LA LETTRE DE R.E.V.E.I.L. N°1-2 – janvier 2002
Sommaire
Ø
Extraits du
Manifeste pour un débat public sur
l'École.
Ø La transmission des savoirs est-elle possible hors de
toute éducation morale ?
Ø Extrait d'un texte de Bernard Charlot,
Ø Préparation du Congrès Pédagogique de l ‘OCCE
Ø Vers un forum sur l'éducation à Clermont Ferrand…
Nouveauté typographique : en principe, si vous cliquez
sur l'un des titres ci-dessus, vous accéderez directement au paragraphe
concerné.
Que ferons-nous de l'année 2002 ?
2001 fut une année "de
bruit et de fureur" ; violences tous azimuts, lointaines et proches, qu'il n'est pas besoin de rappeler : tout le
monde les a en mémoire. 2002 ne nous promet pas de jours meilleurs : la paix,
la justice, la fraternité auxquelles aspire un grand nombre de femmes et d'hommes, l'immense majorité sans doute, semblent des
idéaux encore inaccessibles. "Aucun processus de paix ne résiste à trois
connards énervés" (phrase glanée au "vrai journal" du 13
janvier). Peut-on espérer qu'un jour la fraternité l'emporte sur la haine
imbécile ?
Nous
sommes quelques-uns, chaque jour un peu plus nombreux, espérons-le, à croire
que l'éducation peut jouer un rôle essentiel
pour faire émerger un peu plus d'humanité. Puisse 2002 nous voir tous poursuivre, chacun avec ses moyens, là
où nous sommes, les actions dans lesquelles nous nous sommes engagés pour que
l'École remplisse mieux son rôle. Puisse 2002 nous éviter de céder au
découragement et, pour cela, être "l'an 1 de la coopération", du
moins entre nous, déjà.
2002
sera aussi l'an 1 d'un nouveau quinquennat en France : quinquennat présidentiel
et législatif. La classe politique n'a pas attendu les débuts officiels des
campagnes électorales pour en découdre : spectacle souvent affligeant.
L'éducation ne figure pas parmi les thèmes réputés "porteurs de
voix", pour l'instant. Invités à une table ronde lors de la journée
d'études organisée par D.E.I.-France, aucun des responsables de groupes
politiques n'a jugé utile de se déplacer.
En
ce mois de janvier, plusieurs initiatives convergent pour tenter d'initier un
vrai débat public sur l'école" : c'est notamment le but visé par le
Manifeste signé par 22 personnalités… (voir ci-après).
REVEIL
tente de mettre sur pied un FORUM REGIONAL SUR L'ÉDUCATION à CLERMONT FERRAND
pour les 25 et 26 mai prochain. Le moins qu'on puisse dire est que les
partenaires régionaux pressentis ne montrent pas un empressement très vif…
Patientons encore ! D'autres manifestations suivront, espérons-le, pour tenter
d'animer des débats à la base : seule une action de très longue haleine, aura quelque chance d'aboutir un jour…
Pourquoi toujours attendre pour commencer ?
G.H.
15 janvier 02
***
Collectif – éd. La
découverte janvier 2002
Ce Manifeste, signé par
22 personnalités du monde enseignant principalement, doit être lancé dans les
prochains jours : souhaitons qu'il ait
un certain impact sur le contenu des prochaines campagnes électorales…
" 2002 :
élections présidentielle et législative. Autant d’occasion de dresser des
bilans, d’ouvrir de nouvelles perspectives, de bâtir des projets… Autant
d’occasion de débattre, sur le fond ? Dans le champ de l’éducation et de
la formation, on peut craindre malheureusement, de devoir se contenter des
habituelles polémiques assorties d’anathèmes réciproques, des traditionnelles
envolées lyriques sans rapport au réel, des petites phrases choc, un peu
creuses mais si médiatique, alors que serait tellement nécessaire une
discussion argumentée, raisonnée, qui prenne enfin le temps des nuances, et
permette au citoyen de se forger une opinion qui ne soit pas entièrement
biaisée par son expérience personnelle.
………
Arrêtons
de faire semblant ! À
l’école, tout le monde est égal, mais certains sont plus égaux que d’autres.
Ceux qui en connaissent les rouages savent profiter au mieux du système. Malgré
les ZEP, on est loin de l’équité sociale : dans les faits, on donne plutôt
plus à ceux qui ont déjà plus… Les programmes sont-ils faits pour tous les élèves
ou seulement pour la minorité qui peut suivre vraiment ? Quelle place
donnée aux familles ? Pas seulement ce qui arrange l’institution scolaire…
……..
Paroles,
paroles…Et si on appliquait les
textes existants ? Les « moyens » sont toujours insuffisants,
mais leur insuffisance peut servir d’alibi pour ne pas mettre en œuvre des
réformes ou des innovations. Quelles priorités se fixe-t-on vraiment ? Et
comment faire pour rendre plus efficace l’utilisation des moyens
présents ?
………
Prof,
un métier à réinventer ! Le métier
d’enseignant change et doit changer. Nécessité de réformer le recrutement, la
formation, à concevoir comme continue tout le long de la carrière. Nécessité
aussi de redéfinir le service des enseignants. En finir avec les fausses
oppositions entre maîtrise des connaissances disciplinaires et savoir-faire
pédagogiques. Le renouvellement du corps enseignant : une chance à ne pas
manquer…
……..
Les
savoirs citoyens nécessaires. L’école
ne forme pas seulement à des savoirs disciplinaires, mais doit aider le futur
citoyen à se construire. Les manières d’enseigner et de travailler ne sont pas
neutres. Les dispositifs innovants, souvent motivants et riches, sont
marginalisés. Il est indispensable d’articuler un socle de compétences
essentielles, à redéfinir, avec la reconnaissance des talents les plus divers.
Et pas seulement en paroles. Là encore, l’intendance doit suivre…
…….
Examens,
des clefs pour un changement. En
finir avec la survalorisation des examens. Inventer de nouvelles manières
d’évaluer toutes les compétences des élèves, leviers pour changer
l’enseignement secondaire et en particulier le collège.
…….
La
démocratie, ça s’apprend ! L’école
doit être un lieu où on apprend à débattre, à accepter des règles, à dépasser
les particularismes. La laïcité reste une notion fondamentale, mais il s’agit
surtout de lutter contre les emprises idéologiques les plus diverses. L’école,
plus que jamais se doit d’être un lieu d’ouverture aux autres et d’articulation
entre les particularités de chacun et les exigences d’universalité.
Mais
aussi un lieu où l’exercice par chacun de ses responsabilités permet de mieux
vivre et travailler ensemble.
……….
Éducation
permanente. Le temps de l’école
doit être resitué dans une perspective de formation tout au long de la vie.
Depuis l’accueil de la petite enfance jusqu’à celui des adultes à l’université,
une réflexion doit être menée pour prendre en compte cette nouvelle donne. Il
est vital de s’appuyer sur l’expérience de l’éducation populaire. On en arrive
à la conclusion que l’éducation permanente pour tous ouvre d’autres
perspectives à la formation dans le temps scolaire.
…..
Conclusion : Chaque année, le
Parlement consacre des dizaines d’heures de débats aux questions relatives à la
chasse. Peut-être serait-il utile que les élus s’intéressent autant au sort de
leurs enfants qu’à celui des bêtes à poils et à plumes.
Nous
avons tenté de décortiquer dans ce petit ouvrage le mode de fonctionnement du
système éducatif actuel, nous avons mis en évidence sa complexité, ses
faiblesses, la nécessité de réformes effectives. Nous avons surtout mis en
avant les faux semblants et les inconséquences sur lesquelles repose en grande
partie un système qui évolue moins vite qu’on ne le souhaiterait et surtout
qu’il serait nécessaire."
***
Une éducation morale est-elle encore possible
aujourd'hui ?
Telle était la question que nous posions dans la LETTRE d'octobre 2001 (n°10). Les auteurs du MANIFESTE POUR UN DEBAT PUBLIC SUR L'ÉCOLE viennent d'apporter une réponse que nous ferons sûrement nôtre lorsqu'ils écrivent :
"Instruire et socialiser
L’instruction, mais oui, reste la mission première de
l’école, pour permettre à chaque enfant, à chaque jeune, d’accéder aux
connaissances, et en particulier à celles qui sont indispensables à
l’« honnête homme » du XXIe siècle Oui, il y a des savoirs
fondamentaux que tout élève devrait avoir acquis à la fin de la scolarité
obligatoire, que ce soit dans le domaine des connaissances (cela va de quelques
pages de La Fontaine ou de Molière aux grands moments de la Révolution
française, du théorème de Pythagore aux concepts de base de la génétique…) ou
dans le domaine des savoir-faire (savoir prendre des notes, effectuer une
recherche documentaire, présenter un exposé, etc.). L’école a aussi pour
vocation de mettre en appétit, de susciter l’envie de continuer à apprendre,
dans un monde où les savoirs anciens sont continuellement remis en cause. La
formation des jeunes se continuera tout au long de leur vie.
Cependant, il est artificiel de couper l’instruction de l’éducation, car toute transmission de savoirs est aussi transmission de valeurs.[1] La transmission de savoirs peut s’opérer de manière « descendante » et reposer sur une autorité que les élèves n’ont pas le droit de contester - c’est le clerc qui impose sa parole. Cette transmission peut aussi s’insérer dans une perspective humaniste - le maître apprenant à ses élèves à effectuer un certain nombre de travaux intellectuels, comme le compagnon guide ses apprentis dans leurs efforts, en favorisant au maximum leur autonomie. L’enseignant, en fonction de ses options personnelles, peut aussi favoriser l’individualisme, la compétition pour être le « premier » de la classe, et le mépris des « mauvais », ou bien, en multipliant les travaux collectifs, promouvoir l’entraide et la coopération entre les élèves. Deux types d’éducations différentes, pour deux modèles de société opposés. Ceux-ci, cependant, ne sont pas toujours explicites. Car dans nos sociétés, les valeurs démocratiques sont revendiquées haut et fort par l’immense majorité, que ce soit sincèrement ou non. Mais la défense de l’élitisme est souvent masquée et d’autant plus insidieuse. Quel enseignant avouera aujourd’hui qu’il cherche à former des élèves obéissants, soumis à la hiérarchie, et en compétition frontale les uns avec les autres pour obtenir le meilleur diplôme, viatique pour la richesse ? Un discours intenable. Un système de valeurs très répandu pourtant au sein du milieu enseignant. La pression « évaluatrice », les « classements », les systèmes souvent invisibles de « distinction » (entre sections nobles et « inférieures », lorsqu’on dit « si tu ne travailles pas, tu iras en lycée professionnel », par exemple), autant de façons d’alimenter et de renforcer ces valeurs négatives que, pourtant, beaucoup d’enseignants rejettent.
Comme on ne peut opposer instruction et éducation, il
serait absurde enfin de mettre en balance acquisition des connaissances et
socialisation. L’école permet d’accéder à une culture nationale, à vocation
universelle. Mais l’accès à cette culture n’est possible, dans les faits, que
si un cadre de travail adéquat existe, si les établissements scolaires,
correctement insérés dans leur environnement, sont des lieux de vie organisés,
réglés, des lieux où l’on peut effectivement consacrer son énergie à apprendre."
***
(Professeur de SCIENCES DE L'ÉDUCATION à
Paris 8), rédigé à la suite du Forum Mondial sur l'Education qui s'est tenu du
24 au 27 octobre 2001 à Porto Alegre) :
Parmi
"les principes de base et propositions pour l'éducation dans une société
et un monde plus solidaires, plus démocratiques, plus égalitaires, plus
justes", on relève notamment :
"
une éducation à la citoyenneté et à la paix, qui développe la conscience des
droits et devoirs du citoyen, qui construit des sentiments d'appartenance, qui
ouvre l'enfant sur sa culture mais aussi sur d'autres cultures, qui éduque à la
tolérance et à la gestion des désaccords et des antagonismes par la parole et
le débat et non par la violence, qui permet de surmonter l'abandon, la
pulvérisation relationnelle et la violence diffuse engendrés par une
urbanisation sans repères et sans accompagnement éducatif ; l'enseignement des
langues étrangères doit contribuer à cette éducation à la paix (certains, lors
du FME, ont insisté sur l'enseignement de l'esperanto comme instrument
d'éducation à la rencontre de l'autre et à la paix).
Une
telle éducation suppose de repenser et souvent de transformer beaucoup de
pratiques pédagogiques actuelles[2]. Il ne s'agit pas seulement de défendre l'école
publique mais aussi de la transformer, parfois profondément, pour qu'elle ne
soit plus un lieu d'échec pour les enfants appartenant aux couches sociales,
aux communautés et aux cultures les plus fragiles. Le droit à l'éducation n'est
pas simplement le droit d'aller à l'école, c'est le droit à l'appropriation
effective des savoirs, à des savoirs qui fassent sens et non à de simples
informations délivrées par le maître ou trouvées sur Internet, c'est le droit à
l'activité intellectuelle, à l'expression, à l'imaginaire et à l'art, à la
maîtrise de son corps, à la compréhension de son environnement naturel et
social, c'est le droit aux repères qui permettent de construire ses rapports au
monde, aux autres et à soi-même. Il faut reconnaître que les pratiques
pédagogiques actuellement dominantes sont loin d'assurer toujours le respect de
ces droits et engager une transformation en profondeur de l'école publique. Une
transformation qui atteste de sa capacité à transmettre un patrimoine, à
répondre aux défis du présent et du futur et à se renouveler elle-même.
Cette transformation doit être accompagnée par une formation des enseignants elle-même profondément transformée et par la recherche. Elle implique le respect de principes d'organisation démocratiques : organisation du curriculum par cycles pluri-annuels plutôt que par classes d'une durée d'un an (en prenant garde que des pratiques correspondant à cette organisation par cycles soient mises en place)2 ; gestion démocratique et participative des établissements (avec participation des élèves eux-mêmes, de représentants des parents, de représentants de la communauté) ; réunions régulières entre enseignants et développement de pratiques pédagogiques en équipe et interdisciplinaires.
Ce texte est consultable dans
son intégralité sur le site Internet de l"Appel pour une école
démocratique" (APED) à l'adresse suivante : http://users.skynet.be/aped . Il peut
également être transmis soit par mail soit par courrier postal sur demande
adressée à REVEIL.
***
Ce mois-ci, un livre de Julien DRAY, État de
violence, éditions n°1, avril 1999, 217
pages
Cet ouvrage a été choisi ce mois-ci parce que, comme
on le sait, Julien DRAY vient d'être chargé par le gouvernement de préparer un
rapport sur l'insécurité. C'est un problème qu'il connaît bien, étant député de
l'Essonne. Ce département du sud-est de la région parisienne était, jusqu'aux
années soixante, une jolie campagne de villages, de coteaux, de châteaux. C'est
devenu une zone-dortoir, poussée trop vite, et constamment traversée de méfaits
commis par des bandes de jeunes au milieu de grands ensembles déshumanisés.
Julien DRAY s'occupe de cette douloureuse situation depuis une quinzaine
d'années et a déjà remis, en 1999, un rapport sur la violence des jeunes en
banlieue.
"État de violence" traite du sujet sous onze
aspects différents. L'école est le premier, suivi de la famille, la culture (de
la violence), la cité-ghetto, les transports (de la peur), l'économie (misère,
drogue), la police (ou la "lointaine proximité"), le jugement (ou
combattre la récidive)…
En 1999, il expose que l'urgence a exposé, en onze
ans, que nous avons mis en place des systèmes clos chargés de contenir la
violence plutôt que de la résoudre (prisons, collèges, lycées, banlieues…) et
qu'il règne le silence écrasant de l'inefficacité devant la logique mafieuse et
l'économie parallèle. A cela il oppose le devoir des politiques de voir et de
batailler, en rassemblant la collectivité toute entière.
Le citoyen, écrit-il, a le droit de vivre en paix,
mais aussi le devoir de participer à la sécurité de sa cité. Pour lui, lutter
contre la violence, c'est s'attaquer au modèle social qui la produit. Ce modèle
aurait pour seule valeur : l'argent.
La violence est favorisée par l'utopie architecturale
qui a créé des monstres inhabitables. Il dénonce, dans la ligne de son parti,
la gauche socialiste, le pragmatisme avide et inopérant de nos solutions. Il
lie violence et ultra-libéralisme, considère, comme beaucoup, que, puisque
l'ascenseur social est en panne, on ne voit guère où seraient les bonnes
motivations (ce qui est contestable) et que la base saine pour la résolution de
la violence est une dynamique sociale.
Venons-en aux propositions pour l'école, du moins les
plus originales. Ce sont : des "parrains" (pour le soutien scolaire),
l'inclusion de parents et de normaliens dans les garderies, la création
d'internats "d'excellence pédagogique" pour soustraire les plus
influençables à leur milieu ; en primaire, un meilleur suivi médical et
psychologique, associant parents ou personnes influentes ; une "cellule
sociale" par école ; l'autogestion du cadre de vie (avec des parents,
d'anciens élèves) ; davantage de fêtes, de reconnaissance du mérite… Au total,
que l'école rayonne sur la cité au lieu de s'en couper. Qu'elle soit un lieu de
rencontres et non un lieu de danger ; que ceci soit obtenus grâce à divers
suivis.
Naturellement, ces remèdes sont déjà appliqués ici ou
là. L'intérêt est sans doute qu'ils soient réunis et préconisés vigoureusement
et ceci par un élu.
L'auteur est une personne engagée qui n'et pas exempte
de présupposés idéologiques, par exemple, le collège "gare de triage au
lieu voie de réussite pour tous", les "principes archaïques de
sélection des élites" qui auraient la vie dure. Certains accusent notre
enseignement actuel exactement du contraire, par exemple Xavier Darcos. Il
répète parfois des slogans tels que "l'école n'est plus adaptée aux
nouveaux publics" , "il faut juger l'élève sur ce qu'il est et non
sur ce qu'il n'est pas", sans chercher à concilier ce bon principe avec la
notion de programme obligatoire ; ou "les savoirs fondamentaux… ne sont
pas toujours au niveau de la classe où se trouve l'élève" – alors,
pourquoi y est-il ?
******
Rappelons pour terminer les propositions qu'il vient
de transmettre au parti socialiste, dans le cadre du volet "sécurité"
du Projet 2002 ; et que celui-ci a entérinées. Elles s'appuient sur trois
principes : la précocité (prévention), l'intensité (mobiliser tous moyens), la
continuité.
Concernant l'école, il souhaite un dépistage
systématique des troubles du comportement chez l'enfant, les internats
pédagogiques pour les élèves en rupture, des sanctions qui seraient des travaux
d'intérêt éducatif plutôt que des exclusions. Pour aider les familles, il
propose des "écoles des parents", ce qui semble une excellente
initiative. Par ailleurs, bien sûr, le développement des maisons de jeunes et
des éducateurs de rue. Au point de vue de la justice, il se prononce – entre
autres – en faveur du recrutement de 10 000 "adultes –relais" pour la
mise en œuvre de mesures socio-éducatives, et la création de petites unités
spécifiques lorsque la détention des mineurs est nécessaire. Elles devraient
être doublées de "plates-formes locales d'insertion" près de chaque
prison. Il faut savoir que l'ancien village rural de Fleury-Mérogis où j'allais
me promener dans ma jeunesse est devenu le lieu de la grande centrale que l'on
sait… Julien DRAY est donc bien situé au cœur des choses.
Sylvaine MARANDON, Bordeaux.
***
La
Parole de l’élève
Arras
10 et 11 juin 2002
APPEL A CONTRIBUTION ECRITE
Le thème du congrès
pédagogique qui se tiendra à Arras dans le Pas de Calais les 10 et 11 juin 2002
est centré sur la Parole de l’élève.
Partant du rapport de
l’Inspection générale de septembre 1999, qui constate que « s’interroger sur l’oral, c’est aussitôt
s’interroger sur les raisons que l’on a de s’exprimer[…]et que[…]l’une
des raisons des insuffisances du système éducatif dans le secteur de l’oral,
c’est sans doute, le profond scepticisme des élèves quand à la nécessité même
de communiquer[…] » nous voudrions mettre en évidence que la question de
«la parole de l’élève» est effectivement à envisager à la fois sous
l’angle de la finalité de la parole dans le cadre scolaire et sous celui
du statut de l’apprenant.
La
parole de l’élève ne doit pas être instrumentalisée à des seules fins de
contrôle ou d’évaluation des connaissances scolaires (ce qu’elle est la plupart
du temps dans la classe où l’élève n’est souvent invité à parler que pour
répondre à des questions de l’enseignant).
La
parole est un acte social qui n’a de sens que s’il se situe dans le cadre d’une
véritable expression ou communication reconnaissant aux élèves un statut d’acteur.
Nous
souhaitons mettre en évidence que la parole de l’élève doit être envisagée,
dans le cadre scolaire, sous d’autres finalités que cette seule finalité
d’évaluation.
Pour
nous, la parole de l’élève est à envisager sous une triple finalité.
Celle
tout d’abord de l’expression de soi
La
parole est un acte d’expression de soi, une prise de risque, un véhicule qui
sert à pénétrer le monde, un vecteur d’émotion, d’affirmation de soi et de
découverte des autres.
La
parole doit aider l’enfant à affirmer ce qu’il est, à se découvrir au milieu
des autres, à prendre conscience de son identité.
Je m’exprime, c’est-à-dire que je fais sortir ce qui est en moi : mes émotions, mes sentiments, mes convictions, mais cette expression dans la classe, est un acte social, elle est présentée aux autres, se confronte à celle des autres.
Cette
expression/confrontation m’amène à mieux me connaître, à reconnaître l’Autre
comme un autre moi-même à la fois identique et différent.
C’est
cette parole qui aide à Me construire.
Comme
le souligne A.Touraine « l’école doit faire dialoguer les élèves (…)
pour manier la langue nationale et être capable de percevoir l’Autre ce qui est
la condition d’une vie en commun. »
Celle
ensuite de la médiation, de la socialisation
La
parole est envisagée ici comme celle qui permet la production de normes
sociales, de règles, de lois… Celle qui permet de prendre des décisions.
C’est
la parole qui me permet de m’opposer à l’autre de façon non violente, c’est
celle qui me permet de m’exprimer en respectant des règles, des conventions.
Parole
échange, confrontation, interactive, sociale… c’est elle qui nous permet de vivre ensemble.
Elle
est ici vecteur d’apprentissages relationnels et sociaux.
Celle
enfin de l’apprentissage
La
parole à l’école est à la fois un objet d’apprentissage et un
outil au service des apprentissages.
Objet
d’apprentissage elle prend le nom « d’oral ». Il s’agit
ici d’apprendre à communiquer et/ou à s’exprimer « convenablement ».
Outil
d’apprentissage, c’est elle qui permet d’apprendre à l’Autre, par l’Autre et
avec l’autre.
C’est
elle qui permet de structurer la pensée.
La
parole est ici alors un vecteur d’apprentissages cognitifs, métacognitifs,
méthodologiques, philosophiques.
Appel à contribution
Pour contribuer à
alimenter notre réflexion, nous aider à la structurer, nous avons besoin de
vous.
Nous souhaiterions que
vos contributions s’articulent autour de l’un des trois axes du Congrès.
Pour guider votre
contribution vous, pouvez si vous le souhaitez, vous servir des questions ci-dessous qui vous sont proposées à titre
indicatif.
NB : Vous pouvez bien entendu défendre un point de
vue qui ne rentre pas dans « le cadre » de réflexion qui est le
nôtre..
1. Comment la parole
de l’élève à l’école peut-elle à la fois contribuer à la construction de la
personnalité, de l’identité de chacun et à la découverte de l’Autre ?
- Comment cette expression individuelle est elle
possible dans une classe, un établissement ?
- Quelles conditions,
quelles organisations pédagogiques, quelles activités scolaires
permettent-elles une expression vraie de soi ?
2. A quelles
conditions la parole de l’élève est-elle réellement un acte de production de
normes sociales?
- Autour de quels
projets ?
- Quel changement de
posture ou de statut de l’enseignant, de l’enfant, cela implique-t-il ?
3. Comment la parole
est-elle dans la classe à la fois un objet d’apprentissage et un vecteur
d’apprentissage ?
- Quelles conditions,
quels apprentissages spécifiques, pour apprendre à apprendre avec les
Autres ?
- Comment articuler
apprentissage de la langue, expression, communication,
Nous vous demandons de nous faire parvenir vos
contributions écrites
(10 000 signes maximum)
aux adresses
suivantes :
E-mail :
congres@occe.net (dans le corps du message ou en pièce jointe
au format Windows Word)
Courrier :
Fédération OCCE, A l’attention de Pascal d’ANTONI, 101 bis, rue du Ranelagh,
75016 PARIS (sur disquette PC)
avant le 15 mai 2002 afin qu’elles puissent être compilées pour le
Congrès.
Ces contributions pourront être consultées sur le site
fédéral à l’adresse :
http://www.occe.net
section : Actions - Congrès
D’avance merci !
***
Le projet d'organiser un
forum régional sur l'éducation à Clermont Ferrand les 25 et 26 mai prochain
tient toujours, même si les réponses des associations et groupes de la région
sont encore rares. D'autres associations fédérées par "Ensemble Changeons
l'École" envisagent d'organiser des manifestations plus ou moins
semblables dans leurs régions au cours de cette deuxième quinzaine de mai. Des
précisions seront diffusées au fur et à mesure qu'elles parviendront à REVEIL.
D'autres actions sont également programmées pour les prochaines semaines sur un
plan national. Vous serez, bien sûr, les premiers informés et … sollicités.
Concernant
le forum auvergnat (au sens large), voici l'organisation proposée à nos partenaires
co-organisateurs : chaque association pourra se présenter, préciser ses
objectifs, sa "philosophie", ses projets et réalisations en matière
d'éducation ou dans des domaines touchant l'éducation. A cet effet, il sera bon
qu'elles constituent et tiennent un "stand" dans un endroit ouvert
(forum = place) durant les deux jours : lieu de rencontres et d'échanges libres
et informels.
Parallèlement,
dans une ou des salles attenantes, des débats pourront être organisés sur des
thèmes précis choisis par tous les organisateurs. Le but de ces débats est de
conduire les participants, à partir de préoccupations qui pourront être très
quotidiennes, à s'interroger sur les finalités d'une éducation répondant aux
besoins de nos concitoyens jeunes et moins jeunes, à notre époque, et aux
idéaux démocratiques que nous affichons tous, en général. Puis à réexaminer la
question des moyens et des pratiques à la lumière de ces finalités redéfinies.
Diverses
fédérations et associations ont été contactées dans les départements d'Auvergne
et ceux qui touchent la région : mouvements pédagogiques, associations
d'éducation populaire, associations de parents, de familles… Nous souhaitons
aussi, si cela était possible, voir des associations de jeunes être parmi les
co-organisateurs.
***
à cotisation
(non obligatoire) et autres !!!
Si vous voulez
soutenir notre action.
R.E.V.E.I.L.
est une association nationale ouverte aux personnes et aux associations adhérant à ses statuts
(disponibles sur son site Internet – ou sur simple demande à l'association) et
notamment à leur article 2. Elle est parrainée par Guy AVANZINI, Pierre-Gilles
de GENNES, Albert JACQUARD, Louis LEGRAND
et Jacques PAIN.
La cotisation
annuelle est modeste, presque symbolique : à partir de 7,62 €, mais elle est indispensable pour que l'association
puisse continuer à fonctionner.
Merci aux
personnes souhaitant soutenir notre action et, si possible, agir localement
dans leur région, en adhérant à R.E.V.E.I.L. (ou en renouvelant leur adhésion
pour 2002) de bien vouloir se signaler (chèques au nom de R.E.V.E.I.L. à
PERRIER ). Merci aussi et surtout à celles qui nous ont renouvelé leurs
encouragements et leur soutien en ce début 2002.
La version électronique de la LETTRE DE R.E.V.E.I.L.
est diffusée gratuitement sans obligation d'adhésion à l'association. Elle peut
être librement rediffusée auprès des personnes et des groupes intéressés. Pour
la recevoir directement, il suffit de signaler votre adresse électronique à reveil.perrier@wanadoo.fr
Si vous n'êtes plus intéressé par
cette LETTRE, il suffit de nous en informer par mail ou courrier postal.
***
Je
vous rappelle l'adresse actuelle de notre site Internet :
http://www.multimania.com/assoreveil
Ce site sera prochainement transféré sur le site de la fédération
"ENSEMBLE, CHANGEONS L'ÉCOLE" en voie de réalisation. Sa nouvelle
adresse vous sera aussitôt communiquée. Il restera cependant encore consultable
durant quelques semaines à son adresse actuelle.
Deux ou trois fois
par mois, au moins, le site s'enrichit, notamment de vos envois.
Faites-le connaître à vos amis !
Un excellent texte
sur les DEVOIRS A LA MAISON de notre ami Raymond Millot s'ajoute aux précédents
"arguments".
LA BOÏTE A OUTILS.
est ouverte sur le site de R.E.V.E.I.L.
Y figurent pour l'instant quelques fiches de travail individuel pour
entraîner les enfants à mesurer des longueurs, quelques fiches pouvant orienter
des expérimentations scientifiques et un 'truc' pour aider aux bons réflexes
orthographiques.
Cette boîte à outils s'enrichira des apports de tous : elle sera une
manifestation concrète et tangible de l'esprit de coopération et d'entraide qui
nous anime.
***
Prochaine lettre vers la fin février 2002.
Entre temps, quelques flash possibles selon
l'actualité.
Enrichissez cette LETTRE par vos apports, vos
questions, vos suggestions…
Contact : reveil.perrier@wanadoo.fr
Georges HERVE, adresse postale : rue du Château 63500 PERRIER