LA LETTRE DE R.E.V.E.I.L. N° 10 - 6 – octobre 2006
Sommaire
Constats,
appels à résistance et autres
Lettre
ouverte au Président de la République
L’arbre-enfant,
par Hubert Montagner
L’école
dès deux ans : vraie ou fausse bonne idée ?
Mon
utopie, par Albert Jacquard
Dialogue
N° 121 " Savoirs. Culture de paix de par le monde"
Une
expérience pédagogique fort intéressante:
-
MOI ? RESPONSABLE ? SAMEDI 2 DÉCEMBRE…
La
lettre mensuelle de Prisme : une mine d’informations !
Développer
des compétences relationnelles et sociales
2ème
forum citoyen « Education et territoires »
Cinq
rendez-vous à Paris du 18 octobre au 21 novembre 2006
un
véritable projet POUR l’école rurale
***
Invité sur France Inter lors d’une récente émission d’information matinale, Gilles de Robien a, une fois encore, affirmé que seule la méthode syllabique était désormais admise dans les CP, et que la liberté pédagogique des enseignants ne peut exister que dans le respect des programmes et des instructions ministérielles. Il n’a pas été jusqu’à parler des sanctions qui seraient prises à l’encontre des enseignants récalcitrants, mais a confirmé que, fonctionnaires chargés de faire appliquer les directives officielles, il était inadmissible qu’un Inspecteur primaire prenne publiquement position contre certaines de ses directives. Et d’énumérer ensuite les sanctions encourues : avertissement, blâme, (j’ai oublié les suivantes).
Du reste, il n’y a pas à discuter : les neurosciences ont établi de façon dé-fi-ni-ti-ve que « notre cerveau est fait pour apprendre par é-lé-ments ! » (martelé dans le texte…) Et de préciser, pour ceux qui n’auraient pas compris « d’abord les lettres, puis les syllabes, puis les mots, puis les phrases… ». Chacun sachant que c’est ainsi que les enfants on tout appris : à marcher, à parler, à chanter, à dessiner, etc.
On pourrait être tenté de se moquer de l’affichage d’un tel simplisme si ce genre de discours n’était pas pris pour argent comptant par certains parents non informés, toujours inquiets et prêts à suivre n’importe quel démagogue qui leur promet la lune, qui sont invités à « dénoncer les enseignants qui s’obstineraient à passer par la méthode globale ! »[1]. Le problème est que les médias relaient de plus en plus complaisamment les rodomontades de ce ministre d’autant plus « intéressant » qu’il est en froid avec les dirigeants de son parti, ce qui fait de l’audience. Et que, pour le contrer, il est souvent nécessaire d’entrer dans des explications quelque peu complexes et nuancées, que les médias refusent de diffuser (ce n’est pas vendable !). C’est le cas de plusieurs textes, souvent très bien faits comme ceux que l’on peut lire sur le site d’Education et Devenir http://education.devenir.free.fr/Lecture.htm mais qui ne sont lus que par les enseignants convaincus d’avance.
Il
y a aussi la lettre ouverte adressée au ministre par 13 associations et
syndicats … qui circule, elle aussi en interne mais ne semble pas avoir trouvé
preneur dans les médias nationaux. Elle trouvera sa place sous peu sur le site
de Réveil ainsi qu’un billet d’humeur d’un Inspecteur primaire honoraire, un
texte de notre ami Pierre Badiou, de l’AFL, un autre de Michel Portal et un de Pierre Frackowiak au sujet des entretiens Nathan 2006. (on y trouve entre autres, deux exemples de la prose de Brighelli). A ce
propos, je saisis l’occasion de signaler que divers textes (dont un qui décrit
l’expérience d’une année de travail dans la ligne de l’Association Française de
Lecture en CM1) ont été placés depuis un mois sur notre site : voir les nouveaux textes
signalés su la page d’accueil http://assoreveil.org
Je viens aussi de recevoir copie d’une lettre collective au Président de la République (au sujet des sanctions qui menacent Pierre Frackowiak). Elle figure à la suite de cet « édito » : n’hésitez pas à vous joindre à la liste des signataires en prévenant l’un d’entre eux (alain.sagot@wanadoo.fr ) et de la diffuser dans vos réseaux et parmi vos amis.
Le Professeur Hubert Montagner suggère la tenue d’une conférence de presse pour dégonfler la baudruche et dénoncer la duplicité de Robien (il a eu affaire à lui comme Maire d’Amiens et a eu l’occasion de le connaître !) Jean Roucou (Prismes) serait d’accord : qui encore ? Mais les journaux se déplaceront-ils ? C’est moins tentant sans doute qu’une descente de police dans une cité de banlieue…
Je m’interroge depuis quelque temps sur le fait qu’il est toujours question de la baisse des résultats « depuis trente ans ». Or la méthode globale a été accusée de tous les maux depuis au moins quatre vingt ans : Dottrens écrivaient déjà (pour la défendre) en 1936 : « la globale, cette galeuse ! ». Quand on sait que les attaques actuelles sont dirigées contre la méthode mixte confondue avec la globale, et que cette méthode est de loin la plus employée dans les CP depuis au moins 50 ans, on ne trouve pas d’explication logique à ces « trente ans ». Je lis ici et là que la globale aurait été imposée dans les années 70 : j’étais encore en activité et ai travaillé avec de nombreux CP aussi bien en Alsace qu’en Auvergne, mais je n’ai souvenir que de 2 Institutrices qui pratiquaient la « méthode naturelle » initiée par Freinet (proche de la démarche globale/analytique) – avec de bons résultats d’ailleurs. Il est vrai que la syllabique reculait devant la mixte – mais pas la globale, et cela depuis au moins quarante ans ! Alors, pourquoi 30 ans ? Certains avancent la haine de 68 : mais alors, on est plus proche des 40 que des 30…
Trente ans en arrière, nous sommes en 1976. René Haby met fin aux filières des Collèges d’Enseignement Secondaire (CES créés par Fouché en 66 ou 67 ?) et instaure le Collège unique. Avec les levées de boucliers que l’on sait : pour vous rafraîchir la mémoire, je vous conseille de lire (ou relire) l’article très documenté de Vincent Troger, « la fin du collège unique ?» paru dans la revue Sciences humaines et présenté sur le site de Réveil :
http://assoreveil.org/college_unique_trogger.html (pardon pour l’orthographe déformée du patronyme de l’auteur) : y lire notamment le paragraphe « l’impact des nouveaux modes de consommation », dans lequel l’auteur rappelle les raisons qui ont amené à saboter la réforme Haby et à faire du collège unique un collège introuvable. Et si toute cette agitation n’était là que pour préparer l’opinion à un autre retour à l’école de jadis, à la fin du collège unique et au rétablissement des filières dès la quatrième d’abord puis, progressivement, dès l’entrée au Collège, pour revenir ensuite sur la prolongation de la scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans, à l’apprentissage à 14 ans (tiens, au fait, n’en était-il pas question récemment ?) et enfin à la bonne époque des Lycées réservés aux « bons élèves » ? N’est-ce pas ce que demandait le Club de l’Horloge[2] dès 1984?
20 % des élèves entrant en sixième ne maîtrisent pas la lecture : on ne peut s’en satisfaire, bien sûr, mais remarquons que cela signifie que 80 % de ces collégiens ont convenablement appris à lire avec la « méthode globale », puisque c’est celle que le Ministre dit être massivement employée. Lui imputer les échecs ne doit pas empêcher de reconnaître ses succès !
Justement : une étude réalisée sur
800 000 jeunes hommes et jeunes filles de 17/18 ans au cours de la journée d’appel de
préparation à la défense – JAPD - en 2005, est pleine d’enseignements à ce
sujet. En résumé, je cite : « En
2005, 79,6% des participants à la JAPD sont des lecteurs habiles, alors que
9,5% d’entre eux
constituent un groupe de lecteurs médiocres. Si leur pratique de la lecture n’est pas suffisante, une partie de ces derniers est
susceptible de perdre ses acquis lorsqu’elle aura quitté le système scolaire.
Enfin, 10,9% des jeunes rencontrent des difficultés
de compréhension et pour une partie de ceux-ci – 4,3% de l’ensemble – ces difficultés sont très importantes. »
Il
serait dommage de ne pas lire dans le détail les 6 pages de cette étude. Elle
est présentée sur
http://media.education.gouv.fr/file/01/1/3011.pdf , site officiel du ministère. La comparaison garçons/filles confirme les observations couramment faites, de tous temps, par les enseignants, en les affinant. La taille de l’échantillon sur lequel porte cette étude lui donne un caractère particulièrement solide.
Il serait dommage cependant d’en rester à ce constat mais ce ne sont pas les querelles de méthodes qui permettront de « mieux faire ». Les études ne manquent pas sur les résultats obtenus par telle ou telle méthode, telle ou telle pratique pédagogique, mais on sait que l’équation personnelle de l’enseignant joue un rôle que l’on ne peut ignorer, souvent primordial. Sur les raisons pour lesquelles certains enfants se heurtent à des difficultés pour apprendre à lire, bien des idées circulent, mais elles ne mettent le plus souvent l’accent que sur un ou quelques types de causes. On a souvent vite fait d’évacuer le problème en dégainant le mot « dyslexie » quand on n’invoque pas une « débilité mentale » ou une « maladie héréditaire ». Je crois même avoir lu quelque part qu’on aurait découvert le gène de la dyslexie !!!
Au cours de mes vingt cinq années de travail comme psychologue scolaire et rééducateur psychopédagogique (j’ai tenu à cumuler les deux fonctions) j’ai eu l’occasion de faire de nombreuses remarques « cliniques » qui, malheureusement n’intéressaient pas grand monde. J’ignore le nombre actuel des psychologues scolaires et des rééducateurs psychopédagogiques en fonction actuellement, mais je pense qu’il serait intéressant de leur demander (du moins aux volontaires) de travailler à détecter de façon clinique, prolongée, et non ponctuelle et purement statistique, les obstacles qui handicapent certains enfants, au CP en particulier (au moins, dans un premier temps, avant de rechercher plus en amont et aussi en aval dans des études longitudinales). Ces recherches pourraient être menées en collaboration avec les enseignants de CP et les IEN intéressés, coordonnées au niveau de chaque département ou de chaque région par un ou plusieurs chercheurs des IUFM faisant équipes avec les praticiens. Les matériaux recueillis, sous forme de courtes monographies (mentionnant les essais de compensations tentés et les difficultés rencontrées) feraient alors l’objet d’analyses par ces équipes avant d’être centralisés, par exemple à l’INRP. On pourrait alors espérer dépasser les visions réductrices habituelles (difficultés psychomotrices, handicap socioculturel, problèmes affectifs…) et proposer des voies pédagogiques nouvelles, des mesures à prendre très précocement, ou faire connaître des pratiques déjà utilisées localement et qui permettent de réduire les handicaps.
Je ne pense pas que l’on puisse attendre quelque chose du ministre actuel, mais on peut toujours rêver à l’arrivée d’un responsable plus ouvert en été 2007…
Je répète ce que j’ai écrit à plusieurs reprises déjà – et je sais que je ne suis pas seul à penser ainsi : demandons aux candidats qui brigueront bientôt nos suffrages de s’engager à refuser toute velléité d’une nouvelle réforme de l’école – même la meilleure serait condamnée à échouer dans l’état actuel des choses ! Demandons leur par contre de s’engager à assouplir les structures administratives pour permettre le développement de recherches-actions locales, de les encourager, de leur fournir les moyens nécessaires pour durer, pour coopérer ensemble au niveau du département, de la région, du pays, de mettre en place des moyens d’évaluations honnêtes et détaillés en collaboration avec les personnes engagées dans ces recherches-actions… De relier ces recherches concrètes de terrain avec la formation des jeunes enseignants. La recherche suggérée plus haut pourrait entrer dans ce cadre.
Le champ à explorer est vaste : on ne part pas de rien. Il faut sortir de l’oubli les quelques 80 années de pratiques pédagogiques qui ont ouvert des voies nouvelles, jamais évaluées mais souvent critiquées, parfois condamnées, à toutes les époques. Il faut aussi aller voir ce qui se fait en dehors de la France sans oublier que notre langue n’est ni purement phonétique ni purement idéographique et que telle démarche qui fonctionnera là ne sera pas utilisable ici. Cela demandera du temps : il faut accepter de ne pas vouloir transformer en quelques mois un système scolaire vieux de plus d’un siècle (ah ! cette manie de vouloir attacher son nom à une loi ! Vanitas vanitatum…) ce qui n’empêchera pas de commencer à le faire évoluer, progressivement, par des mesures de bon sens, en étudiant le passé non pour le copier servilement, non pour y revenir,- la société a changé ! les idées aussi ! - mais afin d’en tirer des enseignements utiles pour corriger le présent et préparer l’avenir.
Georges HERVE, octobre 2006
***
|
Alcide CARTON Inspecteur
honoraire de l’Éducation Nationale 39, Rue du Ryonval 62223 SAINT-NICOLAS-LES-ARRAS Tel.
03-21-22-69-49 Mel :: alcide.carton@ac-lille.fr |
Saint-Nicolas-les-Arras, le 16 octobre 2006 à |
Monsieur
Jacques Chirac
Président de la République
Monsieur le Président,
J’ai l’honneur de vous adresser ci-joint un courrier à propos de la situation faite à mon collègue Pierre Frackowiak, Inspecteur de l’Éducation Nationale à Douai.
Un premier collectif de collègues et d’enseignants dont les noms suivent a souhaité se joindre à la signature de cette lettre.
Je compte en adresser un exemplaire à la presse, aux élus et aux organisations syndicales.
Elle sera également l’objet d’une pétition par l’Internet dont je ne manquerai pas de vous tenir informé des résultats.
Je vous prie de croire, Monsieur le Président à l’expression de mon plus profond respect et de ma haute considération.

Liste des premiers
signataires :
Alcide CARTON,
Instituteur de la République, Inspecteur-honoraire, hors-classe,
de l’Éducation Nationale,
Officier
dans l’ordre des Palmes Académiques (Lille)
Louisette Caux Inspectrice hors-classe
de l’EN Officier dans l’ordre des Palmes académiques (Lille)
Jacques Dacquin Inspecteur
honoraire, hors-classe de l’EN Chevalier dans l’ordre du Mérite national,
Officier dans l’ordre des Palmes académiques (Lille)
Jean-Claude
Fauquette IA-DSDEN
honoraire Chevalier
de la Légion d'honneur,
du Mérite national, Commandeur dans l’ordre des Palmes
académiques (Nancy)
Félix Gentili Inspecteur
de l’Éducation Nationale (Lyon)
Alex Giluy Inspecteur
honoraire, hors-classe de l’EN Commandeur dans l’ordre des Palmes
académiques, (Corse)
Médaille
d’or de la Jeunesse et des sports
André Gramain Professeur
des Universités Chevalier
de l'Ordre national du Mérite
Ancien
directeur de l'IUFM de la région Centre
Eugène Lambecq Directeur
d’école d’application honoraire Officier
dans l’ordre des Palmes Académiques (Lille)
René-Louis Le Goff Inspecteur de l’Éducation Nationale (Rennes)
Alain Sagot Inspecteur
honoraire, hors-classe de l’EN Officier dans l’ordre des Palmes académiques (Lille)
Michel Salines IA-DSDEN honoraire Chevalier
de la Légion d'honneur,
du Mérite national, Commandeur dans l’ordre des Palmes
académiques (Paris)
Michel Salingue Instituteur retraité Ancien
Secrétaire Départemental du SNUipp-62 (Lille)
Jean-Marc
Vasseur Inspecteur de l’Éducation
Nationale (Lille)
Lettre ouverte à
Monsieur le Président de la République,
à propos
de la situation de
Monsieur Pierre FRACKOWIAK,
Inspecteur de l’Éducation Nationale à
Douai. (59)
Notre collègue Pierre Frackowiak, Inspecteur de l’Éducation Nationale, fait l’objet d’une « procédure disciplinaire » liée à l’application des nouvelles directives sur l’apprentissage de la lecture.
Cette mesure, annoncée à grand fracas par Monsieur le Ministre de l’Éducation Nationale, concerne bien évidemment tous les inspecteurs, à quelque corps qu’ils appartiennent, mais aussi tous les enseignants et, au-delà, les parents d’élèves et les démocrates sincères de notre République.
Depuis plus d’un siècle, la liberté et la responsabilité du choix des méthodes pédagogiques est reconnue aux enseignants dans le strict respect des programmes et instructions qui fixent les objectifs. C’est cette liberté qui permet les innovations et les progrès. C’est ce que rappelle avec dignité notre collègue, ce à quoi il s’est tenu, et c’est pourquoi il est attaqué.
En s’en prenant à un inspecteur, Monsieur de Robien, Ministre de l’Éducation Nationale, croit pouvoir intimider avant tout les enseignants et les opposer à leurs supérieurs hiérarchiques dont il réduit la mission à celle de simples donneurs d’ordres. Il jette ainsi le discrédit sur toute la profession.
Par nature, l’inspecteur est non seulement le garant de l’application des programmes mais aussi celui du respect et de la promotion des valeurs et des principes de l’école républicaine. Il ne peut exercer sa mission sans la confiance de son ministre ni la garantie de l’indépendance de son jugement et de sa parole. Il n'a ni le pouvoir d'interdire ni celui de prescrire encore moins celui d'autoriser. Cela revient aux directeurs des services (recteur, inspecteurs d’académie). Le seul pouvoir dont il doit disposer est celui d'exercer en toute liberté sa mission vis-à-vis des maîtres qu'il visite, les aidant par ses qualités professionnelles à mieux mesurer l'efficacité de leurs pratiques, et vis-à-vis des autorités, pour guider leurs choix par la qualité de ses analyses et de ses remarques ou propositions. Il tire son autorité de ses qualités intellectuelles, professionnelles et déontologiques et une nation démocratique et sage garantit cette indépendance. C’est ce à quoi s’emploie Pierre Frackowiak, comme la majorité des inspectrices et inspecteurs, et c’est pourquoi il est attaqué.
Le travail que doit mener l’inspecteur avec les maîtres dont il a la responsabilité ne peut consister à donner des ordres ou imposer des méthodes; et l’enseignant ne saurait être ravalé au rang de simple moniteur ou de régent.
C'est le sens du combat que mène notre collègue et c’est la raison pour laquelle l’ensemble de la profession le soutient.
Nous vous demandons, Monsieur le Président de la République, d’être le garant de nos libertés, d’intercéder afin que toute procédure à l’égard de Pierre Frackowiak soit levée et que son honneur d’inspecteur soit préservé. Nous vous demandons également d’user de votre autorité pour que le Ministre de l’Éducation Nationale garantisse les principes de l’école républicaine auxquels nous sommes depuis toujours profondément attachés.
Nous appelons tous les inspecteurs, les enseignants et les défenseurs de notre école républicaine à exprimer leur solidarité avec notre collègue si injustement et démesurément mis en cause. Nous les appelons à se mobiliser à ses côtés pour la dignité de l’ensemble des professions de l’enseignement.
Nous leur proposons de s’associer par leur signature à cette adresse publique.
Saint-Nicolas-les-Arras,
le 16 octobre 2006

Au nom du collectif
Alcide CARTON, Instituteur de la République,
Inspecteur-honoraire, hors-classe, de l’Éducation Nationale,
Officier des Palmes Académiques
***
Une nouvelle approche du développement
de l’enfant, par Hubert Montagner, Odile Jacob,
septembre 2006.
Connu internationalement pour ses travaux sur le développement de la petite enfance, notamment pour les recherches longitudinales très fines qu’il a menées à Besançon, Montpellier et Bordeaux, le Professeur Montagner nous livre ici une synthèse de ses travaux, écrite dans un langage clair, destinée à toutes les personnes soucieuses d’éducation.
Après avoir dénoncé avec vigueur les tendances de certaines technosciences ( les « mécanos de la génétique »[3]) à réduire la personne à un organisme entièrement gouverné par ses gènes, et à ignorer « délibérément la complexité du développement de l’être humain », l’auteur met en lumière « l’imbrication des phénomènes naturels qui orientent et façonnent le petit de l’Homme en cours de construction. » Il utilise la métaphore de l’arbre, symbole de vie mais aussi de liberté, pour insister sur l’importance de l’enracinement affectif primordial indispensable au développement psychologique (dans toutes ses dimensions) et humain de la personne.
L’ouvrage traite d’abord de la vie prénatale, puis des 6 premiers mois de vie, enfin de la période qui va de 6 mois à 3 ans. Il se termine par « un autre regard sur l’arbre enfant ». Dans cette quatrième partie Hubert Montagner expose notamment les conditions nécessaires à assurer la sécurité affective des bébés et des jeunes enfants et développe plusieurs propositions d’innovations souhaitables pour qu’aucun enfant ne soit « laissé en rade ».
Souhaitons avec lui que les « décideurs » qui solliciteront nos suffrages prochainement, lisent ce livre et intègrent ces propositions dans leurs programmes ! Mais comme ils n’ont sans doute pas le temps de lire entre deux prestations médiatiques, si on leur faisait parvenir un résumé succinct de ces propositions ?
***
L’Association pour la Formation
la Recherche l'Enseignement le Soutien Interdisciplinaire
Pour l'Enfant organise une Conférence-Débat
publique organisée Jeudi 16
NOVEMBRE 2006 à 20h
30 Salle de Conférence de l'I.T.S. 8, Cours Léon
Bérard – 64 000 PAU Sur le thème
"L'école dès 2 ans : vraie ou fausse
bonne idée?! "
Les enjeux de l'accueil des enfants de 2 à 3 ans dans des structures réellement adaptées à leurs besoins et particularités.
Cette soirée sera introduite par le Professeur Hubert MONTAGNER Psychophysiologiste, chronobiologiste et spécialiste du développement de l'enfant, Professeur des Universités et Directeur de Recherche à l'INSERM
***
Editions Stock, septembre 2006-10-22
« J'atteins l'âge où proposer une
utopie est un devoir ; l'âge où les époques à venir semblent toutes également
éloignées : qu'elles appartiennent à des siècles lointains ou à de prochaines
décennies, elles sont toutes tapies dans un domaine temporel que je ne
parcourrai pas ; l'âge où la durée qui s'écoule doit être accueillie comme une
alliée si l'on ne veut pas la laisser devenir une ennemie implacable. Il est
donc temps pour moi de décrire un demain souhaitable, sans me laisser engluer
dans les contraintes d'aujourd'hui ou dans les rigidités d'hier. Mais cette
urgence est motivée par de tout autres arguments que mon propre parcours ;
celui de l'humanité subit actuellement une bifurcation radicale. Responsable
politique ou homme de la rue, chacun a conscience d'être emporté dans un
tourbillon qui peut nous conduire au pire. C'est la survie même de notre espèce
qui est en jeu. Elle peut disparaître brutalement dans un accident nucléaire ;
elle peut se laisser sournoisement détruire par son incapacité à reconnaître
les obstacles. Il est temps de repenser les conditions de cette survie. Toutes
les leçons du passé doivent être réinterprétées, les bases de nos raisonnements
être repensées ; ce qui était évidence est devenu erreur. Une métaphore peut
être éclairante, celle du gyroscope des marins (ou tout simplement de la toupie
des enfants). L'inertie du tournoiement de son disque lui permet de garder
durablement une direction fixe. Il est cependant à la merci d'une pichenette
qui peut tout bouleverser ; sa réaction alors est paradoxale : si vous lui
donnez un coup dirigé vers le nord, ce n'est pas vers le nord qu'il s'incline
mais vers l'ouest. La loi de la nature faisant prévoir des effets proportionnels
aux causes semble contredite. Ce n'est qu'une apparence, mais il faut en tenir
compte lorsque l'on veut intervenir. »
Telles sont les premières lignes de cet ouvrage qui, comme tous ceux d’Albert Jacquard parle
autant à notre cœur, à notre sensibilité qu’à notre intelligence.
***
L'éducation nouvelle vit
en travaillant avec d'autres, lointains ou proches depuis leurs expériences,
leurs cheminements en création, leur culture, leur histoire. Elle pose la
question des conditions individuelles et collectives à remplir pour assurer le
développement des sociétés humaines dans une culture de paix.
Pour son numéro
"Savoirs. Culture de paix de par le monde" Dialogue a ouvert ses
colonnes à l'international. Comment articuler éthique et culture de paix avec
des pratiques concrètes d'éducation ? Comment en finir avec l'auto-exclusion, le mesurage forcené de l'être humain, la
servitude… ? Vous y trouverez des pratiques pour enfants et adultes sur
les conceptions de la paix, sur l'extrémisme ; des pratiques en sciences
naturelles, physique, français, arts plastiques, etc. qui cherchent à créer du
sens, à s'enrichir de l'altérité et à complexifier son regard. Vous pourrez
aussi lire l'interview d'une écrivaine et animatrice d'ateliers brésilienne, un
témoignage venu d'Inde après le tsunami ou comment le travail du secteur
philosophie a fait avancer la réflexion sur l'enseignement de la philosophie.
Ce numéro revient
également sur les attaques faites contre le constructivisme, pour comprendre
sur quoi portent les confusions. Il détaille les caractéristiques d'une
recherche en classe pour que le savoir puisse être construit dans une
visée émancipatrice.
Prix (port compris) : 8
euros
A commander au siège du
GFEN - 14 avenue Spinoza - 94200 IVRY SUR SEINE
***
- - La clinique du travail par Dominique Lhuilier, Professeur de psychologie du travail. Comment le stress engendré par le travail peut être diminué.
C’est ce que vous pouvez lire en octobre sur le site: "Les facteurs
humains dans l'enseignement et la formation d'adultes" http://perso.orange.fr/jacques.nimier/
***
Suis-je responsable de ce qui m’arrive ? de ce qui arrive ? C’est le thème principal de la
première rencontre, ouverte à tous, le samedi 2 décembre, à Lyon.
Le matin, de 9h30 à 12h30, on tentera d’éclaircir la question de Ma responsabilité ? :
Suis-je responsable de ce qui m’arrive ? de ce qui arrive aux autres et au monde ?
Si oui, un peu ? beaucoup ? de qui ou de quoi ? et jusqu’où ?
Si non, suis-je responsable de ce que je fais de ce qui (m’)arrive ? …et jusqu’où ?
L’après-midi
(jusqu'à 17h), dans la perspective notamment des prochaines élections, on se
centrera sur Ma responsabilité face à l'État :
Quelles sont mes responsabilités face aux institutions étatiques ? Face à mes représentants ? Face aux lois ? Existe-t-il une responsabilité de désobéissance ? Si oui, dans quelle mesure ? Nous prendrons l'exemple de la Justice, des nouvelles technologies (biométrie, nanotechnologies)… Avec Samuel Foutoyet, membre des associations "Les Renseignements Généreux" et "Survie".
Ouvert à tous. Entrée gratuite (sur inscription préalable).
Renseignements et
inscription : www.c-possible.org/responsable et
responsable_asso@aliceadsl.fr
Responsable (c/o Fred Meyer), 9 rue des Sapins, 68170 RIXHEIM
C’est le Samedi 2 décembre, de 9h30 à 17h, à Lyon-Villeurbanne : Couleurs des Mets, 5 rue Alexandre Boutin (Métro-tram : Charpennes).
Sandwich et repas bio disponibles sur place.
Rencontres suivantes : samedis 17 mars (à Paris) et 2 juin.
***
Chronique d’une
école différente, promue par F. DOLTO : Un film documentaire de Vincent
Blanchet – MK2Docs
En Salles le
29 Novembre 2006 - Sortie DVD le 23 Novembre 2006
Un témoignage sur
les apports de F. DOLTO aux questions éducatives.
l’occasion de balayer certaines interprétations abusives des travaux de la psychanalyste.
Un tournage hors
norme.
deux ans de tournage, 750 heures de rushes et un an de montage, et la participation de Catherine Dolto, Caroline Eliacheff, Michel Plon.
La mise en jeu d’un école différente
la seule à avoir été promue par F. DOLTO, et développant une expérimentation depuis 30 ans
Voici un support de choix, qui alimentera le débat actuel sur l’école.
***
La lettre d’octobre est consultable sur http://www.prisme-asso.org/article.php3?id_article=382
Vous trouverez aussi
toutes les lettres précédentes sur ce même site.
***
Les compétences relationnelles et
sociales expriment la capacité d'une personne à répondre avec efficacité aux
exigences et aux épreuves de la vie quotidienne… C’est la définition donnée par
l’OMS, Organisation Mondiale de la Santé, qui dénombre par ailleurs dix
compétences reconnues comme étant susceptibles d'influer sur la promotion de la
santé et la prévention de la violence chez l’enfant et l’adolescent : savoir
prendre des décisions, savoir résoudre les conflits, avoir une pensée créative,
avoir une pensée critique, savoir communiquer efficacement, savoir gérer son
stress, améliorer ses relations interpersonnelles, avoir conscience de soi,
avoir de l'empathie, savoir gérer ses émotions.
Ces compétences permettent à tout individu de s’épanouir dans sa vie
personnelle, sociale et professionnelle. Chaque compétence se présente comme une
combinaison de connaissances, d’aptitudes et d’attitudes. De nombreuses
études et expérimentations montrent que le renforcement de ces savoir-faire et
de ces savoir-être constitue
la meilleure prévention contre la violence et les conduites addictives.
Le Guide de Ressources 2006-2007 de NON-VIOLENCE ACTUALITÉ propose des outils
et programmes orientés vers ces objectifs. Ainsi, par exemple, la mallette
pédagogique canadienne CONTES SUR MOI, adaptée pour la maternelle et le
primaire, qui est enfin disponible. Vous trouverez également 16 nouveaux jeux
coopératifs ainsi qu’une centaine d’adresses d’organismes de formation à la
gestion des relations et des conflits.
N°288, Septembre-octobre 2006, spécial GUIDE DE
RESSOURCES - Nombreux outils pédagogiques présentés : Jeux coopératifs, livres,
CD, BD, vidéos, DVD, affiches, programmes et mallettes pédagogiques, livres
pour enfants… NON-VIOLENCE ACTUALITÉ, BP 241, 45202 Montargis cedex Tél. 02 38 93
67 22. Fax. 02 38 93 74 72. E-mail : nonviolence.actualite@wanadoo.fr
Site : www.nonviolence-actualite.org
88 pages, 5 euros
***
Une école,
un village, un quartier, l’importance de la proximité
L’école de
proximité est le socle historique de notre système éducatif.
C’est le
cadre le plus performant pour la réussite de tous les élèves.
Elle facilite
les innovations pédagogiques. Elle tisse du lien social.
Or, un
projet ministériel menace de fermeture 15 000 écoles et petits collèges.
Pourtant, des alternatives existent.
Le
Collectif pour la promotion et la défense de l’école publique de proximité
invite les acteurs du territoire et de l’éducation, citoyens, parents, élus,
responsables associatifs et syndicaux, concernés par l’avenir du service public
d’éducation, à des débats à partir des témoignages pluriels de praticiens de
l’école, chercheurs, parents, élus…, tous acteurs et promoteurs de projets
éducatifs cohérents, ouverts sur leur environnement.
Mercredi 18 octobre 2006, 9h30 à 12h30 •
Palais du Luxembourg
Sous le parrainage de Annie David, sénatrice de l’Isère
• Projection-débat sur L’école et son
environnement : freins et leviers pour la mise en œuvre de projets éducatifs
inscrits dans des projets de territoire.
Il sera possible de suivre le débat en direct
et de poser vos questions sur http://ecoledeproximite.free.fr/
et http://www.village.tm.fr/
• Compte-rendu d’une expertise citoyenne sur
le thème des petites structures et de l’école publique de proximité, conférence
de presse.
• Débat-information
sur l’hétérogénéité, un levier pour les apprentissages.
Lundi 20 novembre 2006, 19h-22h • Mairie du 9ème
arrondissement
Sous le parrainage de Jacques Bravo, maire du
9ème arrondissement
• Projection-débat autour de l’éducation,
levier du projet de territoire à partir de « L'Ecole en campagne » de Christian
Tran (2004).
• Débat organisé par l’Association des maires
de France (AMF), sur la présence des services publics en milieu rural ;
développement économique, emploi… Comment assurer l’égalité des chances ?
Le Collectif pour la promotion et la défense
de l’école publique de proximité promeut
l’ouverture d’espaces de débat-information sur les
petites structures multi-âges et le service public
d’éducation. Il s’est constitué en novembre 2004 et rassemble des praticiens
de l’école, chercheurs, parents, élus et autres acteurs de la société civile,
associations, organismes de tous horizons et sensibilités parties prenantes
dans l’organisation de ce forum.
A partir de témoignages vivants, les
membres du collectif valorisent les avancées des textes réglementaires :
- loi d’orientation de 1989
(démarches partenariale et de projet d’établissement ouvert sur son
environnement ; organisation pédagogique multi-âge
des cycles) ;
- circulaire dite « Ségolène
Royal » de 1998 sur les réseaux ruraux d’éducation ;
- étude d’impact de la loi dite
« Dominique Voynet » de 1999)
et les avancées dans les faits :
- fonctionnement d’établissements en
réseau, inscrits dans des projets éducatifs de territoire et associant tous les
partenaires: parents, élus, enseignants, monde associatif .
afin d’entrevoir des alternatives.
Contact, organisation et presse : 06 22 13 57 29 112, cité Forges - 85000 La Roche-sur-Yon.
Mail : ecoledeproximite@yahoo.fr
Internet : http://ecoledeproximite.free.fr
***
élaboré ensemble, par
vous, pour nous, parents, élus, enseignants, militants pédagogiques, associatifs,
syndicaux......
Une rencontre proposée par la Fédération Nationale pour l‘Ecole Rurale (F.N.E.R)
Les 30 et 31 OCTOBRE à MARCQ (Yvelines) avec :
Philippe Meirieu (pédagogue),
Pierre Champollion de l’Observatoire de l’Ecole Rurale,
Fabien Gaveau (historien)
Yves Jean (géographe)
Sylvain Connac (enseignant en classe unique en
ZEP)
Conférences-débats, ateliers...
Renseignements et inscriptions:
04 73 87 14 37 / 06 10 39 74
48
F.N.E.R: http://ecole-rurale.marelle.org
***
à
cotisation (non obligatoire) et autres !!!
Si vous voulez
soutenir notre action.
R.E.V.E.I.L. est une association nationale ouverte aux
personnes et aux associations adhérant à
ses statuts (disponibles sur son site Internet – ou sur simple demande à
l'association) et notamment à leur article 2. Elle est parrainée par Guy
AVANZINI, Pierre-Gilles de GENNES,
Albert JACQUARD, Louis LEGRAND et Jacques PAIN. Son Président d’Honneur
est le Docteur Guy VERMEIL(†).
La
cotisation annuelle est modeste, presque symbolique : à partir de 10 €, mais elle est indispensable pour que
l'association puisse continuer à fonctionner.
Merci aux personnes souhaitant soutenir notre action
et, si possible, agir localement dans leur région, en adhérant à R.E.V.E.I.L.
(ou en renouvelant leur adhésion pour 2006) de bien vouloir se signaler
(chèques au nom de R.E.V.E.I.L. adressé à REVEIL, Centre culturel, 63500 PERRIER ). Merci aussi et surtout à celles qui nous ont
renouvelé leurs encouragements et leur soutien en 2005.
La version électronique
de la LETTRE DE R.E.V.E.I.L. est diffusée gratuitement sans obligation
d'adhésion à l'association. Elle peut être librement rediffusée auprès des
personnes et des groupes intéressés. Pour la recevoir directement, il suffit de
signaler votre adresse électronique à assoreveil@wanadoo.fr
Si vous n'êtes plus intéressé par cette LETTRE, il suffit de nous en
informer par mail ou courrier postal.
***
Prochaine lettre vers la fin novembre 2006.
Entre temps, quelques flash possibles selon
l'actualité.
Enrichissez cette LETTRE par vos apports, vos
questions, vos suggestions…
Contact : assoreveil@wanadoo.fr
Georges HERVE, adresse postale : rue du Château 63500 PERRIER
[1] Nicole Rouaire m’envoie, au moment où je boucle cette lettre, un encart publicitaire payé par SOS Education, paru dans « la Montagne » du 13/10/2006 : les parents ayant un enfant en CP sont invités à dénoncer au 01 45 81 22 67 les enseignants qui n’obéissent pas aux ordres du ministre !!!
[2] Pour mémoire : c’est dans ce club « d’idées » que Bruno Mégret fit ses premières armes en 1975.
[3] A ce sujet, lisez « le vélo, le mur et le citoyen » de Jacques Testard, aux éditions Belin… dont la méthode Boscher fit jadis la fortune…