations de l'École. Pourquoi ? Le poids des habitudes, cette pesanteur sociologique si souvent invoquée dans notre Éducation nationale, est-elle seule en cause ? La vraie cause du blocage n'est-elle pas plutôt d'ordre socio-politique ?

 

Si l'École est le creuset où se prépare la société de demain, l'École est une émanation de la société d'aujourd'hui. CHANGER LA SOCIETE POUR CHANGER L'ÉCOLE - CHANGER L'ÉCOLE POUR CHANGER LA SOCIETE2 :  peut-on changer l'École sans d'abord changer  la société ? ou est-ce le problème de la poule et de l'œuf ? Sommes-nous enfermés dans un cercle vicieux ?

 

Un bref rappel historique devrait permettre d'éclairer cette question3.

 

L'École de la Troisième république – qui perdura encore largement sous la quatrième – était composée de deux systèmes totalement étrangers l'un à l'autre :

-                            donner en 6 années, puis 7 et enfin 8, à chaque enfant les savoirs et savoir-faire nécessaires à leur vie adulte future de paysans, d'ouvriers, d'artisans, de soldats, etc. (aspect utilitaire)

-                            ancrer les idées de Patrie et de République dans une France encore largement "régionaliste". (aspect culturel - mission des "Hussards noirs de la République")

-                            leur donner en une douzaine d'années les bases de savoirs nécessaires à leur entrée dans l'enseignement supérieur qui les prépareraient à leur carrière future de patron, d'ingénieur, de professeur, de médecin, d'officiers, etc.

-                            consolider une culture de classe fondée pour une grande part sur les "humanités", les deux objectifs étant intimement mêlés en un enseignement qui se voulait essentiellement culturel.

La finalité de cette École duelle était de prolonger l'ordre social établi sur la base de deux grands groupes de classes sociales aux contours bien définis.

 

Cependant, pour former les maîtres d'École primaire, mais aussi les cadres inférieurs ou moyens dont la société industrielle et l'administration allaient avoir de plus en plus besoin, des cours complémentaires et des Écoles primaires supérieures prolongeaient l'enseignement primaire élémentaire et conduisaient les "meilleurs élèves" au Brevet élémentaire puis, pour certains, au Brevet Supérieur. L'entrée dans ces structures scolaires se faisait à l'issue du cours supérieur (6ième année de l'École primaire), le plus souvent à l'initiative des Instituteurs qui avaient remarqué tel ou tel de leurs élèves. L'enseignement, dispensé par des Instituteurs confirmés ou des professeurs issus de cet enseignement primaire supérieur, prolongeait tant par les méthodes que par les programmes, celui dispensé dans les écoles élémentaires. Il assurait cependant une certaine promotion sociale pour celles et ceux à qui il s'adressait.  Il arrivait même que certains enfants de ces "promus" (2ième ou 3ième génération) accèdent à des professions encore plus valorisantes – comme professeurs de Lycée ou ingénieurs par exemple – et accèdent ainsi aux classes "bourgeoises".

 

Mais ces écoles cultivaient aussi fréquemment une idéologie "de gauche" – voire communiste. Ce qui amena le gouvernement Pétain, dans les années 42/43 à fermer les E.P.S. (et les Écoles normales) et à "secondariser" pour des raisons idéologiques les cours complémentaires. L'entrée allait donc se faire après le CM2 (comme dans les Lycées) et les programmes allaient largement s'inspirer de ceux des sections "modernes" de l'enseignement secondaire, sans que, cependant le corps des enseignants, et donc l'esprit et les méthodes, soient vraiment renouvelés.

 

Durant les années d'après-guerre, la proportion des enfants "du peuple" entrant en cours complémentaires augmenta notablement, conduisant à une "explosion scolaire" (Louis CROS). En 1959, le gouvernement de la 5ième république prolongea l'obligation scolaire de deux années supplémentaires et amorça une évolution des structures scolaires qui allait conduire à l'amputation de l'École primaire (réduite à 5 années scolaires) et qui, de C.E.G en C.E.S., allait amener tous les enfants du CM2 à la classe de 6ième du Collège unique (1975). Cette évolution de l'École était essentiellement dictée par les besoins d'une économie en pleine expansion (les trente glorieuses). Les réformateurs lui avaient assigné de nouveaux objectifs, sans que les politiques aient explicité ses nouvelles finalités, du moins au départ.

 

Les transformations sociologiques et idéologiques qui marquèrent les années 55/80 allaient mettre l'accent sur la promotion sociale individuelle. Des classes moyennes  se développèrent entre les classes "populaires" et la "bourgeoisie". Or les statistiques montraient clairement que si un nombre de plus en plus important d'enfants de ces classes moyennes accédaient à un certain degré d'enseignement supérieur, les enfants d'ouvriers ou de petits employés y étaient très minoritaires et presque absents parmi les élèves des grandes écoles donnant accès aux professions les plus prestigieuses. D'où l'émergence d'une nouvelle finalité qui devait être celle de l'École "démocratisée" : assurer des chances égales à tous les enfants.

 

L'idée avait toute les apparences de la plus grande générosité : elle allait pourtant s'avérer n'être qu'une imposture4. Les chances n'existent que dans une perspective de compétition ; l'orientation devient sélection, ou d'orientation par l'échec, ce qui revient au même ; et à ce jeu, les dés sont pipés. Les statistiques montrent que loin d'avoir "démocratisé" l'accès aux études supérieures conduisant aux carrières professionnelles les plus valorisantes, l'École a encore renforcé  les inégalités sociales initiales. Ce système qui prétend ignorer les différences individuelles ou qui, pire encore, les traduit en termes de supériorité/infériorité selon des critères qui lui sont propres, conduit à l'exclusion ou renforce l'exclusion déjà existante pour un grand nombre de jeunes.  Et ceci à une époque où l'exclusion scolaire conduit irrémédiablement à l'exclusion sociale.

 

L'accroissement de la violence traduit autant la maladie de notre société que celle de son École. Pris dans une évolution qui semble s'imposer à eux, nos concitoyens les plus lucides s'interrogent en vain sur un avenir sur lequel ils pensent avoir de moins en moins de prise. Ils savent qu'ils y vont, mais ne savent pas où. Il en est forcément de même pour l'École et tout particulièrement pour ses enseignants : les objectifs qui leurs sont assignés leur apparaissent de plus en plus comme inaccessibles, sauf dans quelques établissements "protégés" : la finalité – assurer des chances égales à tous – ne leur est d'aucun secours, bien au contraire, tant elle leur apparaît comme un piège dont ils sont les complices involontaires.

 

A SOCIETE SANS PROJET, ECOLE SANS AVENIR.

 

REFONDER L'ÉCOLE.

Quelques signes permettent cependant d'espérer qu'au sein de notre société, certaines femmes, certains hommes refusent de se laisser enfermer dans des rôles d'homo œconomicus, de consommateurs passifs et manipulés. Les idées de coopération, d'entraide, d'échanges refont surface, contrebalançant encore timidement le discours ambiant où il n'est question que de compétition sans merci, de concurrence impitoyable, de gagnants et de perdants, d'inclus et d'exclus. CHANGER LA SOCIETE ? oui, en changeant radicalement les façons de penser : changer les mentalités en commençant par la sienne propre, pour définir ensemble de nouvelles finalités pour notre société et pour notre École.

 

Passer du leurre d'une égalité des chances de réussite scolaire (et donc sociale) à l'idée d'une "égalité de possibilités de développement ; ouvrir à tous l'accès à la culture, … démocratiser …par une élévation continue du niveau culturel de l'ensemble de la nation" : c'était déjà les finalités proposées par les rédacteurs du Plan LANGEVIN WALLON, dès 1946. En se fondant sur un nouveau projet de société plus humain, plus fraternel, refonder une École créatrice d'humanité : voilà sans doute une voie pour sortir du dilemme : CHANGER LA SOCIETE POUR CHANGER L'ÉCOLE  ou CHANGER L'ÉCOLE POUR CHANGER LA SOCIETE ? en conciliant les deux propositions en une même démarche.

 

Les objectifs pourront alors être repensés en fonction des réalités individuelles et sociales ainsi que les moyens (structures et pédagogies) à mettre en œuvre pour les atteindre ou du moins s'en approcher progressivement. Alors, le trésor considérable constitué par les innombrables expériences de l'éducation nouvelle sera enfin exploité par une École rénovée.

 

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Enseigner les mathématiques ?

Notre ami Raymond MILLOT a découvert tout près de chez lui un mathématicien-chercheur du CNRS qui semble avoir des idées intéressantes pour renouveler l'enseignement des mathématiques. Un appel a été diffusé à ce propos  voici une quinzaine de jours : il serait intéressant de contacter ce chercheur, ne serait-ce que pour lui poser des questions sur ses travaux et ceux de ses collègues qui travaillent sur le même thème : 4 réponses seulement reçues à ce jour.  Ce chercheur devrait faire une communication lors de la réunion publique organisée à Grenoble le 2 mars prochain. Ci-après, le point de vue de ce chercheur. Sitôt après, nous le contacterons en vue de former un groupe d'échanges à distance (par Internet) sur les difficultés à enseigner les mathématiques, les expériences positives et négatives… Et pourquoi pas commencer par chercher des réponses aux questions :

pourquoi enseigner les mathématiques à l'École ?

pour quoi etc.

qui pourraient guider les recherches sur comment etc.

 

"Le principal lieu institutionnel de production de savoir est la Recherche. D'où l'idée de créer des situations où les élèves se mettent en recherche, en confrontation avec de véritables problématiques ouvertes. On connaît assez bien la "Main à la pâte" (où l'aspect expérimental est très présent), un peu moins "MATH en JEANS" pourtant plus ancien (où l'aspect "recherche" est plus développé).

 

Ces "actions" visent bien sûr l'apprentissage et (/par) la production. Mais aussi (et surtout) le développement du sens critique - rapport à la vérité, au doute -, la coopération, l'émulation plutôt que la compétition, l'auto évaluation, le plaisir de la création ... Ceci par :

-la nature du travail (avoir un regard scientifique sur des objets et non un regard sur des objets scientifiques, expérimenter, modéliser, construire ses "outils", etc)

-la forme d'organisation de ce travail (travail en groupe, communication, débat).

 

En corrélation avec MATH en JEANS, des réflexions plus théoriques existent :

- A Grenoble, une équipe de recherche à cheval sur les maths et la didactique s'intéresse aux savoirs transversaux (preuve, définition, implication, induction,...) en s'appuyant principalement sur les "Maths Discrètes" qui ont l'avantage d'offrir à travers des problèmes immédiatement compréhensibles (ex : problèmes de pavage, d'empilement, de coloration...) l'accès à des questions réellement ouvertes. (disons pour simplifier que les Maths Discrètes sont les maths de l'informatique, mais pas seulement. En France, ce domaine est absent de l'enseignement).

 

Cette équipe ("Combinatoire naïve et apprentissages mathématiques" au sein d'un labo CNRS "Leibniz") mène des recherches théoriques en math. et sur l'enseignement, mais a aussi des actions pratiques : module en DEUG (jeux combinatoires et raisonnement mathématique), intervention en collège, au CLEPT de Grenoble, à la Fête de la Science,... Réalisation (en chantier) d'une "valise pédagogique" (ensemble de situations-recherche sous forme de site Web + CDRom)

- Un groupe de chercheurs et enseignants de Paris, Lyon, Grenoble, expérimente et étudie les conditions d'introduction des "situations-recherche" en classe.

Actuellement les actions ou réflexions autour de "l'apprentissage par la recherche" s'intéressent essentiellement à "l'élève". Rien ou presque en direction des enseignants. (à part des interventions ponctuelles, par ex. les nôtres ds des stages de formation moniteurs, en IUFM, en direction de quelques profs. Et 2 ou 3 Universités d'Été "Math. en Jeans".

Or on constate que les principales difficultés qu'ont les profs - en l'absence de chercheur - à conduire avec leurs élèves des situations-recherches vient de leur rapport quasi nul avec la production scientifique.

Il faudrait sans doute créer des "lieux" et des "temps" où les profs puissent se confronter avec de vrais problèmes de recherche, éprouver le plaisir de la création et de la production scientifique (mais sans doute aussi littéraire, etc.) Ces lieux pourraient être des revues de recherche "amateur" où ils puissent publier, des relations avec des labos, ...

Les innovations suscitent très souvent beaucoup de méfiance. Elles proviennent souvent de certaines communautés et sont destinées à d'autres communautés. Or les communautés sont en général très fermées et même carrément autistes. Les psycho-sociologues qui s'intéressent aux conditions de la transmission des savoirs sans prendre en compte leur contenu, les didacticiens qui ne s'intéressent qu'à la transposition des savoirs disciplinaires (sans d'ailleurs questionner les contenus), l'administration et/ou les politiques, + quelques commissions ad hoc qui pondent des programmes, les enseignants qui se démerdent comme ils peuvent...

La piste "regarder ce que le point de vue "recherche" peut apporter à la construction d'un enseignement vivant, citoyen, (etc.) et s'en donner les moyens" est sans doute importante. Elle peut contribuer à donner un peu d'air au système. Nous sommes en tout cas un certain nombre à le penser. Nous croyons que ça peut rejoindre d'autres volontés de changement. Mais pour que les choses avancent dans ce sens on a besoin que des volontés politiques, institutionnelles se manifestent. "

Charles Payan chercheur CNRS  (membre de DECLIC 38)

 

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Et si on parlait un peu du travail manuel ?

Inscrits jadis parmi les "disciplines" de nos Collèges, les Travaux Manuels Éducatifs ont peu à peu dérivé en Enseignement technologique en passant par des phases peu glorieuses au cours desquels, par souci de valorisation sans doute,  ils donnaient parfois dans l'abstraction (par le biais d'algorithmes, par exemple), avec contrôle écrit à la clé ! La main n'est plus guère sollicitée que comme "interface" entre le cerveau et le clavier d'ordinateur…

Il y avait, jadis, une certaine coquetterie chez des "intellectuels" à se proclamer "maladroits" (on a vu ainsi un Universitaire "distingué" se vanter de ne pas savoir changer une ampoule électrique !) – et les travailleurs manuels ont perdu beaucoup de leur prestige d'antan au cours des "trente glorieuses", chacun ne rêvant plus pour ses enfants qu'un emploi "en costume-cravate".

Pourtant avant de devenir sapiens, homo fut faber : l'intelligence humaine doit beaucoup – son émergence – à la main et à son activité coordonnée avec l'œil, ce prolongement direct du cerveau. Certes, la pensée est très liée au langage, mais elle est aussi liée à l'activité corporelle, et singulièrement à celle de la main. On peut craindre que l'abandon de l'activité manuelle intelligente ne nous entraîne vers une pensée totalement déconnectée de la réalité.  Les dégâts causés par nos technocrates, rompus à l'abstraction, devraient nous alerter !

Un autre signe inquiétant : alors que naguère encore, les enfants étaient souvent passionnés par des jeux de construction (en bois, en métal ou en plastique), ils sont de plus en plus sollicités par des jeux de destruction (destroy games) sur ordinateurs ou consoles.

Une lueur d'espoir vient peut-être du secteur marchand : les magasins de bricolage connaissent un succès qui, semble-t-il, ne fait que grandir. Motivations économiques. Mais quel est l'âge moyen de leur clientèle ? Les enfants actuels assureront-ils la relève ?

Dans le cadre de l'ICEM (où les activités manuelles tinrent jadis une très grande place), il existe encore un Secteur Création manuelle et technique animée par notre ami Alex LAFOSSE, 2 impasse de la Marjolaine, 31320 CASTANET TOLOSAN, e-mail : Alex.Lafosse@wanadoo.fr . Ce secteur bat de l'aile : et si nos auteurs de projets d'établissements innovants allaient voir un peu de ce côté-là ?

 

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Désireux de faire connaître l'existence et les objectifs du plus grand nombre d'associations qui semblent "boire aux mêmes sources" que nous, nous consacrons le plus souvent possible quelques lignes pour présenter celles que nous avons découvertes.

 

L'Association "Génération Médiateurs" :

Charte fondatrice de l'association : Introduction (extraits) :

"Pour "Génération Médiateurs", éduquer, c'est avant tout accompagner les jeunes à cohabiter1 avec leurs histoires personnelles, afin d'y puiser l'énergie nécessaire pour rechercher du sens dans leur vie et mieux s'épanouir. L'élève, dans le sens propre du terme, est celui qui est élevé, amené vers le haut. L'enseignant, l'éducateur ou tout autre adulte, doit avoir le souci d'accompagner les jeunes à découvrir leurs propres potentialités et à les développer. L'organisation et le respect des rôles, attribués par l'institution, ne peut se faire que par l'instauration d'une relation de confiance entre l'enseignant et l'élève."

1 Le parcours de chacun étant indissociable de son histoire personnelle, il est nécessaire que les jeunes en saisissent l'originalité et s'y appuient pour devenir des adultes responsables.

 

L'association souscrit à l'appel des prix Nobel pour les enfants du monde qui précise " l'éducation a un rôle à jouer dans l'édification d'une culture de la non-violence et de la paix… La promotion de cette culture devrait émaner des adultes et être transmise aux enfants."

Elle recherche et propose des stratégies adaptées à la gestion des conflits.

Conclusions : "On dit de la démocratie qu'elle est la gestion permanente des conflits… En faisant sienne cette affirmation, "Génération Médiateurs" veut préparer des citoyens qui ne laisseront de place ni à l'intolérance, ni au fanatisme, ni à l'intégrisme, mais feront vivre les valeurs de liberté, de justice et de solidarité."

"Génération Médiateurs" est placée sous la Présidence d'honneur d'André de Péretti

Président : Luca RAMACCIOTTI e-mail :  luca.ramacciotti@voila.fr

 

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Pour un homme libre et solidaire,

L'Éducation nouvelle aujourd'hui             par Louis LEGRAND

Éditions Hachette  - Éducation

Louis Legrand, qui fut notamment Professeur en sciences de l'Éducation après avoir été Directeur de recherches à l'I.N.R.P. et chargé de mission au cabinet d'Alain Savary (inspirateur de la réforme Savary des Collèges en 1983) et, plus récemment Président des C.E.M.E.A., vient de réunir divers textes écrits au cours des 10 dernières années augmentés de quelques textes nouveaux sur des questions d'actualité comme la violence ou la pédagogie différenciée… Ces articles sont groupés en 4 parties :

  1. Finalités et politiques,
  2. Donner du sens aux apprentissages,
  3. Formation morale et civique,
  4. Unification et différenciation.

Il montre notamment comment notre École est tout à la fois menacée par les conceptions ultra libérales qui poussent à une privatisation généralisée des établissements scolaires, attendant d'une compétition généralisée (entre les établissements, entre les professeurs et entre les élèves) une "élévation générale du niveau culturel" (!!!) et par celles des "républicains" qui préconisent un retour à la rigueur de l'École de jadis, avec notamment un emploi du temps national unique, la remise à l'honneur de l'évaluation normative à tous les niveaux y compris à la maternelle pour juger de la nécessité ou non du redoublement, estimant que le rétablissement d'une tension chez les élèves et chez les maîtres les conduirait à un effort permanent pour atteindre le niveau imposé par des programmes impératifs. Dans ces deux courants, on retrouve l'idée d'un rétablissement des filières…

Pour lui," l'école a une fonction irremplaçable de transmission de valeurs communes. Comme telle, il est fondamental qu'elle réunisse en son sein tous les enfants, quelle que soit leur classe sociale." De plus, "l'évolution des techniques et, partant, des emplois, montre qu'il n'est pas concevable d'imaginer deux systèmes éducatifs, celui du concept et celui de la lime et du marteau. Notre civilisation demande pour tous une formation de haut niveau, c'est à dire capable de faire accéder tous les enfants, quelle que soit leur origine sociale et dans la limite de leur capacité, à la pensée abstraite. Les voies de cet accès doivent certes être diversifiées, mais cela ne devrait en aucun cas conduire à des filières d'exclusion"…"la valorisation du domaine technologique devrait également être systématisée par un enseignement polytechnique pour tous dès l'école élémentaire…" …" L'école devrait développer toutes les occasions de promouvoir une vie scolaire véritable avec l'autonomie des élèves, le développement de situations d'apprentissages collégiaux, l'organisation systématique de lieus d'échange et d'approfondissement des problèmes brûlants de société actuellement laissés à la porte de l'école…"

Mais la formation artistique ne saurait être négligée comme c'est trop souvent le cas actuellement : c'est un secteur "où la formation collective s'impose… Arts plastiques, musique, danse, théâtre, devraient trouver une place importante dans l'emploi du temps et être traités en options lourdes…"

Ce petit ouvrage (230 pages), écrit dans une langue claire, qui évite tout jargon de spécialiste, "témoigne de ce qu'il paraît déjà possible de faire dans l'esprit du mouvement ancien et toujours vivant de l'Éducation nouvelle" pour changer profondément l'École et "l'adapter à un monde nouveau qu'il convient également de faire naître."

 

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Une rencontre en Auvergne est-elle programmable ?

R.E.V.E.I.L. avait organisé une rencontre "interne" à PERRIER en décembre dernier. Les participants ont souhaité qu'une autre rencontre soit organisée à la belle saison – et, si possible sur plus de deux demi-journées. Deux périodes ont été proposées : le week-end de Pentecôte ou les tout premiers jours de juillet.

Une rencontre ouverte, informelle, amicale, pour le plaisir de faire connaissance autrement que par Internet ou courrier, ou pour se retrouver, pour échanger des idées sur des thèmes que vous aurez proposés d'ici là.

Une rencontre qui pourrait se faire sur le chemin des vacances, pour certains. PERRIER est un village situé non loin de l'A 75 (Clermont-Béziers), à 35 km au Sud de Clermont Ferrand. Vous pouvez découvrir quelques vues sur mes pages perso ( http://perso.wanadoo.fr/georges.herve3)

 

Qui serait éventuellement partant ? pour quelle période de préférence ?

 

 

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Depuis le 25 janvier dernier, REVEIL dispose d'un site Internet à part entière. Vous pouvez y trouver en permanence une documentation sur l'École, fréquemment mise à jour et augmentée distribuée en six dossiers principaux :

Roger AUFFRAND publie régulièrement un "annuaire des Écoles différentes". Visitez son site Internet : http://possible.multimania.com mis à jour quotidiennement.

 

Je vous rappelle l'adresse de notre site :

http://multimania.com/assoreveil

Si vous avez la version électronique de cette lettre, cette adresse vous est présentée en couleur et soulignée : il vous suffit de cliquer dessus lorsque le pointeur de votre souris est une main pour entrer sur le site.

 

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Prochainement, sur notre site Internet :

-          Un texte de Jacques GEORGE sur les sources et les filiations du CRAP; (doc.géné)

-          La Charte et les statuts de l'association "Génération Médiateurs".(doc.géné)

-          Un texte de Michel PORTAL de l'Aéré, "Contre la violence et l'ennui, petit arsenal pour débutants" (débats)

-          La dernière mouture du projet de Collège pionnier rural cantalien si j'arrive à placer ses 48 pages (dont plusieurs de tableaux) rédigées sous Publisher sur le site ! Merci de me signaler la ou les solutions à mon problème ! Ce texte vaut la peine d'être diffusé pour la manière fouillée dont il a été rédigé.

-          Etc. (ça dépendra beaucoup de vous…)

 

Merci d'avoir eu la patience d'arriver au bout !

Prochaine lettre vers la mi-mars.

Entre temps, quelques flash possibles selon l'actualité.

 

Enrichissez cette LETTRE par vos apports, vos questions, vos suggestions…

Contact : reveil.perrier@wanadoo.fr

Georges HERVE rue du Château 63500 PERRIER

 

Notes du premier texte :

1 connaissances qu'ils avaient souvent contribué à faire naître

2 Devise des CAHIERS PEDAGOGIQUES

3 Les idées de ce texte sont développées dans un texte plus détaillé qui peut être trouvé sur le site Internet de REVEIL dans le dossier "Débats" ou qui peut être obtenu sur simple demande en fichier joint à un message électronique au format .rtf.

 

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