Transversales
Science/Culture – Décembre 2001
Transversales Science/Culture : Vous avez réagi avec enthousiasme à notre projet de travailler sur le
thème de l’articulation entre transformation personnelle et transformation
collective. Pourquoi ?
Edgar
Morin : L’idée d'une réforme de la
connaissance, d'une réforme de la pensée, est une idée que je propose depuis
longtemps. C'est le projet que l'on retrouve dans La Méthode. Mais je
suis de plus en plus convaincu qu'il faut à présent parler d'une réforme de
l'esprit (au sens de mind), d'une réforme de “quelque chose” de plus profond,
de plus personnel, de plus subjectif : c’est-à-dire, finalement, une réforme de
l'être, de nous-mêmes.
Plus
précisément, je pars de ce que j'appelle la trinité humaine qui met en évidence
que chacun de nous est à la fois “individu”, “partie d'une espèce” et “partie
d'une société” (1). Nous sommes dans la société, mais la société est en nous à
travers son langage, ses normes, ses idéologies ; par notre capacité de
reproduction, nous permettons à l'espèce de perdurer tout en en faisant partie.
Chacun des termes est récursif, c’est-à-dire que chacun génère l'autre et est
généré par l'autre ; chacun est à la fois “cause” et “produit”. Ces trois
termes sont indissociables, complémentaires, et imbriqués les uns dans les
autres.
Dans
cette conception, tout ne peut plus être concentré sur la seule réforme sociale
: nous devons abandonner cette idée. Toutes les tentatives pour réformer la
société à partir des structures ont échoué. Aujourd'hui, tout esprit manichéen,
dogmatique ou fanatique va contribuer à quelque chose de pire que ce qu'il
combat ; ce type d'approche révolutionnaire pervertit non seulement la
révolution elle-même, mais également la société qui en résulte. Ainsi, autant
le militant en tant qu'animateur social, qui se dédie à autrui, est nécessaire dans
notre société, autant le militant tel que nous l'avons connu me semble
aujourd'hui plus néfaste qu'utile. Certes, la réalité étant complexe, certains
militants sectaires peuvent aboutir à des actions profitables dans tel ou tel
lieu. Pourtant, à un niveau plus fondamental, ce modèle ne convient plus.
Compte tenu des trois termes (“individu”, “espèce” et “société”), la réforme
doit nécessairement passer par une réforme de l'individu : elle devient ainsi
une auto-réforme.
Prenons l'exemple de
l'éducation : seuls des esprits déjà réformés peuvent composer une réforme
institutionnelle qui, elle-même, permettra de former toujours plus d'esprits
réformés ; et s'il n'y a pas, au départ, ces quelques esprits réformés, toutes
les réformes échoueront. C'est pour cela que je ne crois absolument plus à des
réformes globales décidées par tel ou tel ministre, tout simplement parce que
les personnes chargées de les appliquer en seront souvent incapables. En tant
qu'adepte de la pensée complexe, je sais qu'il ne suffit pas de brandir le mot
“complexité” pour réformer les esprits. Des adeptes peu formés, et inconscients
de la complexité que renferme le mot complexité, peuvent faire autant ou plus
de bêtises que les autres. La réforme ne peut donc être que profonde.
TS/C : Comment
vous-même voyez-vous cette réforme, ou plutôt cette auto-réforme ?
E.
M. : Nous devons développer notre
auto-conscience. Or pour qu'il y ait auto-conscience, il faut qu'il y ait de
l'auto-connaissance, et l'auto-connaissance suppose elle-même une connaissance
pertinente. Je prends très au sérieux la phrase de Pascal, qui illustre
d'ailleurs le premier chapitre de mon prochain livre sur l'éthique : « Travailler
à bien penser, c'est le principe de la morale. » Cela ne signifie pas qu'il
suffit de penser correctement pour être moral. Non. Encore faut-il avoir une
pensée “correcte”, une pensée consciente des effets pervers de certaines bonnes
intentions. Chaque action doit être appréciée en tenant compte de son
“écologie”, c’est-à-dire de l'ensemble des transformations et des déviations
qu'elle va connaître dans les milieux – historique, social, culturel… – au sein
desquels elle va se produire, milieux qui inévitablement vont avoir sur elle
des effets négatifs et contraires à ceux initialement recherchés. La prise en
compte de l'écologie de l'action nous conduit à une vigilance sans
laquelle nous sommes condamnés à l'aveuglement. Ce que j'appelle pensée
complexe pourrait se résumer en une phrase : travailler à bien penser.
Par
ailleurs, la connaissance pertinente ne peut faire l'économie de la manière de
débusquer les pièges de la connaissance : l'erreur et l'illusion (2). L'erreur
et l'illusion sont présentes en permanence, qu'elles résultent de la relativité
de nos perceptions, de notre égocentrisme qui brouille nos souvenirs et notre
façon de voir les choses, du mensonge à soi-même… Tous ces phénomènes peuvent
être débusqués de l'extérieur par les approches psychanalytiques,
psychologiques, thérapeutiques… Cela est capital. Mais il est encore plus capital
d'enseigner dès la plus petite enfance à se connaître afin de les débusquer au
plus tôt (3).
De
plus, certaines sources d'erreur et d'illusion ne sont pas individuelles mais
culturelles : elles sont liées aux normes, aux idées apprises et aux idées reçues.
L'individu doit être en mesure de les identifier, il doit se garder de répéter,
“tel un perroquet”, ce qu'il entend.
Enfin,
dans certains tourbillons historiques, il y a des risques d'égarement. En nous
référant à Chamfort, nous pouvons dire que « le problème n'est pas de ne pas
faire son devoir, le problème est de savoir quel est son devoir dans des
circonstances perturbées. » Certains ont ainsi cru que leur devoir était de
suivre Pétain, d'autres de Gaulle, les communistes ont pensé que leur devoir
était d'agir pour le pacte germano-soviétique. Nous en arrivons à ce difficile
problème qui est de résister à l'hystérie collective ; c'est un problème de
fond. L'expression “nous sommes tous américains” pourrait en être une
illustration. Il suffit d'un peu plus de panique, d'attentats, de guerre
bactériologique… et nous pouvons effectivement sombrer dans l'hystérie.
Ces
problèmes ne peuvent évidemment pas se régler en un seul jour. Leur résolution
passe par un auto-examen, une auto-critique (qui a inévitablement besoin des
autres) ; elle nécessite un long effort sur soi-même et doit s'appuyer sur un
système éducatif conscient de leur existence. Il s'agit bien d'un problème
complexe puisque la réforme de soi passe par un examen critique de la société
dans laquelle nous vivons ainsi que par une réflexion sur notre être
biologique. Ce travail constitue un véritable effort historique et nécessite
une culture adaptée. La question est aujourd'hui de savoir si nous en aurons le
temps, c’est-à-dire si les forces de destruction ne vont pas devancer ce
travail et “tout foutre en l'air”. Mais cela, c'est notre pari.
TS/C : Comment notre
civilisation appréhende-t-elle aujourd'hui cette question selon vous ?
E.
M. : Un des éléments de la crise
mentale ou morale de l'Occident vient du fait qu'un peu partout des personnes
ont senti ce vide en elles-mêmes, ce manque de rapport entre leur esprit et
leur être, voire leur corps. L'éclairage apporté par la thèse de Frédéric
Lenoir sur l'introduction du bouddhisme en Occident est à cet égard très
intéressante. Alors que le bouddhisme en Orient signifie la volonté d'éliminer
son propre ego, de l'anéantir de façon à entrer dans cet état que l'on appelle
le nirvana par la destruction du “moi-je”, l'approche bouddhiste des Occidentaux
vise au contraire à développer ce même “moi-je” : pas le “moi égoïste” mais,
bien sûr, le “moi sujet”. Nous voyons ici apparaître une question fondamentale
: celle du concept du sujet. Ce concept manque en Occident et j'ai tenté, à
travers mes réflexions et écrits, de le fonder.
Que
signifie “être sujet”? Le sujet se caractérise à la fois par un principe
d'inclusion et un principe d'exclusion. Le principe d'exclusion exprime le fait
que personne ne peut dire “je” à ma place, pas même mon frère jumeau ; il
s'agit là d'un principe égocentrique puisque je me mets au centre de mon monde
pour le regarder, le considérer. Pour autant, cela n'aboutit pas à
l'égocentrisme car le sujet répond dans le même temps à un principe d'inclusion
; celui-ci nous permet d'inclure les nôtres (couple, famille, patrie…) et
d'être en relation avec eux. Avec des comportements plus ou moins égoïstes ou
altruistes, le sujet est ainsi partagé par ce double principe du subjectif.
Cela posé, le problème n'est pas de nier le “je” ou de le sublimer, mais de lui
donner un sens, la force, la puissance et la responsabilité de pouvoir s'ouvrir
et de considérer son inclusion dans son entièreté.
Aujourd'hui,
la conscience n'est plus seulement familiale, nationale, culturelle, elle est
planétaire. C'est cette conscience planétaire qu'il est fondamental de
développer. Nous revenons là à l'idée de la nécessité d'une connaissance
pertinente, c’est-à-dire permettant d'inclure le contexte et le global, et non
pas celle qui règne dans nos esprits formés par le système d'éducation actuel
qui, en général, fait bien peu de cas de ces deux dimensions. Nous devons nous
resituer dans le cosmos, dont on sait qu'il va vers la dispersion et la mort,
et qui nous indique notre petite position marginale et périphérique ; nos
connaissances dans ce domaine renforcent cette idée que notre habitat est la
Terre. Et c'est pour moi la justification de ce que j'ai appelé l'évangile de
la perdition : nous sommes sur cette terre, perdus dans le cosmos ; alors
aidons-nous les uns les autres plutôt que nous faire la guerre les uns les
autres. C'est le contraire de l'évangile qui nous dit que nous serons sauvés si
nous sommes “gentils” avec les autres. Non, nous devons être “gentils” parce
que nous sommes “perdus” ! Une compréhension de notre époque planétaire est
indispensable. Nous ne pouvons nous abstenir de ce devoir de connaissance.
TS/C : N'est-ce pas
aussi parce que cette “gentillesse”, cette circularité entre l'amour de soi et
l'amour d'autrui, est ce qui peut apporter le plus de joie à chacun et à tous ?
Le reste étant mystère…
E.
M. : Bien sûr, cela était contenu
dans ce que je disais. Mais vous avez raison de le souligner. De manière
directement liée, nous devons développer une éthique de la compréhension. Au
niveau international, nous devons comprendre les rites et les usages d'autrui.
Il est frappant de constater à quel point il est difficile de se comprendre
d'un paradigme à l'autre, d'un système d'explication à l'autre, d'un système
religieux à l'autre. Or nous devons nous comprendre, et pour cela nous devons
faire, chacun d'entre nous, un effort de sympathie envers l'autre “différent de
nous”. Dans une logique ternaire, l'éthique de la compréhension est,
elle-aussi, ternaire et se caractérise par trois dimensions : l'éthique pour
soi, vers soi, en fonction de soi ; l'éthique pour la société qui n'est
possible que dans une démocratie, avec un minimum de droits et de devoirs ; et
aujourd'hui l'éthique pour le genre humain qui trouve son origine dans les
conditions de la communauté de destin planétaire. Et il est évident que cette
éthique du genre humain ne consiste pas à multiplier les frappes comme en
Afghanistan.
Ce
qui est grave, me semble-t-il, et qui dénote la carence de nos sociétés, c'est
que la compréhension est en diminution au profit de l'individualisme, de
l'égocentrisme, de tous les facteurs qui ont dégradé les solidarités. Alors
qu'il y a deux ou trois générations encore, dans un cadre donné, il était
normal d'accepter l'autorité du père ou le vœu de la mère, aujourd'hui les
incompréhensions entre parents et enfants, frères et sœurs, maris et femmes… se
multiplient. Nous ne nous comprenons pas au sein d'un même environnement
professionnel, d'un même groupe (particulièrement les groupes d'intellectuels
au sein desquels les égocentrismes se déchaînent), d'une même université. C'est
d'autant plus effrayant que nous disposons tous des instruments et outils de
décodage psychologiques pour comprendre ces phénomènes ; nous continuons
pourtant à déformer le point de vue de l'autre, nous ne retenons que le négatif
dans une querelle de ménage… Comment peut-on songer à améliorer les relations
humaines sur le plan social, sur le plan planétaire, si nous sommes incapables
de le faire au niveau interindividuel ? C'est normal, dira-t-on, les relations
humaines sont comme cela ; mais cette réduction du tout au plus mesquin, au
plus bas, au plus petit, n'est en fait pas normale du tout. Il nous manque ce
minimum de régulation psychique et de ce fait notre vie est empoisonnée par les
incompréhensions mutuelles, par les haines. L'éthique de la compréhension doit
jouer là un grand rôle. Naturellement, il lui faut des outils, et cela suppose
des apprentissages dans la famille et surtout à l'école qui est le passage
obligé de tous, y compris des futurs enseignants.
TS/C : Comment
justement favoriser l'émergence et la généralisation d'une éthique de la
compréhension ?
E.
M. : Camus a dit que « la société
sera peut-être sauvée par des petits groupes » et Gide que « le monde ne
sera sauvé que par quelques-uns. » À l'époque, en 1945, je pensais que
seules les masses pouvaient sauver l'humanité. Aujourd'hui, je trouve d'une
grande évidence l’idée que tout commence par des petits groupes. Pour renforcer
la compréhension, nous devons aider à former et relier des groupes proposant
une éducation à la réforme personnelle. La question devient donc : comment
créer des groupes, des réseaux, des connexions en fonction de cette idée de la
réforme personnelle, de l'esprit, des mentalités ? Une fois encore, comme
souvent dans l'histoire, il faut commencer par des rameaux de déviance qui se
répandent, qui irradient à travers les organisations associatives, sociales,
politiques. D'où, d'ailleurs, l'intérêt de proposer ce thème de réflexion lors
du second Forum social mondial de Porto Alegre (fin janvier 2002).
Cette
réforme ne peut pas se satisfaire des seules initiatives individuelles, aussi
porteuses soient-elles, comme entrer dans un système philosophique zen à
l'usage des Occidentaux, pratiquer le yoga et la concentration méditative.
D'ailleurs, notons que si la méditation de type oriental, qui consiste à “faire
le vide”, est très féconde, il existe également une méditation de type
occidental qui consiste à réfléchir sur ce que l'on a vécu dans la journée, ce
que l'on a fait dans une situation donnée…
En
fait, cette réforme de l'esprit touche à tout. C'est un aspect nucléaire mais
de quelque chose qui est relié à tout le reste du contexte humain. Il faut le
prendre par tous les bouts mais en commençant par le problème de l'auto-examen.
Il s'agit in fine de développer toutes les potentialités de l'esprit.
TS/C : N'y a-t-il pas
des risques de dérives ? Car la plupart des totalitarismes se sont construits
sur l'idée d'un homme nouveau…
E.
M. : La réforme individuelle doit
être intégrée dans une conception d'ensemble de l'anthropologie de l'humain
avec cette idée, que je développe depuis très longtemps, que homo sapiens
est aussi homo demens, deux polarités d'une même réalité. Les seules
propositions d'homo sapiens et d'homo faber – qui oublient
l'homme mythologique, fantasmatique, religieux – ou encore celle d'homo
economicus – qui oublie tout ce qui n'est pas fondé sur l'intérêt, mais
fondé sur la passion, sur l'amour – sont dangereusement réductrices. Nous
devons changer notre conception de l'humain, la dialectiser et montrer que nous
ne pourrons jamais éliminer l'une de ses composantes. Ce serait d'ailleurs une
catastrophe si nous étions des êtres exclusivement rationnels, la pure
rationalité n'existant pas, comme le précisent les travaux de Damasio ou de
Jean-Didier Vincent. Il y a toujours de l'émotion, de l'affect, que nous devons
reconnaître comme tels, tout en “raison gardant”.
Le
vrai problème, dans la compréhension de tout phénomène vivant, est de dialectiser
les relations ; comme pour l'amour, qui est à la fois le comble de la raison et
de la déraison : la vie est toujours une aventure. Nous n'avons pas de
garde-fous a priori, nous n'avons que des principes qui permettent de provoquer
de l'autorégénération et de l'autorégulation. L'idée d'un homme nouveau
pourrait bien sûr naître de la génétique. Mais quel type d'homme nouveau cela
peut-il produire ? Une faible partie de nos possibilités psychiques est
aujourd'hui utilisée par nous, y compris des possibilités inconnues. Nous
sommes loin d'avoir épuisé les ressources de ce cerveau vieux de 100 millions
d'années. Au contraire.
TS/C : L’idée d’un
“autre monde” à bâtir ne représente-t-elle pas également un bon point de départ
? À partir de là, on peut réfléchir à ce que nous pouvons développer dans un
sens de solidarité et de partage ?
E.
M. : Oui, mais à condition que
l'idée d'un “autre monde” ne se pervertisse pas comme l'idée, l'idéal de
“l'homme nouveau”. Pour éloigner ce risque, il nous faut apprendre avant tout à
mettre en boucle transformation personnelle et transformation collective. Ceci
dit, il est effectivement essentiel de partir de la potentialité, on pourrait
même dire de la pulsion, de solidarité. Elle renaît dès qu'il y a une
catastrophe, prenez le tremblement de terre de Mexico par exemple, ou même les
deux tours du World Trade Center ; ces deux événements ont suscité de très
forts élans de solidarité. La solidarité humaine est une potentialité qui se
trouve inhibée ; certes, elle est souvent sollicitée… mais comme il y a le
Pakistan, le Bangladesh, et tant d'autres causes louables… les gens sont
débordés. Mais ce potentiel existe.
TS/C : L’expérience du
premier Forum social mondial montre que ces initiatives peuvent imploser si
elles ne s’attaquent pas à cette question de la transformation personnelle…
E.
M. : Sans doute, et cela prouve que
l'on peut, et l'on doit, revenir aux bonnes vieilles techniques, notamment
celles de dynamique de groupe. À un moment donné, toute assemblée doit s'auto-examiner
elle-même : où en sommes-nous ? pourquoi ne nous comprenons-nous pas sur ce
point ? qui sommes-nous ici et que faisons-nous ? Cela est indispensable et
doit être systématisé. Tout mouvement doit surmonter à chaque instant le péril
de la désintégration par sectarisme. C'est l'aventure de la vie, c'est
l'auto-régénération du mouvement par lui-même.
1.
Edgar Morin, La Méthode (V). L’Humanité de l’humanité – Partie 1 : L’identité
humaine, Le Seuil, 2001.
2.
Voir Edgar Morin, Les Sept Savoirs nécessaires à l’éducation du futur, Le
Seuil, 2001.
3.
Voir Revue de psychologie de la motivation, juin 2001 (numéro présenté plus
loin p. 34).