Quelques notes
de Jacques Hagopian
Les élèves sont accueillis
en classe relais, en raison de la difficulté qu'il y a à travailler avec eux
dans le cadre du collège.
Le but premier est d’aider
l’établissement à "mieux les vivre" et à "mieux vivre avec
eux".
Cet objectif, nous conduit
à prendre en compte toute la complexité d’une situation, dans laquelle sont
concernés l’élève, sa famille, l’établissement scolaire.
L’inadaptation scolaire
n’étant qu’un révélateur du problème.
Nos (
prof, educ, AS ) interventions concernent 3 domaines :
L’apprentissage, en liaison
avec les enseignants du collège
Le social, en lien avec les
familles et l'assistante sociale du collège
La socialisation, avec
l'aide de l'éducatrice spécialisée sur place et à l'extérieur
Ce qui caractérise la
situation de ces élèves et de leur famille, au-delà de l’apparence souvent
provocatrice, revendicative concerne :
L’enfermement, l’absence de
perspectives, l’impuissance, la fatalité
La volonté, le besoin de
perturber, de déstabiliser les situations d’apprentissage proposées, de pas
respecter les règles de classe imposées.
L’enfermement, l’absence de
perspectives, l’impuissance, la fatalité.
Nous nous
fixons pour objectif de faire un point de situation, afin que puissent être
entreprises les démarches appropriées :
Repérage des troubles
physiologiques : vision, audition,
Autres : dyslexie (écrit),
dysphasie (parole), dyspraxie (geste), dépressifs, hyperactifs, précoces..
Mise en œuvre d’un suivi
psychologique, d'une aide éducative, d'un accompagnement psycho social..
Afin de faciliter la mise en œuvre de la solution la
plus adaptée pour la suite :
·
maintien
de la scolarité dans le collège d’origine avec possibilité d'adaptation des
enseignements et de l’emploi du temps.
·
accueil
dans un autre collège
·
suivi
médical, psychologique…
·
relance
d'un dossier d'orientation spécialisée
·
orientation
en MFR
·
maintien
d’un suivi éducatif
…. => les
orientations de nos élèves.
Un travail de
« raccommodage » avec le collège, la famille, les éducateurs chargés
du suivi, l’AS, le médecin scolaire, le conseiller d’orientation sera entrepris
afin d’ouvrir des perspectives.
Le besoin de perturber….
La source de difficultés
provient non pas d’un manque de sens des apprentissages mais d’un trop de sens[1],
engendrant « la peur d’apprendre »[2] .
Révèle la surimportance, pour ces élèves de l’affectivité dans les
situations d’apprentissages.
Tout se passe comme si la
situation d’apprentissage réactivait un traumatisme ancien.
L’apport des neurosciences,
montre qu’une situation émotionnelle intense peut conduire à une altération des
communications entre amygdale, hippocampe et néo cortex, pouvant porter
atteintes aux facultés intellectuelles, et empêcher d'apprendre convenablement.
(cf. D. Favre)
En approfondissant le cas
de chaque élève lors de nos concertations, et lors de nos analyse de la
pratique, nous nous rendons compte que ces élèves ont souvent vécus ou sont en
train de vivre des traumatismes lourds : vécu d’abandon, de mort violente,
de violences familiales qui ont conduits à des placements en famille d’accueil,
en foyer, à des exclusions, des changement d’établissements (
4 pour un 4ème), un absentéisme lourd.
C’est pourquoi le travail
doit être basé essentiellement sur une approche individuelle, visant à mieux connaître l’élève et sa situation
Il est important de ne pas
généraliser les réponses à apporter
A la recherche du déclic
scolaire :
notre approche n’est pas psychologique, mais pédagogique.
Elle a pour but de montrer
à l’élève qu’il peut être comme les autres et apprendre. Cela nécessite un
accompagnement individualisé chaque fois qu’on le peut. Travail au maximum à 4,
3, 2, 1.
« L’expérience de
réussites scolaires renforcera le sentiment d’efficacité et de compétence qui favorisera son adaptation plus globale (scolaire
et sociale)[3] ».( Pennac)
L’élève est mis en
situation de franchir des obstacles pédagogiques adaptés à ses capacités afin
de l’amener à trouver en lui, et dans son milieu de vie ( école, famille,
quartier), des ressources qu’il ne soupçonnait pas : "ses capacités de résilience" ( cf Cyrulnik)