LA LETTRE DE R

LA LETTRE DE R.E.V.E.I.L.  N°1-2            janvier 2002

 

Sommaire

Ø      Extraits du Manifeste pour un débat public  sur l'École.

Ø      La transmission des savoirs est-elle possible hors de toute éducation morale ?

Ø      Extrait d'un texte de Bernard Charlot,

Ø      Chronique des Livres :

Ø      Préparation du Congrès Pédagogique de l ‘OCCE

Ø      Vers un forum sur l'éducation à Clermont Ferrand…

Ø      QUELQUES RAPPELS…

 

Nouveauté typographique : en principe, si vous cliquez sur l'un des titres ci-dessus, vous accéderez directement au paragraphe concerné.

 

Que ferons-nous de l'année 2002 ?

2001 fut une année "de bruit et de fureur" ; violences tous azimuts, lointaines et proches,  qu'il n'est pas besoin de rappeler : tout le monde les a en mémoire. 2002 ne nous promet pas de jours meilleurs : la paix, la justice, la fraternité auxquelles aspire un grand nombre de femmes et d'hommes,  l'immense majorité sans doute, semblent des idéaux encore inaccessibles. "Aucun processus de paix ne résiste à trois connards énervés" (phrase glanée au "vrai journal" du 13 janvier). Peut-on espérer qu'un jour la fraternité l'emporte sur la haine imbécile ?

Nous sommes quelques-uns, chaque jour un peu plus nombreux, espérons-le, à croire que l'éducation peut jouer un rôle essentiel  pour faire émerger un peu plus d'humanité.  Puisse 2002 nous voir tous poursuivre, chacun avec ses moyens, là où nous sommes, les actions dans lesquelles nous nous sommes engagés pour que l'École remplisse mieux son rôle. Puisse 2002 nous éviter de céder au découragement et, pour cela, être "l'an 1 de la coopération", du moins entre nous, déjà.

2002 sera aussi l'an 1 d'un nouveau quinquennat en France : quinquennat présidentiel et législatif. La classe politique n'a pas attendu les débuts officiels des campagnes électorales pour en découdre : spectacle souvent affligeant. L'éducation ne figure pas parmi les thèmes réputés "porteurs de voix", pour l'instant. Invités à une table ronde lors de la journée d'études organisée par D.E.I.-France, aucun des responsables de groupes politiques n'a jugé utile de se déplacer.

En ce mois de janvier, plusieurs initiatives convergent pour tenter d'initier un vrai débat public sur l'école" : c'est notamment le but visé par le Manifeste signé par 22 personnalités… (voir ci-après).

REVEIL tente de mettre sur pied un FORUM REGIONAL SUR L'ÉDUCATION à CLERMONT FERRAND pour les 25 et 26 mai prochain. Le moins qu'on puisse dire est que les partenaires régionaux pressentis ne montrent pas un empressement très vif… Patientons encore ! D'autres manifestations suivront, espérons-le, pour tenter d'animer des débats à la base : seule une action de très longue haleine,  aura quelque chance d'aboutir un jour… Pourquoi toujours attendre pour commencer ?

                                                                                                                      G.H. 15 janvier 02

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Extraits du Manifeste pour un débat public  sur l'École.

Collectif – éd. La découverte janvier 2002

 

Ce Manifeste, signé par 22 personnalités du monde enseignant principalement, doit être lancé dans les prochains jours  : souhaitons qu'il ait un certain impact sur le contenu des prochaines campagnes électorales…

 

" 2002 : élections présidentielle et législative. Autant d’occasion de dresser des bilans, d’ouvrir de nouvelles perspectives, de bâtir des projets… Autant d’occasion de débattre, sur le fond ? Dans le champ de l’éducation et de la formation, on peut craindre malheureusement, de devoir se contenter des habituelles polémiques assorties d’anathèmes réciproques, des traditionnelles envolées lyriques sans rapport au réel, des petites phrases choc, un peu creuses mais si médiatique, alors que serait tellement nécessaire une discussion argumentée, raisonnée, qui prenne enfin le temps des nuances, et permette au citoyen de se forger une opinion qui ne soit pas entièrement biaisée par son expérience personnelle.

………

Arrêtons de faire semblant ! À l’école, tout le monde est égal, mais certains sont plus égaux que d’autres. Ceux qui en connaissent les rouages savent profiter au mieux du système. Malgré les ZEP, on est loin de l’équité sociale : dans les faits, on donne plutôt plus à ceux qui ont déjà plus… Les programmes sont-ils faits pour tous les élèves ou seulement pour la minorité qui peut suivre vraiment ? Quelle place donnée aux familles ? Pas seulement ce qui arrange l’institution scolaire…

……..

Paroles, paroles…Et si on appliquait les textes existants ? Les « moyens » sont toujours insuffisants, mais leur insuffisance peut servir d’alibi pour ne pas mettre en œuvre des réformes ou des innovations. Quelles priorités se fixe-t-on vraiment ? Et comment faire pour rendre plus efficace l’utilisation des moyens présents ?

………

Prof, un métier à réinventer ! Le métier d’enseignant change et doit changer. Nécessité de réformer le recrutement, la formation, à concevoir comme continue tout le long de la carrière. Nécessité aussi de redéfinir le service des enseignants. En finir avec les fausses oppositions entre maîtrise des connaissances disciplinaires et savoir-faire pédagogiques. Le renouvellement du corps enseignant : une chance à ne pas manquer…

……..

Les savoirs citoyens nécessaires. L’école ne forme pas seulement à des savoirs disciplinaires, mais doit aider le futur citoyen à se construire. Les manières d’enseigner et de travailler ne sont pas neutres. Les dispositifs innovants, souvent motivants et riches, sont marginalisés. Il est indispensable d’articuler un socle de compétences essentielles, à redéfinir, avec la reconnaissance des talents les plus divers. Et pas seulement en paroles. Là encore, l’intendance doit suivre…

…….

Examens, des clefs pour un changement. En finir avec la survalorisation des examens. Inventer de nouvelles manières d’évaluer toutes les compétences des élèves, leviers pour changer l’enseignement secondaire et en particulier le collège.

…….

La démocratie, ça s’apprend ! L’école doit être un lieu où on apprend à débattre, à accepter des règles, à dépasser les particularismes. La laïcité reste une notion fondamentale, mais il s’agit surtout de lutter contre les emprises idéologiques les plus diverses. L’école, plus que jamais se doit d’être un lieu d’ouverture aux autres et d’articulation entre les particularités de chacun et les exigences d’universalité.

Mais aussi un lieu où l’exercice par chacun de ses responsabilités permet de mieux vivre et travailler ensemble.

……….

Éducation permanente. Le temps de l’école doit être resitué dans une perspective de formation tout au long de la vie. Depuis l’accueil de la petite enfance jusqu’à celui des adultes à l’université, une réflexion doit être menée pour prendre en compte cette nouvelle donne. Il est vital de s’appuyer sur l’expérience de l’éducation populaire. On en arrive à la conclusion que l’éducation permanente pour tous ouvre d’autres perspectives à la formation dans le temps scolaire.

…..

Conclusion : Chaque année, le Parlement consacre des dizaines d’heures de débats aux questions relatives à la chasse. Peut-être serait-il utile que les élus s’intéressent autant au sort de leurs enfants qu’à celui des bêtes à poils et à plumes.

Nous avons tenté de décortiquer dans ce petit ouvrage le mode de fonctionnement du système éducatif actuel, nous avons mis en évidence sa complexité, ses faiblesses, la nécessité de réformes effectives. Nous avons surtout mis en avant les faux semblants et les inconséquences sur lesquelles repose en grande partie un système qui évolue moins vite qu’on ne le souhaiterait et surtout qu’il serait nécessaire."

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Une éducation morale est-elle encore possible aujourd'hui ?

La transmission des savoirs est-elle possible hors de toute éducation morale ?

Telle était la question que nous posions dans la LETTRE d'octobre 2001 (n°10). Les auteurs du MANIFESTE POUR UN DEBAT PUBLIC SUR L'ÉCOLE viennent d'apporter une réponse que nous ferons sûrement nôtre lorsqu'ils écrivent :

"Instruire et socialiser

L’instruction, mais oui, reste la mission première de l’école, pour permettre à chaque enfant, à chaque jeune, d’accéder aux connaissances, et en particulier à celles qui sont indispensables à l’« honnête homme » du XXIe siècle Oui, il y a des savoirs fondamentaux que tout élève devrait avoir acquis à la fin de la scolarité obligatoire, que ce soit dans le domaine des connaissances (cela va de quelques pages de La Fontaine ou de Molière aux grands moments de la Révolution française, du théorème de Pythagore aux concepts de base de la génétique…) ou dans le domaine des savoir-faire (savoir prendre des notes, effectuer une recherche documentaire, présenter un exposé, etc.). L’école a aussi pour vocation de mettre en appétit, de susciter l’envie de continuer à apprendre, dans un monde où les savoirs anciens sont continuellement remis en cause. La formation des jeunes se continuera tout au long de leur vie.

Cependant, il est artificiel de couper l’instruction de l’éducation, car toute transmission de savoirs est aussi transmission de valeurs.[1] La transmission de savoirs peut s’opérer de manière « descendante » et reposer sur une autorité que les élèves n’ont pas le droit de contester - c’est le clerc qui impose sa parole. Cette transmission peut aussi s’insérer dans une perspective humaniste - le maître apprenant à ses élèves à effectuer un certain nombre de travaux intellectuels, comme le compagnon guide ses apprentis dans leurs efforts, en favorisant au maximum leur autonomie. L’enseignant, en fonction de ses options personnelles, peut aussi favoriser l’individualisme, la compétition pour être le « premier » de la classe, et le mépris des « mauvais », ou bien, en multipliant les travaux collectifs, promouvoir l’entraide et la coopération entre les élèves. Deux types d’éducations différentes, pour deux modèles de société opposés. Ceux-ci, cependant, ne sont pas toujours explicites. Car dans nos sociétés, les valeurs démocratiques sont revendiquées haut et fort par l’immense majorité, que ce soit sincèrement ou non. Mais la défense de l’élitisme est souvent masquée et d’autant plus insidieuse. Quel enseignant avouera aujourd’hui qu’il cherche à former des élèves obéissants, soumis à la hiérarchie, et en compétition frontale les uns avec les autres pour obtenir le meilleur diplôme, viatique pour la richesse ? Un discours intenable. Un système de valeurs très répandu pourtant au sein du milieu enseignant. La pression « évaluatrice », les « classements », les systèmes souvent invisibles de « distinction » (entre sections nobles et « inférieures », lorsqu’on dit « si tu ne travailles pas, tu iras en lycée professionnel », par exemple), autant de façons d’alimenter et de renforcer ces valeurs négatives que, pourtant, beaucoup d’enseignants rejettent.

Comme on ne peut opposer instruction et éducation, il serait absurde enfin de mettre en balance acquisition des connaissances et socialisation. L’école permet d’accéder à une culture nationale, à vocation universelle. Mais l’accès à cette culture n’est possible, dans les faits, que si un cadre de travail adéquat existe, si les établissements scolaires, correctement insérés dans leur environnement, sont des lieux de vie organisés, réglés, des lieux où l’on peut effectivement consacrer son énergie à apprendre."

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Extrait d'un texte de Bernard Charlot,

 (Professeur de SCIENCES DE L'ÉDUCATION à Paris 8), rédigé à la suite du Forum Mondial sur l'Education qui s'est tenu du 24 au 27 octobre 2001 à Porto Alegre) :

Parmi "les principes de base et propositions pour l'éducation dans une société et un monde plus solidaires, plus démocratiques, plus égalitaires, plus justes", on relève notamment :

" une éducation à la citoyenneté et à la paix, qui développe la conscience des droits et devoirs du citoyen, qui construit des sentiments d'appartenance, qui ouvre l'enfant sur sa culture mais aussi sur d'autres cultures, qui éduque à la tolérance et à la gestion des désaccords et des antagonismes par la parole et le débat et non par la violence, qui permet de surmonter l'abandon, la pulvérisation relationnelle et la violence diffuse engendrés par une urbanisation sans repères et sans accompagnement éducatif ; l'enseignement des langues étrangères doit contribuer à cette éducation à la paix (certains, lors du FME, ont insisté sur l'enseignement de l'esperanto comme instrument d'éducation à la rencontre de l'autre et à la paix).

Une telle éducation suppose de repenser et souvent de transformer beaucoup de pratiques pédagogiques actuelles[2]. Il ne s'agit pas seulement de défendre l'école publique mais aussi de la transformer, parfois profondément, pour qu'elle ne soit plus un lieu d'échec pour les enfants appartenant aux couches sociales, aux communautés et aux cultures les plus fragiles. Le droit à l'éducation n'est pas simplement le droit d'aller à l'école, c'est le droit à l'appropriation effective des savoirs, à des savoirs qui fassent sens et non à de simples informations délivrées par le maître ou trouvées sur Internet, c'est le droit à l'activité intellectuelle, à l'expression, à l'imaginaire et à l'art, à la maîtrise de son corps, à la compréhension de son environnement naturel et social, c'est le droit aux repères qui permettent de construire ses rapports au monde, aux autres et à soi-même. Il faut reconnaître que les pratiques pédagogiques actuellement dominantes sont loin d'assurer toujours le respect de ces droits et engager une transformation en profondeur de l'école publique. Une transformation qui atteste de sa capacité à transmettre un patrimoine, à répondre aux défis du présent et du futur et à se renouveler elle-même.

Cette transformation doit être accompagnée par une formation des enseignants elle-même profondément transformée et par la recherche. Elle implique le respect de principes d'organisation démocratiques : organisation du curriculum par cycles pluri-annuels plutôt que par classes d'une durée d'un an (en prenant garde que des pratiques correspondant à cette organisation par cycles soient mises en place)2 ; gestion démocratique et participative des établissements (avec participation des élèves eux-mêmes, de représentants des parents, de représentants de la communauté) ; réunions régulières entre enseignants et développement de pratiques pédagogiques en équipe et interdisciplinaires.

Ce texte est consultable dans son intégralité sur le site Internet de l"Appel pour une école démocratique" (APED) à l'adresse suivante : http://users.skynet.be/aped . Il peut également être transmis soit par mail soit par courrier postal sur demande adressée à REVEIL.


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Chronique des Livres :

Ce mois-ci, un livre de Julien DRAY, État de violence, éditions n°1, avril 1999, 217 pages

 

Cet ouvrage a été choisi ce mois-ci parce que, comme on le sait, Julien DRAY vient d'être chargé par le gouvernement de préparer un rapport sur l'insécurité. C'est un problème qu'il connaît bien, étant député de l'Essonne. Ce département du sud-est de la région parisienne était, jusqu'aux années soixante, une jolie campagne de villages, de coteaux, de châteaux. C'est devenu une zone-dortoir, poussée trop vite, et constamment traversée de méfaits commis par des bandes de jeunes au milieu de grands ensembles déshumanisés. Julien DRAY s'occupe de cette douloureuse situation depuis une quinzaine d'années et a déjà remis, en 1999, un rapport sur la violence des jeunes en banlieue.

"État de violence" traite du sujet sous onze aspects différents. L'école est le premier, suivi de la famille, la culture (de la violence), la cité-ghetto, les transports (de la peur), l'économie (misère, drogue), la police (ou la "lointaine proximité"), le jugement (ou combattre la récidive)…

En 1999, il expose que l'urgence a exposé, en onze ans, que nous avons mis en place des systèmes clos chargés de contenir la violence plutôt que de la résoudre (prisons, collèges, lycées, banlieues…) et qu'il règne le silence écrasant de l'inefficacité devant la logique mafieuse et l'économie parallèle. A cela il oppose le devoir des politiques de voir et de batailler, en rassemblant la collectivité toute entière.

Le citoyen, écrit-il, a le droit de vivre en paix, mais aussi le devoir de participer à la sécurité de sa cité. Pour lui, lutter contre la violence, c'est s'attaquer au modèle social qui la produit. Ce modèle aurait pour seule valeur : l'argent.

La violence est favorisée par l'utopie architecturale qui a créé des monstres inhabitables. Il dénonce, dans la ligne de son parti, la gauche socialiste, le pragmatisme avide et inopérant de nos solutions. Il lie violence et ultra-libéralisme, considère, comme beaucoup, que, puisque l'ascenseur social est en panne, on ne voit guère où seraient les bonnes motivations (ce qui est contestable) et que la base saine pour la résolution de la violence est une dynamique sociale.

Venons-en aux propositions pour l'école, du moins les plus originales. Ce sont : des "parrains" (pour le soutien scolaire), l'inclusion de parents et de normaliens dans les garderies, la création d'internats "d'excellence pédagogique" pour soustraire les plus influençables à leur milieu ; en primaire, un meilleur suivi médical et psychologique, associant parents ou personnes influentes ; une "cellule sociale" par école ; l'autogestion du cadre de vie (avec des parents, d'anciens élèves) ; davantage de fêtes, de reconnaissance du mérite… Au total, que l'école rayonne sur la cité au lieu de s'en couper. Qu'elle soit un lieu de rencontres et non un lieu de danger ; que ceci soit obtenus grâce à divers suivis.

Naturellement, ces remèdes sont déjà appliqués ici ou là. L'intérêt est sans doute qu'ils soient réunis et préconisés vigoureusement et ceci par un élu.

L'auteur est une personne engagée qui n'et pas exempte de présupposés idéologiques, par exemple, le collège "gare de triage au lieu voie de réussite pour tous", les "principes archaïques de sélection des élites" qui auraient la vie dure. Certains accusent notre enseignement actuel exactement du contraire, par exemple Xavier Darcos. Il répète parfois des slogans tels que "l'école n'est plus adaptée aux nouveaux publics" , "il faut juger l'élève sur ce qu'il est et non sur ce qu'il n'est pas", sans chercher à concilier ce bon principe avec la notion de programme obligatoire ; ou "les savoirs fondamentaux… ne sont pas toujours au niveau de la classe où se trouve l'élève" – alors, pourquoi y est-il ?

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Rappelons pour terminer les propositions qu'il vient de transmettre au parti socialiste, dans le cadre du volet "sécurité" du Projet 2002 ; et que celui-ci a entérinées. Elles s'appuient sur trois principes : la précocité (prévention), l'intensité (mobiliser tous moyens), la continuité.

Concernant l'école, il souhaite un dépistage systématique des troubles du comportement chez l'enfant, les internats pédagogiques pour les élèves en rupture, des sanctions qui seraient des travaux d'intérêt éducatif plutôt que des exclusions. Pour aider les familles, il propose des "écoles des parents", ce qui semble une excellente initiative. Par ailleurs, bien sûr, le développement des maisons de jeunes et des éducateurs de rue. Au point de vue de la justice, il se prononce – entre autres – en faveur du recrutement de 10 000 "adultes –relais" pour la mise en œuvre de mesures socio-éducatives, et la création de petites unités spécifiques lorsque la détention des mineurs est nécessaire. Elles devraient être doublées de "plates-formes locales d'insertion" près de chaque prison. Il faut savoir que l'ancien village rural de Fleury-Mérogis où j'allais me promener dans ma jeunesse est devenu le lieu de la grande centrale que l'on sait… Julien DRAY est donc bien situé au cœur des choses.

Sylvaine MARANDON, Bordeaux.                  

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Préparation du Congrès Pédagogique de l ‘OCCE

La Parole de l’élève

Arras 10 et 11 juin 2002

APPEL A CONTRIBUTION ECRITE

Le thème du congrès pédagogique qui se tiendra à Arras dans le Pas de Calais les 10 et 11 juin 2002 est centré sur la Parole de l’élève.

Partant du rapport de l’Inspection générale de septembre 1999, qui constate que « s’interroger sur l’oral, c’est  aussitôt  s’interroger sur les raisons que l’on a de s’exprimer[…]et que[…]l’une des raisons des insuffisances du système éducatif dans le secteur de l’oral, c’est sans doute, le profond scepticisme des élèves quand à la nécessité même de communiquer[…] » nous voudrions mettre en évidence que la question de «la parole de l’élève» est effectivement à envisager à la fois sous l’angle de la finalité de la parole dans le cadre scolaire et sous celui du statut de l’apprenant. 

La parole de l’élève ne doit pas être instrumentalisée à des seules fins de contrôle ou d’évaluation des connaissances scolaires (ce qu’elle est la plupart du temps dans la classe où l’élève n’est souvent invité à parler que pour répondre à des questions de l’enseignant).

La parole est un acte social qui n’a de sens que s’il se situe dans le cadre d’une véritable expression ou communication reconnaissant aux élèves un  statut d’acteur.

Nous souhaitons mettre en évidence que la parole de l’élève doit être envisagée, dans le cadre scolaire, sous d’autres finalités que cette seule  finalité d’évaluation.

Pour nous, la parole de l’élève est à envisager sous une triple finalité.

Celle tout d’abord de l’expression de soi 

La parole est un acte d’expression de soi, une prise de risque, un véhicule qui sert à pénétrer le monde, un vecteur d’émotion, d’affirmation de soi et de découverte des autres.

La parole doit aider l’enfant à affirmer ce qu’il est, à se découvrir au milieu des autres, à prendre conscience de son identité.

Je m’exprime, c’est-à-dire que je fais sortir ce qui est en moi : mes émotions, mes sentiments, mes convictions, mais cette expression dans la classe, est un acte social, elle est présentée aux autres, se confronte à celle des  autres.

Cette expression/confrontation m’amène à mieux me connaître, à reconnaître l’Autre comme un autre moi-même à la fois identique et différent.

C’est cette parole qui aide à Me construire.

Comme le souligne A.Touraine « l’école doit faire dialoguer les élèves (…) pour manier la langue nationale et être capable de percevoir l’Autre ce qui est la condition d’une vie en commun. »

Celle ensuite de la médiation, de la socialisation

La parole est envisagée ici comme celle qui permet la production de normes sociales, de règles, de lois… Celle qui permet de prendre des décisions.

C’est la parole qui me permet de m’opposer à l’autre de façon non violente, c’est celle qui me permet de m’exprimer en respectant des règles, des conventions.

Parole échange, confrontation, interactive, sociale… c’est elle qui  nous permet de vivre ensemble.

Elle est ici vecteur d’apprentissages relationnels et sociaux.

Celle enfin de l’apprentissage

La parole à l’école est à la fois un  objet d’apprentissage  et un outil au service des apprentissages.

Objet d’apprentissage elle prend le nom  « d’oral ». Il s’agit ici d’apprendre à communiquer et/ou à s’exprimer « convenablement ».  

Outil d’apprentissage, c’est elle qui permet d’apprendre à l’Autre, par l’Autre et avec l’autre.

C’est elle qui permet de structurer la pensée.

La parole est ici alors un vecteur d’apprentissages cognitifs, métacognitifs, méthodologiques, philosophiques.

 

Appel à contribution

 

Pour contribuer à alimenter notre réflexion, nous aider à la structurer, nous avons besoin de vous.

Nous souhaiterions que vos contributions s’articulent autour de l’un des trois axes du Congrès.

Pour guider votre contribution vous, pouvez si vous le souhaitez, vous servir des questions  ci-dessous qui vous sont proposées à titre indicatif.

NB : Vous pouvez bien entendu défendre un point de vue qui ne rentre pas dans « le cadre » de réflexion qui est le nôtre..

1. Comment la parole de l’élève à l’école peut-elle à la fois contribuer à la construction de la personnalité, de l’identité de chacun et à la découverte de l’Autre ?

- Comment cette expression individuelle est elle possible dans une classe, un établissement ?

- Quelles conditions, quelles organisations pédagogiques, quelles activités scolaires permettent-elles une expression vraie de soi ?

2. A quelles conditions la parole de l’élève est-elle réellement un acte de production de normes sociales? 

- Autour de quels projets ?

- Quel changement de posture ou de statut de l’enseignant, de l’enfant,  cela implique-t-il ?

3. Comment la parole est-elle dans la classe à la fois un objet d’apprentissage et un vecteur d’apprentissage ?

- Quelles conditions, quels apprentissages spécifiques, pour apprendre à apprendre avec les Autres ?

- Comment articuler apprentissage de la langue, expression, communication,

 

Nous vous demandons de nous faire parvenir vos contributions écrites

(10 000 signes maximum)

 aux adresses suivantes :

E-mail : congres@occe.net  (dans le corps du message ou en pièce jointe au format Windows Word)

Courrier : Fédération OCCE, A l’attention de Pascal d’ANTONI, 101 bis, rue du Ranelagh,

75016 PARIS   (sur disquette PC)

avant le 15 mai 2002 afin qu’elles puissent être compilées pour le Congrès.

Ces contributions pourront être consultées sur le site fédéral à l’adresse :

http://www.occe.net     section : Actions - Congrès

D’avance merci !

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Vers un forum sur l'éducation à Clermont Ferrand…

Le projet d'organiser un forum régional sur l'éducation à Clermont Ferrand les 25 et 26 mai prochain tient toujours, même si les réponses des associations et groupes de la région sont encore rares. D'autres associations fédérées par "Ensemble Changeons l'École" envisagent d'organiser des manifestations plus ou moins semblables dans leurs régions au cours de cette deuxième quinzaine de mai. Des précisions seront diffusées au fur et à mesure qu'elles parviendront à REVEIL. D'autres actions sont également programmées pour les prochaines semaines sur un plan national. Vous serez, bien sûr, les premiers informés et … sollicités.

 

Concernant le forum auvergnat (au sens large), voici l'organisation proposée à nos partenaires co-organisateurs : chaque association pourra se présenter, préciser ses objectifs, sa "philosophie", ses projets et réalisations en matière d'éducation ou dans des domaines touchant l'éducation. A cet effet, il sera bon qu'elles constituent et tiennent un "stand" dans un endroit ouvert (forum = place) durant les deux jours : lieu de rencontres et d'échanges libres et informels.

Parallèlement, dans une ou des salles attenantes, des débats pourront être organisés sur des thèmes précis choisis par tous les organisateurs. Le but de ces débats est de conduire les participants, à partir de préoccupations qui pourront être très quotidiennes, à s'interroger sur les finalités d'une éducation répondant aux besoins de nos concitoyens jeunes et moins jeunes, à notre époque, et aux idéaux démocratiques que nous affichons tous, en général. Puis à réexaminer la question des moyens et des pratiques à la lumière de ces finalités redéfinies.

 

Diverses fédérations et associations ont été contactées dans les départements d'Auvergne et ceux qui touchent la région : mouvements pédagogiques, associations d'éducation populaire, associations de parents, de familles… Nous souhaitons aussi, si cela était possible, voir des associations de jeunes être parmi les co-organisateurs.

 

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QUELQUES RAPPELS…

à cotisation (non obligatoire) et autres !!!

Si vous voulez soutenir notre action.

R.E.V.E.I.L. est une association nationale ouverte aux personnes et  aux associations adhérant à ses statuts (disponibles sur son site Internet – ou sur simple demande à l'association) et notamment à leur article 2. Elle est parrainée par Guy AVANZINI, Pierre-Gilles de GENNES,  Albert JACQUARD, Louis LEGRAND et Jacques PAIN.

La cotisation annuelle est modeste, presque symbolique : à partir de 7,62 €, mais elle est indispensable pour que l'association puisse continuer à fonctionner.

Merci aux personnes souhaitant soutenir notre action et, si possible, agir localement dans leur région, en adhérant à R.E.V.E.I.L. (ou en renouvelant leur adhésion pour 2002) de bien vouloir se signaler (chèques au nom de R.E.V.E.I.L. à PERRIER ). Merci aussi et surtout à celles qui nous ont renouvelé leurs encouragements et leur soutien en ce début 2002.

 

La version électronique de la LETTRE DE R.E.V.E.I.L. est diffusée gratuitement sans obligation d'adhésion à l'association. Elle peut être librement rediffusée auprès des personnes et des groupes intéressés. Pour la recevoir directement, il suffit de signaler votre adresse électronique à reveil.perrier@wanadoo.fr

Si vous n'êtes plus intéressé par cette LETTRE, il suffit de nous en informer par mail ou courrier postal.

***

Je vous rappelle l'adresse actuelle de notre site Internet :

http://www.multimania.com/assoreveil

Ce site sera prochainement transféré sur le site de la fédération "ENSEMBLE, CHANGEONS L'ÉCOLE" en voie de réalisation. Sa nouvelle adresse vous sera aussitôt communiquée. Il restera cependant encore consultable durant quelques semaines à son adresse actuelle.

 

Deux ou trois fois par mois, au moins, le site s'enrichit, notamment de vos envois. Faites-le connaître à vos amis !

Un excellent texte sur les DEVOIRS A LA MAISON de notre ami Raymond Millot s'ajoute aux précédents "arguments".

 

LA BOÏTE A OUTILS.

est ouverte sur le site de R.E.V.E.I.L.

Y figurent pour l'instant quelques fiches de travail individuel pour entraîner les enfants à mesurer des longueurs, quelques fiches pouvant orienter des expérimentations scientifiques et un 'truc' pour aider aux bons réflexes orthographiques.

Cette boîte à outils s'enrichira des apports de tous : elle sera une manifestation concrète et tangible de l'esprit de coopération et d'entraide qui nous anime.

***

Prochaine lettre vers la fin février 2002.

Entre temps, quelques flash possibles selon l'actualité.

Enrichissez cette LETTRE par vos apports, vos questions, vos suggestions…

Contact : reveil.perrier@wanadoo.fr

Georges HERVE, adresse postale :  rue du Château 63500 PERRIER

 



[1] C'est nous qui soulignons

[2] souligné par REVEIL

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