“Il nous faut apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons périr ensemble comme des imbéciles”
Martin Luther KING
(1929-1968)
Mais voici que, depuis quelque temps, le mot
fraternité apparaît dans certains discours contemporains, dans des
contextes très divers. On trouve ainsi « La finalité de
l’économie n’est pas uniquement de produire du profit.
C’est aussi de créer une société plus humaine, plus
fraternelle [2]»,
ou « Pour une société plus juste et plus
fraternelle…[3] »
ou encore «
Mais qu’entend-on – et surtout que n’entend-on pas – par « fraternité » ?
Si l’on se reporte à ce qu’en
écrit le collectif « Appel à la fraternité »,
porteur de la « grande cause nationale Fraternité »
de 2004, « il s’agit en particulier de promouvoir les valeurs
d’écoute, d’entraide et de respect, et de valoriser les
initiatives concourant à redonner un sens concret au vouloir-vivre-ensemble…
La convivialité est un préalable indispensable à la
fraternité… » D’où l’idée
d’une Journée de
Sans doute l’urbanisation croissante
entraînée par la révolution industrielle dès les
débuts du 19e siècle, accélérée
au cours de la seconde moitié du 20e siècle, a-t-elle
distendu les liens de proximité, familiaux ou non. Les
solidarités de proximité, traditionnelles dans
L’histoire de la devise républicaine peut-elle nous éclairer sur le sens qu’il convient de donner au mot fraternité ?
Nombre de frontons de nos édifices publics arborent, depuis plus d’un siècle, les trois mots de la devise républicaine, Liberté, Egalité, Fraternité. Cette devise est souvent associée à la « déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen décrétés par l’Assemblée nationale le vingt six août 1789 et acceptés par le Roi »[7]. Or, si l’article premier de cette déclaration affirme bien que « les hommes naissent libres et égaux en droits », l’article deux précise que ces « droits naturels et imprescriptibles » sont « la liberté, la propriété[8], la sûreté et la résistance à l’oppression ». L’ensemble de la déclaration précise les différentes implications de ces droits. Nulle part il n’est question de cette fraternité dont Hugo dira pourtant, plus tard, qu’elle est un devoir[9].