Fondation
pour le Progrès en Education
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Memorandum des Réformes
2ème partie
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Nous estimons que ces deux termes
vont, dans une large mesure, de pair.
Cette affirmation ne signifie pas que
l’école doive être une abbaye de Thélème. Sa devise ne peut être :
« Fais ce qu’il te plaît ». Mais si elle parvient à « Aime ce
que tu fais », en attendant peut-être, avec une orientation réussie,
d’atteindre « Fais ce que tu aimes », les avantages pourront se
rejoindre. Toutefois, cette conjonction ne peut se réaliser que si l’on y
veille et que des contraintes sont acceptées. Elles devraient pouvoir être
largement compensées par le plaisir d’apprendre et la socialisation, si la
qualité de vie est bonne.
Affirmer cela est évidemment faire la
part belle à la motivation et on peut le discuter. Du moins doit-on essayer de
se donner les moyens que cela réclame. Et non obéir à ce qu’on pourrait appeler des « priorités intermédiaires »
(ou secondaires). Par exemple, se fixer comme but que les programmes de telle
année aient été vus dans ladite année – mais sans se demander ce qu’il en reste
dans les esprits l’année suivante d’une part et de l’autre si ces programmes
ont été compris, c’est-à-dire saisis dans leur rôle d’outil et d’explication du
monde environnant. C’est une question de finalité réelle, mais aussi de
personnalisation, d’acceptation de la diversité.
Ce qui suit trace les axes principaux
auxquels nous pensons qu’il faudrait prêter une attention plus grande dans
l’enseignement public. C’est fait dans les écoles innovantes, même si elles
choisissent des solutions qui diffèrent quelque peu les unes des autres.
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Dans le domaine des conditions de
travail, la question qui revient le plus souvent est de loin celle du temps, des « rythmes
scolaires ». Ils posent évidemment problème, que ce soit au titre de la
chronobiologie ou simplement de l’observation et du bon sens. De nombreux
constats ont été faits, qu’ils soient scientifiques ou éducatifs. Ils sont tous
négatifs. Pour être juste, il faut cependant les replacer parmi les impératifs
existants : programme, salles, vœux des professeurs. Etablir des emplois
du temps ressemble parfois à la quadrature du cercle.
On sait depuis des années par enquêtes, articles, comparaisons
internationales, que nous avons l’année scolaire la plus courte et la journée
de classe la plus longue en Europe.
La première a des inconvénients, tant au point de vue des études que des
inégalités sociales. Les enfants peuvent s’ennuyer et oublier pendant les
longues vacances. On peut ajouter qu’idéalement, il est dommage que les locaux
scolaires, qui sont publics, payés par les impôts et appartiennent à tous
restent inutilisés tout l’été. Il existe d’heureux et rares exemples
d’ouverture, au moins partielle, des écoles au profit des jeunes et plus
généralement de la société environnante. Ce peut être pour l’éducation
permanente, des révisions, ou des activités de tous ordres formatrices et
ludiques.
Sans opiner sur l’organisation de la
semaine, pour laquelle des systèmes divers fonctionnent actuellement, nous
voulons insister sur le fardeau journalier. Nous allons prendre pour exemple
une classe de Quatrième réelle, dont nous reproduisons, en annexe, l’emploi du
temps de l’année dernière. Il en ressort que 32 heures sont passées à l’école,
dont deux journées de 8 heures, une de 7 heures et une de 6 heures. Les élèves
soupirent.
Toutefois, quand on parle du temps scolaire, il est utile, pour bien
juger, de savoir où il se passe. Pour cela, il faut distinguer l’école,
la classe, le cours. L’inconvénient des empilements ne sera pas
le même.
L’école est un bâtiment où ont
lieu des activités diverses : cours, détente et jeux, bibliothèque et
centre de documentation, administration. A ce niveau, la journée n’est
peut-être pas trop longue. On peut penser que les élèves y sont aussi bien que
dans la rue ou chez eux. La surcharge horaire ne s’applique pas, ou peu, dans
ce cas.
La classe n’est pas – ou ne
devrait pas être, pour la clarté – le nom d’un lieu ou d’une période
d’enseignement, mais celui d’un groupe : permanent, il assure un suivi, un
sentiment d’appartenance et d’attention personnelle pouvant aboutir à de la
coopération. Son mentor est le professeur principal, dont la tache doit être
valorisée. En début de journée, un moment banalisé peut être un sas entre le
sommeil presque toujours insuffisant et les temps de vigilance : un début
en douceur pour relire les leçons, s’entretenir avec le professeur principal,
régler quelques problèmes.
C’est le cours, le temps de la
transmission des savoirs, qui est le facteur sur lequel on peut jouer pour se
rapprocher des préconisations de la chronobiologie : même lorsqu’il s’agit
de disciplines plus théoriques que pratiques, il y a des moments plus intenses
que d’autres, à ne pas mettre dans les creux de vigilance, si possible, alors
que les applications, parfois collectives, sont normalement plus détendues. Le
jeu des options, à effectif plus réduit, peut faciliter les choses.
Il reste à parler de deux points :
la terrible fragmentation des emplois du temps, le « zapping mental »
auquel on soumet les élèves, et la nécessité des pauses.
A notre avis, passer constamment
d’une matière à l’autre en de relativement courtes périodes nuit gravement au
bénéfice réel de l’enseignement, celui qui aboutit à la compréhension (par
exemple, des liens, des causalités) et non seulement à certaines connaissances
dispensées sans réelle immersion. A cet égard, rien ne nous paraît meilleur que
les « classes nouvelles » (ou pilotes) instaurées après la guerre, à
la suite du plan Langevin-Wallon, réellement
civilisatrices parce que pluridisciplinaires, donc intégrant la complexité.
Quant aux pauses, leur nécessité est-elle assez reconnue ? Il ne
semble pas. Certaines existent mais devraient être mieux employées. Il peut
s’agir des pauses dans la journée, dans l’année, mais aussi dans les cursus
individuels. Ce qui suit est un résumé de ce qui réussit :
a.
Les récréations doivent non seulement être de bonne durée – vingt minutes
sont considérées nécessaires – mais mieux utilisées. On sait que les filles
restent à bavarder entre elles, tandis que les garçons s’exercent à des
bagarres amicales. Elles seraient beaucoup plus utiles si un aide-éducateur entraînait tout le monde à bouger ou jouer.
b. Dans l’année : autant les petites vacances,
dans l’année, sont utiles et donnent de bons résultats, autant nos deux mois
« vacants » d’été sont discutables (on ne sait pas d’ailleurs à quoi
cette longueur correspond exactement). Les municipalités, surtout en ville,
s’efforcent de les garnir d’activités. Du point de vue des savoirs cependant,
ce serait le rôle de l’école de faire profiter de cette longue pause les élèves
qui le désirent ou en sentent le besoin.
c. Enfin, il peut y avoir
intérêt à ménager des pauses dans les cursus. Les séjours à l’étranger
sont à l’heure actuelle la forme qu’elles prennent. Ils sont facilités pas les
programmes tels qu’Erasmus, et très bien accueillis. Mais c’est au niveau supérieur.
Moins reconnu, par contre, est le bienfait qu’apporte parfois une interruption
dans la succession des années de classe, dont dix sont obligatoires. Il s’agit
là d’un terrain pratiquement non défriché et dont nous voudrions souligner
l’efficacité. Quand une pause existe, c’est le plus souvent par suite de
circonstances (par exemple, maladie) plutôt que par schéma construit. Mais les
raisons pourraient en être plus diverses.
Il
peut s’agir d’un jeune qui hésite sur le choix à faire en fin de Troisième et
souhaiterait « perdre une année » (terme fallacieux) pour mieux se
connaître et changer d’occupation : à la campagne, dans le caritatif, etc.
Il faudrait l’aider à organiser ce temps.
Mais ce serait aussi un remède à l’indiscipline
chronique, celle d’un jeune qui ne « tient pas en place » et ne
supporte pas le côté statique de l’école – surtout parmi les garçons. Ou qui ne
voit pas « ce qu’il fait là », parce que l’abstraction le
rebute. Au lieu de rebelles ou « déscolarisés » on aurait peut-être à la
sortie, des adolescents plus mûrs et pouvant se prendre en main, parce qu’ils
ont vu autre chose que l’école, ce qui les a calmés et intéressés.
Il va sans dire que nous pensons tout particulièrement à l’introduction
de ces pauses de diversion et de détermination pour ceux qui ont le malheur de
vivre dans l’univers désolant du béton. Nous sommes sincèrement convaincus
qu’il y a urgence à mettre en place ce genre d’alternative qui n’est pas
spécialement scolaire, mais relève d’une sollicitude intelligente de la société
pour aider la jeunesse défavorisée. Actuellement, la mise en internat, avec
l’accord des familles, est pratiquement la seule mesure existante de ce type.
Elle est bien accueillie, mais reste scolaire, alors qu’une ouverture
temporaire reconnue, ouvrant vers des champs plus vastes, serait parfois
précieuse pour la construction de l’être.
Les locaux en tant que tels sont
bien moins souvent incriminés que le temps. Ils ont été construits en cohérence
avec le cours traditionnel. Certains choix pédagogiques amènent parfois des
dispositifs différents et plus conviviaux. Mais, en général, même sans
indiscipline particulière, la position peut être fatigante pour les
élèves : en rang les uns derrière les autres, les yeux braqués, en
principe, sur le tableau et celui qui parle auquel ils doivent prêter
attention. Les enseignants qui, à l’intérieur du cours, offrent de petits
moments de gestuelle propres à la détente, s’en trouvent bien. Une innovation,
dont ceux qui la pratiquent disent grand bien, est la « salle de
silence » où les jeunes qui se sentent énervés se rendent volontairement.
Il n’en reste pas moins que dans cette disposition, aucune coopération n’est
possible et qu’en général, toutes les salles ont la même taille, prévue pour une
classe complète. Les établissements construits actuellement sont souvent plus
attrayants que les casernes (le mot n’est pas trop fort) du temps d’« un
collège par jour ». Des salles plus petites sont-elles cependant prévues
pour les exercices en petit groupe ou les options ? Il est difficile de le
savoir puisque la responsabilité est régionalisée.
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En résumé, les modalités assurant efficacité et qualité de vie,
principalement à l’adolescence, se définissent par un certain nombre de réductions :
de la taille des établissements et des classes, des heures d’enseignement, des
programmes. On pourrait dire : une école plus modeste mais en même temps
mieux armée pour faire réussir.
Ces révisions à la baisse ne sont pas tout. Il est indispensable, dans un enseignement de masse,
de mieux équilibrer le concret et l’abstrait, les réalisations manuelles
et celles de l’esprit. La nature humaine veut aussi du plaisir, des
récompenses, la reconnaissance de l’effort, ainsi que des rituels. Tout cela a
été réduit à l’excès.
Enfin, on ne peut faire l’impasse sur
les pédagogies innovantes, même si elles s’expriment peu jusqu’ici dans
les établissements publics et s’abstenir de profiter de leur apport.
A
cet égard, on pourrait imaginer la disposition suivante. Elle consisterait à ce
que chaque quartier en ville ou chaque canton à la campagne (voire
arrondissement) dispose de deux types d’établissements : les uns
classiques, améliorés comme il l’a été suggéré, et au moins un autre, utilisant
des méthodes et des structures différentes. Sans les développer dans ce résumé,
disons que les objectifs et les programmes seraient les mêmes, mais par des
voies différentes pouvant amener l’intérêt et la participation d’élèves
également différents et offrant aux familles une liberté de choix accrue. Il
s’agit d’une proposition pour le moyen terme, mais qui pourrait être esquissée
dès maintenant.
Les apprentissages – nous employons ce
terme à dessein au lieu de programmes – doivent donc être diversifiés. La
scolarité obligatoire est une période de construction de la personne sur tous
les plans et ceux qui y concourent (ici, les écoles) doivent viser à les
conforter tous. S’il est normal qu’à l’école la priorité soit donnée à
l’instruction, c’est-à-dire à l’esprit, le corps (par exemple, la main) et le
cœur (par exemple, les arts, le sentiment de l’autre…) sont aussi des parties
prenantes à ne pas négliger. Si l’on veut obtenir l’efficacité, il faut
réfléchir sans parti pris à leur répartition.
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En appelant cette partie du Memorandum « Efficacité et Qualité de vie », nous
avons voulu indiquer nos priorités. Elles vont dans le sens d’une résolution,
ou du moins d’un allègement, d’un des facteurs de la crise. Car nous sommes
convaincus que les difficultés que nous connaissons, mises bout à bout,
reviennent, en partie du moins, à une préférence pour la quantité au
détriment de la qualité. Cette illusion volontaire n’est certes pas le fait
de ceux qui sont sur le terrain ; mais elle satisfait, au moins
superficiellement, ceux qui regardent les choses de haut.
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Un emploi du temps en 4ème
|
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LUNDI |
MARDI |
MERCREDI |
JEUDI |
VENDREDI |
|
8h30 - 9h20 |
Histoire/Géographie |
S.V.T. |
Histoire/Vie de classe |
Sport |
Français |
|
9h20 - 10h20 |
Musique |
Maths |
Maths |
Sport |
Arts Plastiques |
|
10h20 - 10h30 |
Causerie |
- |
- |
- |
- |
|
10h30 - 11h30 |
Espagnol |
Sport |
Espagnol |
Latin |
Espagnol |
|
11h30 - 12h30 |
Anglais |
Anglais |
Maths |
Anglais |
Anglais |
|
12h30 - 14h |
Cantine |
- |
- |
- |
- |
|
14h - 15h |
Physique/Techno. |
Français |
|
Histoire |
SVT/Physique |
|
15h-16h |
Physique/Techno. |
IDD |
|
Histoire |
SVT/Physique |
|
16h - 17h |
Français |
IDD |
|
Français |
|
|
17h - 18h |
Latin |
Latin (aide et soutien) |
|
Français |
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