LA LETTRE DE R

LA LETTRE DE R.E.V.E.I.L.  N°12-3 décembre 2003

 

Sommaire

Cinq mesures d’urgence possibles

Colloque sur le collège unique du 13 décembre (suite)

Extraits de la déclaration finale de la 10ème assemblée générale mondiale d’EMMAÜS

Pas de transformation sociale sans transformation personnelle préalable.

Le Café de l’École des Parents et des éducateurs en janvier 2004 :

La formation tout au long de la vie : faux consensus et vrais défis

Grenade en février 2004

Quelques liens avec d’autres sites Internet :

Quelques rappels…

 

La première phase du débat national sur l’École est pratiquement close. Il est cependant toujours possible à tout citoyen de faire parvenir ses « observations et propositions » jusqu’au 17 janvier 2004 directement à la Commission du Débat national sur l’avenir de l’École, 173 bd St Germain, 75006 PARIS.

Dernière minute : les associations peuvent se brancher sur l’adresse ci-dessous pour remplir un formulaire et joindre leur « contribution » au format pdf.

http://www.debatnational.education.fr/index.php?rid=44&content_id=92

Et, puisque l’objectif annoncé par le gouvernement est l’adoption par le Parlement, en automne 2004, d’une nouvelle loi d’orientation de l’École pour les quinze prochaines années, il serait normal que les parlementaires (députés et sénateurs) reçoivent copie des propositions émanant de leurs électeurs. Les pétitions ayant démontré leur caractère purement symbolique, pourquoi ne pas tenter les lettres individuelles émanant des citoyens ?

Si chaque lecteur de cette Lettre prenait sa plume dans ce sens, si chaque responsable de l’un des nombreux réseaux de toutes natures, sensibilisés à l’importance cruciale de l’éducation pour l’avenir des jeunes mais aussi de toute la société, incitait les membres de son réseau à faire de même, on pourrait espérer obtenir un minimum d’ouverture dans un système qui apparaît aujourd’hui comme irrémédiablement bloqué ; ouverture qui pourrait permettre l’initiation, à moyen terme, d’une dynamique démocratique du changement.

 

A chacun de choisir les propositions qui lui paraissent les plus urgentes ; il nous semble toutefois  que pour avoir une chance d’être entendus, ces propositions devraient pouvoir être appliquées immédiatement sans nécessiter un alourdissement du budget de l’éducation nationale ; elles devraient aussi entraîner un assouplissement des structures de l’École dans sa phase obligatoire pour tous pour « libérer les initiatives locales » ; notre École devrait enfin s’appuyer sur le principe du serment d’Hippocrate, « d’abord ne pas nuire ».

 

Les propositions ci-dessous ne se veulent qu’un exemple, parmi bien d’autres sans doute, répondant à ces trois critères.

Cinq mesures d’urgence possibles

Pour reprendre un slogan imprimé sur les paquets de cigarettes, l’École actuelle « nuit gravement à la santé » physique et mentale de centaines de milliers de jeunes malmenés par les marches forcées à un rythme unique arbitrairement défini [1]. Ce rythme n’a fait que s’accélérer au cours des trente dernières années, rendant les acquis scolaires (lorsqu’ils existent) de plus en plus superficiels et fragiles. L’augmentation (spectaculaire) du nombre de bacheliers de l’enseignement général ne doit pas masquer la réalité : 1 étudiant sur 2 quitte l’Université après quelques années sans aucun diplôme de l’enseignement supérieur. Or le bac n’a jamais été que le premier grade universitaire : seul il n’a aucune signification. Que reste-t-il de toutes ces connaissances apprises pour un contrôle et oubliées dès le lendemain ?

Loin de corriger les inégalités sociales, l’école, n’a fait que les accentuer depuis cinquante ans. L’école maternelle dont la mission était de favoriser le développement de tous les enfants, notamment de ceux qui n’avaient pas eu la chance de bénéficier des meilleures conditions de vie et d’éducation dans leurs familles, a été généralisée, certes, mais dans quelles conditions ? L’effectif d’une classe de bambins considéré comme « maximum » (en fait, comme « normal ») a été ramené de 45 à 35 au cours des dernières décennies, ce qui montre qu’au-delà des discours, l’école maternelle est toujours considérée par les pouvoirs publics comme une garderie rendant un service social aux familles et non comme une véritable structure éducative. Le rattachement à l’enseignement primaire de notre école maternelle, en la réduisant à l’état de période « d’enseignement préscolaire », conduit trop souvent les professeurs d’École qui y officient à anticiper sur les enseignements scolaires des cycles suivants (école élémentaire), sous la pression, il faut le reconnaître, de certaines familles.

 

Ces quelques considérations nous amènent à formuler 5 propositions de réformes structurelles :

1.       restructurer l’École en général sur la base de cycles pluriannuels[2] en remplacement de l’empilement actuel des années scolaires qui ne correspondent à aucun rythme de développement. La loi de 1989 avait posé le principe des cycles, mais ceux-ci ne sont restés que théoriques dans la réalité des écoles ; le rattachement de la dernière année des enseignements préscolaires (non obligatoires) à un cycle de l’école élémentaire incite à commencer les apprentissages scolaires plus tôt pour tous les enfants, avec le risque d’augmenter le malmenage scolaire pour au moins un enfant sur 4 et donc le taux d’échecs scolaires précoces dont les effets sont les plus catastrophiques.

2.       refonder effectivement l’École maternelle française sur ses bases montessoriennes et « walloniennes » qui en ont fait, jadis, un modèle pour le monde entier. En refaire un cycle original à part entière[3] sous la responsabilité d’un corps d’Inspection spécifique issu des rangs de ses enseignantes. Revenir à sa mission essentielle qui doit être de s’attacher à développer toutes les dimensions de la personnalité de chaque enfant[4] et non les seules « aptitudes instrumentales » nécessaires aux apprentissages dits « de base » (lire-écrire-compter) .

3.       l’école primaire élémentaire comprendra un cycle des apprentissages fondamentaux et un cycle d’approfondissement et de consolidation de ces apprentissages ; l’une des conséquences de cette réorganisation sera d’allonger d’une année en moyenne la durée de présence à l’école primaire[5] (ce qui peut aussi être considéré comme le rattachement à l’école primaire de l’actuelle classe de 6ième) [6]

4.       décrocher le collège actuel de son statut de premier cycle de l’enseignement général secondaire pour en faire un cycle d’orientation progressive et positive vers les formations spécifiques[7] ultérieures.

 

Ces mesures peuvent paraître insuffisantes : si elles étaient adoptées, elles permettraient pourtant de sortir de la course d’obstacles que constitue l’École pour au moins un enfant sur deux. Mais pour être à l’origine d’une dynamique de changement, elles devraient être accompagnées d’une cinquième mesure :

  1. la reconnaissance effective du droit à l’expérimentation locale rendue possible par l’assouplissement des structures. Les discours officiels ne cessent d’inciter les enseignants à travailler en équipes sans que les moyens effectifs de se constituer en équipes actives leur soient donnés, du fait, par exemple, de la rigidité des règles régissant les nominations.

 

Ces réformes de structures relèvent des pouvoirs publics. Elles n’imposent pas de changements dans les pratiques pédagogiques[8] mais ouvrent des possibilités nouvelles aux initiatives décidées localement. Ces changements, partant le plus souvent d’équipes restreintes d’enseignants, conduiront forcément à ouvrir et à intensifier les échanges avec les parents, faute de quoi leur portée restera réduite à des « gestes techniques ». Le but étant, finalement, d’arriver à élargir progressivement le cadre de la réflexion (pensée globale) en partant d’actions locales.

 

Il ne s’agit en fait que de rechercher des voies pour débloquer la situation actuelle et ouvrir une porte aux transformations profondes de l’ensemble de nos structures d’éducation pour répondre aux graves défis du 21ième siècle.

 

G.H. décembre 2003.

***

Le Collectif pour le Collège Unique a tenu le colloque annoncé dans nos précédentes lettres. Voici les résolutions adoptées à la suite de la deuxième table ronde transmises par Rolande et Raymond Millot.

Colloque sur le collège unique du 13 décembre (suite)

 

« QUE FAIRE ? »

A  / concernant le collectif :  mettre en place un  GROUPE DE   COORDINATION

- se situant dans la perspective de la promotion collective, et de l’éducation tout au long de la vie  en opposition avec les orientations régressives du pouvoir actuel

- visant une transformation, par étapes, du système éducatif  en tenant compte des réalités (état de l’opinion, état du corps enseignant)

- se fixant pour tâche de :

- mettre en forme nos propositions (contenu et stratégie)

- les faire discuter dans diverses instances associatives, syndicales et politiques

- rechercher le dialogue avec les milieux populaires

-  se faire entendre dans les médias

 

B / concernant la transformation par étapes du système éducatif 

1 /COURT TERME

1.1 préparer la transformation des esprits et des pratiques dans l’ensemble  des collège en :

- soutenant la mise en œuvre des IDD comme banc d’essai pour la transdisciplinarité, le travail en équipe, pour redonner du sens au savoir dans l’esprit des élèves 

- incitant à la mise en place du tutorat (si nécessaire à partir de minis collèges ) à une transformation de la vie scolaire dans le sens de la responsabilisation des élèves et de l’apprentissage de la citoyenneté (« le vivre ensemble »)

- proposant des lieux de réflexion,  de proximité, pour la mise en commun de l’expérience en lien avec les associations et initiatives citoyennes locales

- prolongeant cette réflexion dans le cadre de la formation professionnelle continuée (IUFM ?)

 

1.2  explorer avec des volontaires l’hypothèse d’une école fondamentale en :

- multipliant les établissements chargés d’expérimentation ou expérimentaux   travaillant sur tout ou partie des objectifs suivants :

  - modes d’organisation (tutorat, groupes de projet, groupes de besoin, cogestion de la vie scolaire )

  - modes d’évaluation, (auto-évaluation, chef œuvre pédagogique etc…)

  - extension des IDD -   bivalence, polyvalence - 

  - continuités avec l’Ecole Primaire

  - liens avec le lycée professionnel

  - stages intensifs pour la maîtrise du Français (oral, écrit) et de langues étrangères

  - coéducation

  -  projets de production agissant sur l’environnement social culturel et écologique

  -  dispositif d’accompagnement des apprentissages, de l’autodidaxie

Inscrire cette « exploration » dans un dispositif de recherches-action  prenant appui sur l’INRP, l’université, les IUFM, (les IPR ?) et procédant impérativement à des échanges organisés, des communications régulières en direction de l’opinion , une évaluation formative

 

2/ MOYEN TERME

Bilan  des innovations généralisées et de l’expérimentation organisée.

Lancement de débats  locaux, régionaux, nationaux ,  véritables parce que préparés,  portant sur les changements nécessaires et les enjeux sociétaux.

Transformation des programmes  en mettant en synergie les recherches entreprises et une commission des sages (européenne ?)

Redéfinition du statut de l’enseignant, sur la base des nouvelles pratiques expérimentées et  prenant notamment en compte : le travail en équipe, le temps de présence dans l’établissement hors cours (pour travail en équipe, tutorat, relations avec les parents etc…), le partage des responsabilité dans le projet d’établissement …

 

3/ LONG TERME

Refondation de l’enseignement obligatoire ( l’école fondamentale ?) articulé sur un large accord des professionnels et de l’opinion et sur un projet de société.

***

Nous devons la communication du texte suivant à Laurence Baranski, animatrice de l’association INTERACTIONS TP/TS qui nous écrit notamment « Le monde bouge parait-il, "il existe des forces invisibles puissantes émanant de la société civile"... affirmait récemment un journaliste sur France Inter. Parmi elles se trouve… le mouvement Emmaüs. ». Cette déclaration nous invite à situer notre réflexion sur l’éducation en général et l’École en particulier dans un cadre planétaire.

Extraits de la déclaration finale de la 10ème assemblée générale mondiale d’EMMAÜS

Ouagadougou, Burkina Faso 17 au 22 novembre 2003

 

Après plus de cinquante années d'existence et de travail avec et au service des plus souffrants et des plus démunis de la planète, et à travers nos actions, nous faisons le constat suivant :

r        une misère galopante ;

r        un développement des maladies telles que le sida, le paludisme, qui déciment les populations du Sud ;

r        une généralisation des guerres créées, entretenues et soutenues par des puissances extérieures, en lien avec certains pouvoirs locaux et dont les conséquences sont : le nombre accru des réfugiés et des personnes déplacées par suite de guerre, l'enrôlement des enfants soldats, la famine, les assassinats politiques, les assassinats de journalistes et de syndicalistes, etc. ;

r        un pillage systématique des richesses des pays du Sud par des entreprises multinationales ;

r        une concentration des richesses entre les mains d'une poignée de personnes ;

r        une corruption généralisée en lien avec certains dirigeants politiques ;

r        une privatisation sauvage et imposée par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI), à travers les Programmes d'ajustements structurels dont les conséquences sont : les braderies d'entreprises,  d'usines et des services, le chômage et les licenciements, etc. ;

r        un accroissement des terrorismes et des intégrismes religieux de tout bord.

 

Nous dénonçons :

r         les puissances externes et internes qui provoquent et alimentent les guerres (ventes d'armes, trafics divers) ;

r        l'enrôlement des enfants soldats dans les différentes guerres, et toutes les formes modernes d'esclavage : trafic d'êtres humains pour l'exploitation tant sexuelle que dans le domaine du travail, etc. ;

r        les politiques économiques et sociales perverses de la Banque mondiale et d'instances telles que l'Organisation mondiale du commerce (OMC), le FMI et autres programmes d'ajustements structurels ;

r        la mauvaise répartition des richesses de la terre, et surtout la privatisation de l'eau, de l'électricité et des services essentiels de la santé, de l'éducation et de la culture.

 

Nous interpellons :

r        la société civile à plus de responsabilité et d'initiative pour défendre les droits des populations en travaillant en réseau pour une prise de parole politique effective ;

r        les autorités de nos pays respectifs à être nos porte-parole dans les institutions et instances internationales ;

r        l'Organisation des Nations Unies pour le règlement pacifique, juste et équitable des conflits ;

r        l'OMC, la Banque mondiale et le FMI pour la prise en compte des préoccupations des producteurs et des populations, plus particulièrement ceux des pays du Sud et d'Europe de l'Est, et pour un commerce équitable effectif ;

r        les gouvernants du monde pour que cessent les guerres et les ventes d'armes, et pour une meilleure répartition des richesses de la terre.

 

Nous extrayons d’autre part quelques points concernant l’éducation du programme d’action du mouvement EMMAÜS pour les années à venir :

a)       Favoriser à tous les échelons du mouvement des espaces d’expression, de for­mation ainsi que les outils pédagogiques permettant de développer la conscience critique des compagnons et celle du public, en particulier des enfants.

b)       Promouvoir les échanges d’expériences entre les régions Emmaüs ainsi que les partenariats avec d’autres organisations associatives ou publiques qui agissent dans ce domaine.

c)       Créer des pages Internet pour dénoncer les phénomènes de domination sociale et pour proposer des alternatives.

d)       Développer l’éducation et la formation sur la paix et la non-violence en direction des groupes Emmaüs et des jeunes générations du monde entier : acquisition de compétences dans les domaines de la résolution des conflits, du respect des minorités, et des méthodes de non-violence ; diffusion de manuels pédagogiques, tenue de séminaires et d’ateliers de formation à l’échelle locale, nationale, régionale et internationale (avec un objectif de 100 res­pon­sables de groupes Emmaüs sensibilisés d’ici à la prochaine assemblée mondiale), travail en réseau avec d’autres organisations.

L’intégralité de la déclaration et du programme d’Emmaüs est présenté sur le site de REVEIL.

 

Nous ne pouvons que conseiller à nos lecteurs de lire les chapitres 4-1 et 4-2 de la revue virtuelle que l’Université canadienne de Moncton a consacré à la « pédagogie actualisante ». Dans le premier de ces deux chapitres, les auteurs présentent un « portrait de la réalité sociale en ce début du XXIième siècle » qui rejoint tout à fait l’analyse ci-dessus et justifie une  « Éducation à la citoyenneté démocratique dans une perspective planétaire » dont l’une des caractéristiques essentielles est une « pédagogie de la conscientisation et de l’engagement ». Ces textes sont présentés notamment sur :

http://assoreveil.org/peda_actu_4-1.html et http://assoreveil.org/peda_actu_4-2.html .

Nous en donnerons quelques extraits dans la prochaine lettre de Réveil. Ces deux chapitres (33 pages A4) peuvent être envoyés par voie postale aux personnes ne disposant pas d’Internet (merci de joindre une grande enveloppe à votre adresse et cinq euros en timbres pour frais d’impression et d’envoi)

***

S’il est essentiel que tous les mouvements qui partagent ces idées-forces coopèrent au sein de réseaux de réseaux pour arriver à peser sur les pouvoirs en place, aucune transformation sociale profonde ne se fera sans les transformations personnelles qui sont de la responsabilité de chaque être humain. C’est ce que nous rappelle Edgar Morin dans cet extrait d’un entretien qu’il avait eu avec Laurence Baranski en 2000. L’intégralité de ce texte a été publié par la revue TRANSVERSALES et est présenté sur le site de REVEIL à l’adresse :

http://assoreveil.org/edgar-morin-interactions.html

Pas de transformation sociale sans transformation personnelle préalable.

« L’idée d'une réforme de la connaissance, d'une réforme de la pensée, est une idée que je propose depuis longtemps. C'est le projet que l'on retrouve dans La Méthode. Mais je suis de plus en plus convaincu qu'il faut à présent parler d'une réforme de l'esprit (au sens de mind), d'une réforme de “quelque chose” de plus profond, de plus personnel, de plus subjectif : c’est-à-dire, finalement, une réforme de l'être, de nous-mêmes.

Plus précisément, je pars de ce que j'appelle la trinité humaine qui met en évidence que chacun de nous est à la fois “individu”, “partie d'une espèce” et “partie d'une société”. Nous sommes dans la société, mais la société est en nous à travers son langage, ses normes, ses idéologies ; par notre capacité de reproduction, nous permettons à l'espèce de perdurer tout en en faisant partie. Chacun des termes est récursif, c’est-à-dire que chacun génère l'autre et est généré par l'autre ; chacun est à la fois “cause” et “produit”. Ces trois termes sont indissociables, complémentaires, et imbriqués les uns dans les autres.

Dans cette conception, tout ne peut plus être concentré sur la seule réforme sociale : nous devons abandonner cette idée. Toutes les tentatives pour réformer la société à partir des structures ont échoué. Aujourd'hui, tout esprit manichéen, dogmatique ou fanatique va contribuer à quelque chose de pire que ce qu'il combat ; ce type d'approche révolutionnaire pervertit non seulement la révolution elle-même, mais également la société qui en résulte. Ainsi, autant le militant en tant qu'animateur social, qui se dédie à autrui, est nécessaire dans notre société, autant le militant tel que nous l'avons connu me semble aujourd'hui plus néfaste qu'utile. Certes, la réalité étant complexe, certains militants sectaires peuvent aboutir à des actions profitables dans tel ou tel lieu. Pourtant, à un niveau plus fondamental, ce modèle ne convient plus. Compte tenu des trois termes (“individu”, “espèce” et “société”), la réforme doit nécessairement passer par une réforme de l'individu : elle devient ainsi une auto-réforme.

Prenons l'exemple de l'éducation : seuls des esprits déjà réformés peuvent composer une réforme institutionnelle qui, elle-même, permettra de former toujours plus d'esprits réformés ; et s'il n'y a pas, au départ, ces quelques esprits réformés, toutes les réformes échoueront. C'est pour cela que je ne crois absolument plus à des réformes globales décidées par tel ou tel ministre, tout simplement parce que les personnes chargées de les appliquer en seront souvent incapables. En tant qu'adepte de la pensée complexe, je sais qu'il ne suffit pas de brandir le mot “complexité” pour réformer les esprits. Des adeptes peu formés, et inconscients de la complexité que renferme le mot complexité, peuvent faire autant ou plus de bêtises que les autres. La réforme ne peut donc être que profonde. »                                                       

***

Le Café de l’École des Parents et des éducateurs en janvier 2004 :

CYCLE D'ÉCHANGE ET D'INFORMATION AUTOUR DES "ÉCOLES DIFFÉRENTES"
Samedi 10 janvier de 14h à 16h ; 162 boulevard Voltaire 75011 Paris

Quelles relations Élèves - Profs ; quel métier de l'enseignant ? -  le témoignage du Collège-Lycée Expérimental d'Hérouville St Clair (14) - Avec la participation de : Anne-Laure LE GUERN et Etienne SAMSON, Membres de l'équipe de direction du CLE ; Luc RIDEL, Enseignant-Chercheur à l'Université de Paris 7, Robert Yves NOISEL, Parent d'élève et Céline ROUGIE Élève de terminale.

Des membres du Collège Lycée Expérimental d'Hérouville Saint-Clair présenteront leur vision des relations élèves/profs et de leur approche du métier d'enseignant dans cet établissement. Tout en restant dans l'esprit des orientations nationales définissant la mission du collège et du lycée, l'équipe a construit un projet d'éducation globale et vise particulièrement à :

Ø     Prendre l'élève dans sa globalité (son histoire, son environnement, sa scolarité, sa vie sociale) pour favoriser l'appropriation des savoirs

Ø     Favoriser la réussite scolaire mais aussi la construction de projets personnels

Ø     Faire vivre la démocratie par un exercice régulier de la vie démocratique dans toute la communauté éducative.

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La 11e « journée du Sénat » d’Éducation & Devenir, organisée en partenariat avec les CEMEA, le CRAP-cahiers pédagogiques, la FCPE, la PEEP, la ligue de l’enseignement, l’AEF aura lieu le mardi 3 février 2004 au Palais du Luxembourg, sur le thème :

La formation tout au long de la vie : faux consensus et vrais défis

Tous les partenaires sociaux, syndicaux et patronaux, ont signé à l’automne 2003  l’ANI, l’accord national interprofessionnel, qui refonde la formation continue. Tous les parlementaires ont voté, en 2002, la partie du texte de loi « de modernisation sociale » qui créait la VAE, la validation des acquis de l’expérience.

Deux points à propos de ces textes nous obligent à nous interroger. Tout le monde approuve mais les unanimités sont parfois suspectes et personne n’a demandé leur avis aux acteurs de la formation initiale. D’ailleurs ni Luc Ferry ni son prédécesseur Jack Lang n’ont publié le moindre communiqué. Or les deux dispositifs « impactent », comme on le dit vilainement, l’École.

Ce sera le thème des débats de cette 11e journée du Sénat.

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Grenade en février 2004

Nous avons fait partager dans de précédentes lettres, notre découverte du travail de Josette BAÏZ, chorégraphe, dans le quartiers nord de Marseille et d’Aix en Provence. Elle apporte une réponse qui nous semble particulièrement féconde aux questions posées par l’intégration dans une culture commune de la multiplicité culturelle qui, trop souvent apparaît comme un facteur de division sociale. Une visite sur son site Internet permet de se faire une première idée de cette approche originale ! http://www.josette-baiz.com

Le calendrier des représentations données en février par son groupe et sa compagnie est le suivant :

3 février – Blanquefort – ZOOM AVANT par la compagnie Grenade

13 février – Aix en Provence – ZOOM AVANT par la compagnie Grenade

16 et 17 février – Châteauroux – ZOOM et BEST OF par la compagnie et le groupe Grenade

19 et 20 février – BLOIS - ZOOM AVANT par la compagnie Grenade

23 février – ISTRES – Présentation de chantier « TONIGHT » (création 2004) par la compagnie Grenade

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Quelques liens avec d’autres sites Internet :

http://www.groupeclaris.com : Claris a pour objectif de clarifier le débat public sur la sécurité. Composé de psychologues et de sociologues, il entend faire entendre un autre discours sur la délinquance juvénile.

http://www.reseau-ethique-pedagogie.org : il publie notamment une lettre électronique mensuelle, le COMPTOIR AUX IDEES. En décembre, cette lettre a été entièrement consacrée au débat national sur l’École.

http://www.prisme-asso.org : le réseau PRISMES publie également une lettre électronique mensuelle. Ce mois-ci, notamment, un inédit de Pierre Bourdieu écrit en 1989 à propos du voile dit islamique « Un problème peut en cacher un autre ».

http://perso.wanadoo.fr/jacques.nimier : l’éditorial de janvier porte le titre « quelles sciences pour nos jeunes ?». Une réflexion aussi sur « le voile à l’école ou le masque de questions importantes ».

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Quelques rappels…

à cotisation (non obligatoire) et autres !!!

Si vous voulez soutenir notre action.

R.E.V.E.I.L. est une association nationale ouverte aux personnes et  aux associations adhérant à ses statuts (disponibles sur son site Internet – ou sur simple demande à l'association) et notamment à leur article 2. Elle est parrainée par Guy AVANZINI, Pierre-Gilles de GENNES,  Albert JACQUARD, Louis LEGRAND et Jacques PAIN. Le docteur Guy VERMEIL en est le Président d’honneur.

La cotisation annuelle est modeste, presque symbolique : à partir de 10 €, mais elle est indispensable pour que l'association puisse continuer à fonctionner.

Merci aux personnes souhaitant soutenir notre action et, si possible, agir localement dans leur région, en adhérant à R.E.V.E.I.L. (ou en renouvelant leur adhésion pour 2004) de bien vouloir se signaler (chèques au nom de R.E.V.E.I.L. à PERRIER ). Merci aussi et surtout à celles qui nous ont renouvelé leurs encouragements et leur soutien en 2003.

 

La version électronique de la LETTRE DE R.E.V.E.I.L. est diffusée gratuitement sans obligation d'adhésion à l'association. Elle peut être librement rediffusée auprès des personnes et des groupes intéressés. Pour la recevoir directement, il suffit de signaler votre adresse électronique à assoreveil@wanadoo.fr

Si vous n'êtes plus intéressé par cette LETTRE, il suffit de nous en informer par mail ou courrier postal.

 

Prochaine lettre vers fin janvier 2004.

Entre temps, quelques flash possibles selon l'actualité.

Enrichissez cette LETTRE par vos apports, vos questions, vos suggestions…

Contact : assoreveil@wanadoo.fr

Georges HERVE, adresse postale :  rue du Château 63500 PERRIER

 

  Bonne annÉe 2004 !!!

Et que nos projets individuels et collectifs avancent effectivement.



[1] Voir notamment Guy Vermeil, La fatigue scolaire, ESF, 5ième édition 1987 ; Catherine et Guy Vermeil, Lièvres et tortues, Pour une école efficace, Stock, édition refondue en 1999, ainsi que de nombreux articles dont certains sont présentés sur le site Internet de Réveil.

[2] Cycles triennaux en moyenne, dont la durée effective pourrait être adaptée au rythme de progression de chaque élève, le passage d’un cycle à l’autre pouvant se faire à l’occasion de chaque période de congé scolaire.

[3] Accueillant les enfants à partir de leur 3ième anniversaire. C’est un non-sens que de scolariser des bambins de 2 ans dans les conditions actuelles. Par contre, il sera indispensable si on veut véritablement corriger autant que faire se peut les inégalités sociales, de multiplier les crèches prolongées par des jardins d’enfants, surtout en milieu urbain. Crèches et jardins d’enfants associant effectivement les parents à l’éducation des très jeunes enfants. Nous reviendrons sur ce sujet dans une prochaine Lettre.

[4] Quand un ministre s’élève contre la pratique de l’expression par le dessin et la peinture à l’École maternelle, arguant que l’objectif de cette école n’est pas de produire des artistes peintres, on peut sérieusement douter de ses compétences à occuper ce poste de responsabilité.

[5] Cette proposition n’est pas nouvelle : on la trouve déjà dès le début des années 80 dans les écrits du Docteur Guy Vermeil.

[6] En fait, cette classe  forme depuis quelques années un cycle en soi dont la mission est de reprendre et de consolider les acquis scolaires jugés trop fragiles. Mais le collège, par ses structures et sa tradition est mal placé pour remplir cette mission. Rappelons que, jadis, l’entrée au cours complémentaire se faisait après la sixième année d’école primaire (cours supérieur).

[7] Toutes également valorisées et non hiérarchisées

[8] ainsi l’organisation effective de la scolarité en cycles pluriannuels peut conduire à divers types de fonctionnement : un(e) maître(sse) suivant un groupe d’élèves sur plusieurs années ; ou une équipe de trois maître(sse)s travaillant simultanément sur trois classes ; ou une organisation en classes multi-âges… Chacun de ces types favorisant une approche pédagogique différente pourrait, à terme, faire l’objet d’une évaluation mettant en évidence leurs avantages et inconvénients respectifs.

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